ÉTAT MENTAL DE LA FEMME APRÈS L'ACCOUCHBMBVT
Je serai plus libre, après l'avoir cité, pour combattre ses conclusions.
(( Dans le cas où des traces non douteuses de violence existeraient sur le corps de Tenfant, si une femme venait encore alléguer un trouble mental passager, cette excuse serait-elle admissible, ou au moins discutable? La science peut-elle affirmer que dans les derniers moments du travail, une femme soit exposée à des accès de fureur pendant les^ quels elle exerce sur son enfant des violences dont elle n'est pas responsable ; semblable en cela aux femelles de certains animaux qui sont quelquefois prises pendant la parturition d'une fureur durant laquelle elles se jettent sqr leurs petits et les mordent au point de les tuer(l)?
» Les faits nous permettent de soutenir l'opinion de Gall (2), et de résoudre cette question par raffirmative. En démontrant la possibilité d'un accès instantané de délire, ils éveillent l'attention de l'expert qui pourra diriger de ce côté son interrogatoire ; dans la pratique, il faudra sans doute une réunion de circonstances bien probantes, et un examen bien attentif, pour arriver k démontrer qu'il a existé au moment de l'accouchement un accÔ3 passager d'aliénation mentale. Mais ces faits peuvent se rencontrer, et nous pouvons sans peine en citer quelques e:5[emples. Qui ne connaît le cas de cette fille dont parle Esquirol ? Elle n'avait point caché sa grossesse, elle fit faire une layette. La veille de son accouchement, elle se montra à tout le monde. Elle accoucha pendant la nuit, et le lendemain 1^ corps de l'enfant fut trouvé dans les latri):)es, mutiJéde coups de ciseaux. Cette fille avoua son crime et n'an témoigna aucun regret : Je n'ai pas fait de mal, répétait-elle; ils ne peuvent rien me faire, n'est-ce pas? Quelques jours après
(i) Burdach, Traité de physiologie, trad, Jourdan, t. IV, p. 323. (2) Gall, Sur les fonctions du cerveau, t. !•', Infanticide, p. ^72 et'sulT»