‹ Etude médico-légale sur l'infanticide (volume 2)Chapitre 26 sur 46 · CONDITIONS QUE FRÉSËNtË LÀ t£MM£ ÀCdtlSEfi · texte numérisé non relu

CONDITIONS QUE FRÉSËNtË LÀ t£MM£ ÀCdtlSEfi

•direction ,' consistance , mobilité, semblaient s'être ré- •tablies, le volume m'a toujours paru un peu plus, considé- •rable. •

' » Jamais l'utérus n'était revenu complètement à son état -antérieur à la sixième semaine ni au deuxième mois ; je n'ai pas eu l'occasion d'observer des femmes entre le deuxième et le troisième mois. Je ne parle pas du retour des fonctions normales de l'utérus ; il m'aurait fallu plus de temps, et j'aurais dû observer, en même temps que des nourrices, des femmes qui n'allaitassent pas, et à la Maternité on ne garde pendant un temps assez long, que celles qui veulent et peu- •vent prendre un nourrisson. . » , . .

'' » Aussitôt après l'expulsion de Tenfant, le col prend une certaine longueur; l'orifice interne, par la rétraction des •fibres qui l'entourent et la reformation des colonnes de-vie .qui avaient disparu pendant la dilatation, se ferme presque .complètement ;. cependant il n'offre pas une grande résistance, il cède facilement devant le placenta et les caillots qui sont chassés quelques instants après l'accouchement. .C'est à partir de ce moment que nous allons étudier le re- .tour du col à l'état primitif. M. Négrier (1), dans la description qu'il donne du col de l'utérus revenant « à son état normal de repos )> , décrit à part l'état du col chez la femme primipare et chez la femme multipare; mais, sauf quelques petites nuances qui n'exigent pas qu'on fasse deux tableaux des modifications consécutives à l'accouchement, je crois, , d'après ce que j'ai observé, qu'on peut rapprocher en une seule les deux descriptions, en indiquant, chemin faisant, les traits peu saillants qui les distinguent. Les résultats que je.consigne ci-dessous ont été observés jour par jour; ils .me paraissent vrais dans la grande majorité des cas, et se

(1) Négrier, Recherches [et considérations sur la constitution et les fonctions du col de l'utérus, 1846« .

• SIGNBSKT-DATE DE L^ACCOUCHEMKMT. ' ' ' 213

trouvent, à peu 'de chose près, en accord avec ceux que M. Négrier a donnés dans son mémoire.

» SiTôn touche unefemme qui vient d'accoucher, le doigt* arrive facilement jusqu'à l'orifice interne qui est entr'ouvert et admet sans difficulté Textrémité de Tindex; il présente tout au plus un diamètre de 2 centimètres, même chez les multipares. M. Négrier a un peu exagéré ses dimensions, en accordant, chez la femme primipare, un diamètre de 3 centimètres à Torifice supérieur qui, selon lui, serait plus dilaté encore chez la femme multipare; c'est à ce moment qu'on peut aisément constater que ce qu'oo appelle coniknunément Torifice supéHeur n'est pas un simple resserrement annulaire,' mais ' qu'il mérite mieux le nom d'isthme' de l'utérus que lui a donné Calza.

' î) M. Guyon, après de nombreux examens anatomiques, a noté cette disposition sur les utérus en vacuité (1). Chez- la femme nouvellement accouchée, Torifice est bordé par un bourrelet qui a 8 ou 10 millimètres de hauteur; il est lisse et épais, un peu plus chez la femme multipare que chez la primipare. L'orifice est encore alors très-dilatable, et, sous des efforts modérés, il doit encore céder devant les caillots que l'utérus expulse après la délivrance, et il suffît, lorsque les circonstances l'exigent, d'introduire successivement un, puis deux et trois doigts, pour augmenter les dimensions de l'orifice, au point d'y introduire la main tout entière; j'ai pu constater ce fait en pratiquant moi-même plusieurs délivrances artificielles. Au-dessous de l'isthme cervico-utérin, le col a repris de la longueur, moins toutefois qu'il n'en a à l'état normal ; il mesure environ 15 à 18 millimètres, la portion sous-vaginale en a de 8 à 10, et il s'en faut de beaucoup qu'il ait retrouvé aucun de ses caractères normaux. Il'pend, mou et flasque, autour des bords de l'orifice supérieur^ et » . . • ,

(1) Félix Guyon, thèse de doctorat* •

214 CONDlTIUf^H UUfe; i'HfiSËNTJ:; LA FEMMt: ACCUSÉE.

lombe dans le vagiq. Je le comparerai assez volpatier)», pour sa manière d'être, à la luette, lorsque celle-ci est inactive; au touclier, c'est avec peine qu'on distingue le tissu du col de celui du Vftgin. I^e$ parois offrent upe épaisseur plu» grande à mesure qu'on se rapproche de la partie supérieure; à l'extrémité inférieure , elles sont minces chez les primi* p^res; chez les multipares, ces parois offrent une épaisseur plus grande et à peu près égale dans toute retendue du col, Je n'ai que rarement pu aussitôt après raccoucbement, ou même une ou deux heures après, constater Jes solutions dQ continuité que détermine sur cette portion de Tutérus 1§ passage de Tenfant; je n'ai jamais observé qu^ le toucher révél&t dans le col une sensibilité plus considérable qu'à l'état ordinaire; dans aucun cas, les attouchements répétés n'y ont provoqué la moindre contraction, le corps de l'utérus seul se modifiait sous l'influence des titillations sur 1q col. Les parois sont appliquées l'une contre l'autre ; il faut les écarter pour pénétrer dans la cavité cervicale, qui est lisse, molle, tapissée le plus souvent par des caillots que le doigt détache facilement.

