IMMERSION DANS LES FOSSES D'AJSANCES
enceinte de quatre mois, ayant eu ses règles quinze jours avant son arrivée de Lyon à Paris. Baignée de sang; matrice volumineuse, dépassant de plus d'une main au-dessus du pubis. Dit être accouchée sur les latrines que nous visitons et qui forment une auge largement ouverte (elle y est restée plus d'une heure). Elle déclare que tout est paru à la fois. Envoyée à l'hôpital.
Accouchée depuis peu d'heures, à une époque beaucoup plus avancée qu'elle ne le dit.
Autopsie le 27, à la Morgue, de l'enfant retiré de la fosse. Sexe masculin: \ kilogramme 950 grammes, 47 centimètres; pas encore de point épiphysaire. Enduit sébacé, ongles ; cordon déchiré par un visible effort, à 6 centimètr-es de l'abdomen. Pas de violences extérieures; rien aux lèvres hi au nez; docimasie évidente. Poumons très-volumineux, aérés, sang noir. Pas d'ecchymoses souspleurales. Cœur plein de sang noir. Estomac contenant, ainsi que l'œsophage, un liquide brun, épais, fétide.
Né viable à un peu plus de huit mois ; vivant, a respiré complètement et assez longtemps; le corps n'a pas été expulsé en même temps que le placenta. Il n'en a été séparé que par la rupture violente du cordon^ qui n'» pu céder au seul poids de l'enfant, et a été certainement déchiré par un effort direct.
Jeté vivant dans la fosse, où il est mort par le fait de la submersion .
Observ. XXXV. — Enfant jeté dans une fosse d'aisances. Vivaut et y ayant respiré plusieurs heures.
Autopsie à la Morgue, le 6 septembre 1848, du cadavre d'un enfant nouveau -né, du sexe masculin, jeté dans une fosse d'aisances par la fille L.. . Né à terme, fort, vigoureux : 3 kilogrammes, 58 centimètres. Cordon ombilical coupé net, non lié; a vécu el respiré. Poumons violacés; pas d'ecchymoses; cœur vide.Conlusions, ecchymoses au-dessus de l'œil gauche, à la pommette, derrière l'oreille du même côté. Excoriation profonde au genou droit; tête en forme conique. Chevauchement des os pariétaux. Mort par asphyxie par défaut d'air respirable. Contusions par suite de pression du corps à travers un conduit étroit. En résumé, crime d'infanticide.
Interpellé le 25 juillet par M. le juge d'instruction Desnoyers sur la question de savoir si la mère a pu croire à la mort de son enfant avant de le jeter dans la fosse, où on l'a entendu crier pendant plusieurs heures, nous répondons qu'il est très-peu probable que l'enfant soit venu au monde dans un élat de mort apparente, parce que le cordon n'ayant pas été lié, l'écoulement de sang aurait dissipé l'asphyxie.
3 Où 1\ APPORTS ET CONSULTATIONS.
Orserv. XXXVI. — Enfant jeté vivant dans la fosse et retiré vivant après onze heures.
Autopsie, le 2 août \ 859, d'un enfant jeté dans la fosse, d'où il a été retiré vivant après onze heures. Il est mort une heure après. Les poumons présentent une particularité très-curieuse. De nombreux lobules sont restés à l'état fœtal et forment des plaques violacées à la surface, entre les parties aérées qui sont pâles. Cela simule des noyaux apoplectiques, mais il n'y a pas traces d'infiltration sanguine ni ecchymose sous-pleurale.
Enfant à terme; cordon rompu et non lié, à 1 0 centimètres de son insertion abdominale. Estomac renfermant une assez grande quantité de matières liquides de la fosse d'aisances. Enfant du sexe féminin, à terme, viable et bien conformé; a vécu et respiré. Mort par suite de son séjour prolongé dans la fosse d'aisances et de l'air vicié qu'il y a respiré. La fille L. présente les signes d'un accouchement qui ne remonte pas au delà de trois jours.
Observ. XXXVII. — Infanticide, immersion dans la fosse d'aisances. — Questions médico-légales.
