‹ Etude médico-légale sur l'infanticide (volume 2)Chapitre 12 sur 46 · CÂAACTÈAES DE L^ENFANT MORT-NÉ · texte numérisé non relu

CÂAACTÈAES DE L^ENFANT MORT-NÉ

efTet si un enfant qui a respiré a certainement vécu , la réciproque n'est pas toujours vraie et un enfant qui n'a pas respiré peut néanmoins être né vivant Nous aurons donc à chercher des preuves de la vie autre part que dans l'établissement de la respiration. Mais en ce moment c'est cette fonction seulement dont nous interrogeons les traces dans les organes du nouveau-né.

Je ne m'arrêterai pas à un premier signe tiré de Taccrois'» sèment et de la voussure de la poitrine produits par la pénétration de L'air. Les livres contiennent à cet égard des tableaux où sont indiquées les dimensions du thorax avant et après l'établissement de la respiration. Je me garderai bien de les reproduire ; ce sont là des caractères sans valeur, car ils sont essentiellement relatifs ; et s'il est constant que les dimensions de la poitrine augmentent chez l'enfant qui a respiré, il faudrait pouvoir prendre les mesures chez le même enfant avant et après l'entrée de l'air dans sa poitrine. Tout autre méthode de mensuration, fondée sur des moyennes nécessairement Irès-variables^ ne conduirait qu'à des résultats erronés ou insignifiants. Gasper a pris lajpeine de le démontrer par l'observation directe de plus de deux cents cas, et si j'insiste moi-même sur Tabsence de valeur de ce signe, c'est que j'ai vu souvent des médecins se pro* Qoncer d'après la seule inspection et la percussion de la poitrine^ sur la question de savoir si un enfant était né vivant, ce que l'on ne doit jamais décider qu'après l'autopsie et l'examen complet des organes intérieurs.

Je me hâte d'arriver à l'examen des poumons et aux différences essentielles qu'ils présentent suivant qu'ils ont été ou non pénétrés par l'air. Ces différences portent sur la situation, l'apparence extérieure, la structure, le poids et le volume.

Lorsque Ton ouvre la poitrine d'un enfant nouveau-né qui n'a pas respiré, les poumons, profondément enfoncés

A. TAfttHO. — fnCuitiride* 4

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dans la cavité thoracique, sont confinés dans la gouttière costo-vertébrale, de telle sorte qu'ils sont masqués presque complètement par le thymus et le cœur. Si au contraire l'enfant a respiré^ les poumons dilatés remplissent la poitrine et s'étalent à l'ouverture du thorax, recouvrant en grande partie le cœur et le thymus. Les différences d'aspect exté- ' rieur sont également tranchées. Les poumons qui n'ont pas respiré^ ou, comme on dit, à Tétat fœtal, présentent une surface lisse où Ton reconnaît à peine les lignes celluleuses qui séparent les lobules pulmonaires, mais sans apparence de vésicules distinctes, de couleur variable, quelquefois pâle et d'un blanc blafard à peine teinté de rose, mais beaucoup plus souvent d'un rouge lie de vin, rappelant la teinte de la rate, mais dans tous les cas d'une coloration uniforme dans toute leur étendue {Planche I, fig. 3 et 4). Lorsqu'ils ont été distendus par Tair, ils ont un tout autre aspect. Leur couleur est généralement d'un rose vif, quelquefois rouge et plus ou moins foncée, mais la teinte n'est jamais égale et est d^ordinaire nuancée et comme marbrée. -La surface est manifestement lobulée et partagée en petites cellules polygonales dilatées par l'air et visibles même à l'œil nu (Planche I, fig. 1 et 2).

La structure des poumons subit par le fait de la respiration des modifications profondes. A l'état fœtal, ils forment une masse spongieuse d'un tissu compacte à peine réticulé ; après avoir respiré, ils sont dilatés et la structure vésiculeuse apparaît dans tout son jour. Une simple incision pratiquée dans l'épaisseur du poumon permet d'apprécier ces différences. Si Ton comprime un fragment d'un poumon ayant respiré, il s'écoule une espèce d'écume provenant des dernières ramifications des bronches, et Ton sent manifestement une petite résistance et une sorte de froissement dû à l'issue de l'air mélangé à des matières liquides. C'est là le phénomène que l'on a désigné abusivement sou9

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le nom de erépitêtim^ mais qui^ dans tous les cas, est trèscaractéristique et ne se produit jamais lorsque Ton presse une portion de poumons encore k l'état fœtal. En résumé, le poumon qui n'a pas respiré forme une masse homogène d'une teinte uniforme^ spongieuse, mais non visiblement aréolâire ; le poumon qui a respiré est au contraire de couleur variable et comme marbré, lobule et vésiculeux, et légèrement crépitant sous le doigt.

Le poids des poumons augmente considérablement après que la respiration s'est établie^ sous la double influence de l'afflux du sang et de l'accès de l'air. C'est ce fait que Ploucquet a pris pour base d'une méthode à laquelle son nom est resté attaché, et qui avait pour objet de prouver que le nouveau-né avait vécu par le rapport qui existe entre le poids des poumons et le poids total du corps suivant que l'enfant a ou n'a pas respiré. La méthode est doublement erronée en principe et en fait, et ne doit plus arrêter l'ex'^ pert, ni trouver place dans la pratique. Les chiffres déduits par PloucqUet (1) de trois observations seulement^ et par cela môme tout à fait insuffisants, lui ont donné pour résultat une augmentation du double dans le poids du poumon par le fait de la respiration ; et le rapport avec le poids total du corps qui était pour le poumon n'ayant pas respiré dans la proportion de 1 : 70, s'élevait, pour le poumon ayant respiré, au double, 1 :35. Gasper (2) a fait justice de cette fausse doctrine et a dressé, en réunissant à ses propres observations celles de plusieurs auteurs, le tableau suivant que je crois utile de reproduire.

Un seul coup d'œil jeté sur ce tableau ne permet pas de douter que toute conclusion fondée sur le rapport du poids des poumons avec le poids total du corps serait

(1) PlouCquet, Commentarius medicus in procesm^ criminales super homicidium^ infantiddium ^ etc., 1736.

(2) Gasper^ ^c cit,^ p. 514 .

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téméraire. En effets en laissant de côlé les maxima et les rainima qui iraient jusqu'à renverser la proportion et à donner l'avantage aux poumons d^enfants mort-nés, et en prenant seulement les moyennes qui donnent le rapport de 1 : 60 pour les poumons qui n'ont pas respiré et 1 : 53 pour ceux qui ont respiré, on comprend qu'une si faible différence, très-éloignée de celle qu'avait admise Ploucquet, ne laisse rien subsister de la loi qu'avait posée celui* ci, et doit être absolument laissée de côté dans Texpertise médico-légale. Ce qui subsiste, c'est le fait de l'augmentation du poids du poumon sous Tinfluence de l'acte respiratoire.

ACTEUBS.

Schuiidt

Devergie

Elsaesscr

Samson-Himmelstiern Casper

Moyennes générales.

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