SIGNES GÉNÉRAUX DE LA GROSSESSE
on a bien été forcé de reconnaître que, d'une part, la constatation positive n'était pas toujours possible, que, de plus, certains faits se présentaient entourés d'une obscurité telle que des méprises nombreuses avaient été commises, et qu'il était, par conséquent, nécessaire d'admettre et de distinguer des grossesses fausses, apparentes et simulées. C'est ce qui a fait 4ire à M. le professeur Tourdes que : « Si l'existence de la grossesse en médecine légale ne peut être établie que sur les signes certains, il n'en est pas moins important de rechercher quelles sont les affections qui la simulent (1). » Or, ces cas de grossesses simulées ne peuvent être convenablement distingués et classés qu'à la condition de prendre pour point de départ une analyse exacte et soigneusement étudiée de leurs éléments mêmes, c'est-à-dire des phénomènes qui, par une fausse analogie, rappellent plus ou moins complètement quelques-uns des signes les plus certains ds la grossesse. C'est là la marche que nous suivrons ; et, sans nous attacher à ceux des phénomènes de la grossesse qui sont décidément sans valeur, ou qui ne peuvent donner isolément que de vagues soupçons, nous aurons à rechercher dans quelles conditions, autres que l'état de gestation, peuvent se produire chez la femme, la cessation des règles, le développement du ventre, le gonllement de la glande mammaire et la sécrétion du lait ; des mouvements particuliers, des contractions abdominales énergiques et caractéristiques ; et enfin un ensemble de douleurs et d'efforts prolongés plus ou moins analogues au travail de l'enfantement. Nous établirons quelques espèces bien caractérisées parmi les
(1) G. Tourdes, Des cas rares en médecine légale, Ihèse de concours* Strasbourg, 1840, p. 21.
Tardieu. Avortement. 17
différentes formes de grossesses apparentes, et assignerons au fait remarquable que nous venons de rapporter la place qui lui convient au milieu de ces affections extraordinaires.