)) Vingt-quatre heures plus tard, le diamètre antéro-posté* rieur de l'orifice supérieur semble avoir un peu dîminué; quarante-huit ou cinquante heures après l'accoucbement, l'état des choses n'a pas notablement changé ; j'ai seulement constaté, comme l'indique M. Négrier, que la muqueuse cervicale offre des plis plus marqués que la veille. Cet arrêt dans la rétraction du col coïncide toujours avec l'état station^ naire momentané du retrait du corps de l'utérus; mais au quatrième jour on constate les changements suivants: la longueur totale du col a sensiblement diminué^ la portion intra^vaginale n'a plus que 4 à 5 millimètres environ ; la consistance s'est aussi modifiée; elle est inégale; on sent en^ tre la muqueuse qui tapisse la surface externe, et qui est un peu boursouflée, et la muqueuse asse^ épaisse qui tapisse

8I&NES ET DATE DE L*AGGODGH£lfENT. 215

la cavité du col, une surface dont la densité plus grande est due à la rélraclion des fibres musculaires, et alors on sent manifestement par le toucher que les muqueuses qui n'ont pas suivi le mouvement de retrait peuvent glisser dans des limites très^restreintes sur le plan musculaire* La mem* brane interne n'offre plus seulement les plis verticaux, dont le nombre a augmenté ; elle s'est aussi froncée circulairement ; les plis obliques de l'arbre de vie, que la distension excessive des orifices avait fait disparaître pour quelque temps, sont nettement appréciés. Ces plicatures en divers sens de la muqueuse, qui alors remplit pour ainsi dire toute la cavité du col^ font sentir, lorsque le doigt est introduit, une surface comme tomenteuse et inégale, et font paraître le revêtement interne du col utérin plus épais qu'il n'est réellement. L'orifice interne est plus étroit, les bords en sont moins épais et présentent un peu moins de hauteur ; son diamètre n'a pas plus d'un centimètre en général. L'orifice externe est le plus souvent allongé transversalement et dirigé à gauche; il a de l centimètre %i demi à 2 centimètres environ dans le sens antéro^postérieur^ un peu plus dans le sens transversal ; le bord de l'orifice est nettement dessiné. C'eat le quatrièioe jour et quelquefois un peu plus tôt^ chez les femmes primipares ou chez celles qui n'ont encore eu qu'un ou deux enfants, qu'on peut bien sentir les solutions de continuité qui divisent le bord de l'orifice inférieur et se prolongent ordinairement jusqu'à l'insertion du vagin, rarement plus haut.

» A mesure qu'on s'éloigne de répoquederaccoucbement, on observe que l'orifice supérieur continue à se rétrécir, est moins facilement accessible, à cause de la consistance plus grande des parois du col, qui continuent à se rapprocher, et c'est à la partie supérieure surtout que ces modifications •ont plus marquées. Souvent, du huitième au dixième jour, le doigt n^arrive pas jusqu'à Torifice supérieur; avec quel-

216 C0I«)ITI01fS QUE PRÉSENTE LA FEMME ACCUSÉE.

ques efforts, on y parvient cependant; le plus souvent, il admet alors à peine rextrémitéde Tindex. C'est vers le cinquième ou le sixième jour que quelquefois les lèvres du col serenversent etlui donnentlaforme indiquée par M. Négrier; ce renversement disparait assez rapidement L'orifice inférieur reste entr'ouvert jusqu'au douzième, quelquefois jusqu'au quinzième jour, et il peut arriver qu'à cette époque, les déchirures ne soient pas encore cicatrisées dans toute leur étendue.

r )) C'est toujours à la partie inférieure que se termine le . travail de réparation; cependant, le plus généralement, la cicatrice est faite au huitième jour.* Au douzième jour, dans sa moitié inférieure, le col n*a pas acquis toute sa consistance, il est plus mou, circonstance qui permet encore; à cette époque, l'introduction de l'index jusqu'à la racine de l'ongle. Du vingt-cinquième au trentième jour, le museau de tanche offre la forme cylindrique, qu'il conservera plus tard ; il a encore alors un peu plus de volume qu'il n'en conservera. L'orifice externe est transversal, irrégulier; •ses bords sont déchiquetés, et le toucher fait constater que le tissu est encore un peu plus mou que partout ailleurs aa pourtour de l'orifice, et que les lèvres peuventen ôtreassez

facilement écartées. Ce n'est que chez les femmes que j'ai examinées dix ou onze semaines après l'accouchement, que j'ai rencontré le col tel qu'on le trouve normalement chez les femmes multipares; il. avait une longueur de 20 à 25 millimètres, quelquefois un peu moins ; il était cylindrique, d'une consistance égale, l'orifice était fermé; chez une seule, je l'ai trouvé entr'ouvert, mais. elle ayait au pourtour une petite ulcération qui pénétrait dans la cavité

du col.

» Ce n'est donc, d'après ce que je viens de dire, que soixante et dix ou quatre-vingts jours après l'accouchement que l'organe de la gestation est ce qu'il a été ou ce qu'il doit

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