‹ Étude médico-légale sur l'avortementChapitre 16 sur 44 · DU PRODUIT EXPULSÉ · texte numérisé non relu

DU PRODUIT EXPULSÉ

par le liquide amniotique, résultats qui, quoique encore incomplets, pourront néanmoins être utilisés dans plus d'une affaire d'avortement. Les eaux de l'amnios, présentent, aux diverses époques de la grossesse, des différences assez notables, et d'ailleurs assez faciles à prévoir. Leur densité varie de 100 à 101, 25. Leur odeur, plus ou moins forte, est généralement spermatique ; leur couleur, tantôt d'un jaune citron, tantôt brune ou rougeâtre si elles sont mélangées de sang ; leur transparence et leur limpidité est variable. Elles laissent déposer une matière d'un blanc caséiforme ou jaunâtre, ou colorée en rouge cinabre. Ce dépôt peut manquer complètement. Leur réaction est alcaline; elles moussent par l'agitation, et se troublent par l'action de la chaleur. Les acides donnent lieu à des effets divers ; l'acide sulfurique n'y produit rien ; l'acide chlorhydrique y détermine un léger trouble ; l'acide nitrique, un précipité ; l'acide acétique, rien quelquefois, un trouble dansquelquesautrescas. L'alcool y forme un précipité floconneux, l'infusion de noix de galle, un précipité ; le nitrate d'argent, un précipité insoluble dans l'acide nitrique ; le chlore un coagulum et un précipité de matière floconneuse : le chlorure de baryum les trouble. La potasse mêlée au liquide donne par la chaleur une vapeur aqueuse, qui bleuit le papier de tournesol.

Quant aux taches, M. Chevallier, dans un rapport qui lui est commun avec M. Devergie, a reconnu que les liquides de l'amnios peuvent tacher différemment les tissus en raison de leur coloration et de leur consistance, et aussi suivant la nature du tissu ; mais elles donnent, par la macération dans Feau distillée, une liqueur qui se comporte avec moins d'énergie, toutefois d'une manière analogue au liquide amniotique lui-même. Elles occupent en général de larges surfaces, sont d'ailleurs d'un

gris jaunâtre, et bordées par un liséré grisâtre très marqué. L'examen microscopique y montre quelquefois des cellules épithéliales pavimenteuses présentant un noyau fréquemment granuleux et des poils de duvet provenant du fœtus (1).

Ici se termine l'exposé des faits, et l'indication des constatations matérielles auxquelles l'expert doit se livrer pour être en mesure de répondre aux questions médico-légales, et de résoudre les difficultés nombreuses que soulève la poursuite des crimes d'avortement.

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