CONDITIONS QUE PRÉSENTE LA FEMME ACCUSEE
double phénomène a été Tobjet d'une étude si minutieuse, si précise, si complète, de la part de M. le docteur Wieland, que je ne crois pouvoir mieux faire que d'emprunter à son excellente thèse une description qui nulle part n'a été mieux faite et dont ma propre expérience m'a démontré la parfaite exactitude (1) :
« La délivrance opérée^ il s'échappe du vagin une certaine quantité de caillots et de sang. Pendant un court moment après cette expulsion en masse, à peine s'en écoulet-il quelques gouttes ; puis alors un nouveau suintement, dont la nature, sanguine d'abord, se modifie ensuite, s'établit et se continue pendant un temps variable. C'est à ces matières qu'on a donné le nom de lochies. Pendant les vingt ou vingt-quatre heures qui suivent la délivrance, il ne s*écoule des parties génitales que du sang presque pur, qui provient des vaisseaux utéro-placentaires, de quelques vaisseaux déchirés à la surface de l'utérus, des déchirures que le passage de la tête a déterminées au col, et de quelques érailluresde la muqueuse vaginale. Après ce temps, l'écoulement sanguin perd de sa consistance, il devient plus ténu; il n'y a que du sérum teint de sang, en assez grande quantité encore, ce qui tient à la dissolution des caillots qui tapissent les parois utérines. Cet écoulement continue pendant un ou deux jours.
» Du cinquième au sixième jour, le sang est mélangé ; le liquide est plus séreux, il entraine quelquefois avec lui des minimes parcelles de la caduque qui étaient restées adhérentes à la muqueuse nouvelle, et de la sérotine qui commence à s'exfolier. L'écoulement perd chaque jour de sa coloration brunâtre, et, vers le huitième jour, il est constitué par un liquide blanchâtre, lactescent, offrant la consis-
(1) A. Wielanil, Étude sur révolution de Vutérus pendant la grossesse et sur le retour de cet organe à Vétat normal après l* accouchement, thèse de Paris, 1858, n» 305.
liions ET DATE DE L*ACC0DGBE1CSNT. 20d
tance do macus. La durée de cet écoulement chez la femme bien portante est très-variable; elle oscille entre quinze jours et trois semaines. » Les lochies ont, comme on le sait, une odeur spéciale dont l'intensité varie.
Quant à la diminution de volume de Vutérus après l'accouchement et au retour de cet organe à Tétat normal, il s*opère d'une façon assez régulière pour que l'expert puisse, d'après les dimensions de la matrice, mesurer le temps qui s'est écoulé depuis Taccouchement. On a peine à se rendre compte des divergences qui se sont produites à cet égard parmi les auteurs. Ce temps varie pour eux entre trente et soixante jours. Quelques-uns même par une erreur évidente l'ont renfermé dans des limites beaucoup plus restreintes. Je suivrai encore sur ce point M. Wieland, dont les observations offrent toutes les garanties de précision désirables.
Si l'on prend la moyenne du développement de l'utérus au moment du travail, on trouve que « Torgane s'élevait en général au-dessus du pubis de 20 à 22 centimètres, et avait, dans le sens transversal, de 16 à 18 centimètres. Aussitôt après l'expulsion des caillots qui suivent la sortie du placenta, l'utérus^ devenu sphéroïde, dur, résistant, est contracté; il ne présente plus que 11 à 12 centimètres dans le sens vertical, et 9 à 10 dans le sens transversal. Au bout d'une demi-heure, et pendant les quelques heures qui suivent l'accouchement, le volume augmente un peu (diamètre vertical, 13 à \tx centimètres; diamètre transversal, 11 à 12 centimètres) ; mais à partir de ce moment il diminue graduellement, et à peu de chose près d'une manière égale. Le deuxième jour, on trouve que ses diamètres ont diminué de 1 centimètre à 1 centimètre et demi ; le vertical est souvent alors un peu plus petit que le transversal. Le troisième jour, dans la plupart des cas, il n'y a pas de changements notables, excepté chez les femmes qui ont eu, dans Tinter-
A. TARDII0. .- Infanticide. U
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valle des deux examens, de fortes tranchées utérines et un écoulement lochial abondant au moment de la contraction. J*ai observé que jusqu'au troisième jour et demi, le volume du globe utérin restait stationnairCi et pendant ce temps il paraissait plus mou et moins arrondi ; cette inaction coïncidait toiyours avec l'apparition de la fluxion mammaire. Dès la fin du quatrième jour, la rétrocession se poursuit d'une façon régulière et continue. La distance qui sépare Tutérus de la symphyse pubienne varie entre 6 et 7 centimètres; ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels qu'elle est moindre. Pendant chacun des jours suivants, la différence constatée oscille entre un demi-centimètre et un oentimètre. Le sixième jour, on trouve Tutérus dur, la face antérieure est moins convexe, il s'élève au-dessus du détroit supérieur de ^ ou 5 centimètres. Ce n*est que le dixième jour en général, quelquefois le onzième, qu'il a disparu derrière la symphyse pubienne ; mais encore à ce moment, ê\ les parois abdominales sont minces ou éraillées sur la ligne médiane, on peut, en recourbant les doigs en crochet, sentir le fond de l'utérus qui est descendu dans l'excavation pelvienne.
D Chez les primipares, la disparition de Torgane derrière la symphyse pubienne a lieu un peu plus rapidement que chez les multipares. Mais la différence n'est pas tout à fait aussi considérable que celle qu'indique M. Cazeaux. Chez les multipares que j'ai observées au point de vue qui nous occupe, c'était le treizième jour environ que l'utérus n'était plus senti dans l'aire du détroit supérieur; c'était le dixième en général chez les primipares. Je dois ajouter que pour ces dernières, les parois abdominales ne présentent que rarement des conditions aussi favorables à l'exploration que chez les premières.
» Il se présente certains faits cependant qui ne rentrent pas dans le tableau que je viens de tracer du retrait utérin :
uqjhb et date de l'accouchxiiskt. 211
la matrice en effet, sans cause aucune, reste voluuiiueuse beaucoup plus longtemps, et quelquefois, comme je le dirai, assez pour constituer une véritable maladie. Je n'ai jamais vu les choses arriver à ce point; mais j'ai vu des utérus dont le retrait derrière les pubis n'avait lieu qu'au bout de dix-huit, vingt, et une fois môme vingt-deux jours, sans qu'aucun accident soit venu troubler la santé générale de ces femmes (elles étaient seulement sujettes à des écoulements leucorrhéiques).
» Je n'ai jamais vu un seul cas dans lequel l'utérus n'était plus accessible à la palpation dès le quatrième jour. Pendant tout ce temps^ la matrice, qui, dans la majorité des cas (79 sur 100), est située à droite, tend à revenir vers la ligne médiane.
» Il s'en faut de beaucoup encore, quoique la main n'atteigne plus l'organe par la paroi abdominale, que Tutérus ait repris ses conditions primitives ; le toucher vaginal, rectal, nous permettra seul d'apprécier l'état dans lequel il
se trouve.
» La laxité des llgametits, la mobilité dont il jouit encore, la diminution du volume, lui ont permis de céder à l'action de la pesanteur; il s'enfonce dans l'excavation; on constate que son segment inférieur, encore très-développé (Il a approximativement de 6 à 5 centimètres de diamètre), a déprimé le cul-de-sac vaginal ; le col est situé plus bas dans le vagin ; par le recttlm on sent encore sa face postérieure dure, convexe, offrant des dimensions considérables qu'on ne peut évaluer qu'à peu près ; à ce moment, la résorption parait se faire beaucoup plus lentement. En effet, ce n'est que huit ou dix jours plus tard qu'on peut constater une différence sensible; le volume a légèrement diminué, l'utérus déprime moins le cul-de-sac vaginal, il est moins mobile. Enfin, chex les femmes que j'ai examinées trois mois après l'accouchement, les conditions primitives, situation^ ibrm«.