J'ai reçu le 8 février 1 864, de M. le juge d'instruction Henriquet, la lettre suivante :
u La fille L... est accouchée le 20 janvier dernier dans les lieux d'aisances dépendant de l'appartement des époux Montacle, chez lesquels elle servait comme domestique; il résulte des constatations faites par le commissaire de police que la cuvette de ces lieux est à bascule, c^est-à-dire ne s'ouvre quau moment où Von est assis sur le siège et que Vorifice du conduit est assez large pour laisser passer le corps d'un fœtus et peut-être d'un enfant nouvean-né.
» Le corps de l'enfant de la fille L. n'a pourtant pas glissé jusqu'à la fosse proprement dite, il s'est arrêté dans le conduit et l'on a dû, par mon ordre, pour le faire descendre dans la fosse et l'y prendre, employer certains moyens, notamment un poids assez lourd en plomb qui, entrant dans le conduit, a pressé le cadavre et l'a fait couler.
» Dans ces circonstances, doit-on attribuer les traces de la pression violente qui s'est étendue sur la têle jusquà l'orifice des voies respiratoires à un acte volontaire exercé sur cette partie du corps de l'enfant avant son entrée dans le conduit de la fosse d'aisances?
» Ces traces ne résultent-elles pas plutôt de la compression nécessairement exercée sur le corps, par les parois du conduit trop étroit dans lequel ce corps est engagé?
» L'inculpée accouchant sur un siège à bascule dont l'orifice est ouvert au moment où l'enfant sort du sein de sa mère, cet enfant
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peut-il être tombé dans lo conduit en quelque sorte naturellement ?
» En admettant cette hypothèse, le corps ne devait-il pas être retenu par le cordon ombilical?
» Je vous serais fort reconnaissant de vouloir bien m' éclairer sur tous ces points qui, dans l'intérêt de la vérité, me paraissent avoir une certaine imporiance. »
La réponse que j'ai adressée aux questions qui précèdent peut se résumer ainsi :
L'enfant issu de la fille L... n'a pu tomber à travers la lunette par suite de la rupture spontanée du cordon ombilical, qui est fort et bien conformé et qui a été déchiré violemment à 8 centimètres.
Les lésions graves et profondes constatées à l'autopsie ne peuvent avoir été produites par les moyens employés pour achever de faire descendre le corps jusque dans la fosse ; le corps était sans doute alors privé de vie et il n'y eût pas eu ecchymoses; de plus, la pression n'eût eu lieu que sur le sommet du crâne et non sur la totalité de la tête.
Ces lésions résultent de la compression de la tête par les parois du tuyau de conduite où le corps de l'enfant encore vivant a été violemment engagé.
La mort ne peut être attribuée qu'à un acte volontaire et criminel.
Observ. XXXVIII. — Infanticide par suffocation^ immersion dans les fosses d'aisances.
Autopsie à la Morgue le 26 septembre 1862, d'un nouveau-né à terme, sexe féminin, cordon arraché à 18 centimètres.
Excoriations et ecchymoses très-nombreuses et très-profondes sur les côtés du cou, de la poitrine, sur les coudes, aux genoux ; nez et lèvres très-aplalis, excoriés et ecchymoses; poumons ayant respiré, très-emphysémateux, ecchymoses sous la plèvre et sous le péricarde.
Rien dans l'estomac.
Placenta séparé, retrouvé sain.
Enfant né vivant, mort étouffé et étranglé par des violences criminelles.
A l'occasion de ce fait, je reçus de M. le juge d'instruction de Lurcy la lettre suivante: « Je vous envoie ci-joint le procès-verbal descriptif des lieux d'aisances (affaire G.). — Je suis convaincu que cette fille est accouchée sur les dalles du cabinet, et qu'elle a précipité volontairement son enfant dans le tuyau de descente. Mais elle s'obstine à soutenir qu'étant accroupie sur la lunette, elle estaccou-
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306 RAPrORTS ET CONSULTATIONS.
chée presque sans s'en douter, et que l'enfant est tombé accidentellement; elle reconnaît cependant que l'enfant a crié.
» Veuillez donc me faire savoir si les violences constatées ont été exercées directement par une main criminelle, ou si elles auraient pu être le résultat de la seule chute par le tuyau de descente.
»Dans cette dernière hypothèse, l'enfant a-t-il été précipité volontairement, ou a-t-il pu tomber accidentellement? »
Je répondis dans les termes suivants : Si la fille a pu être surprise par les douleurs, le cordon sain n'a pu se rompre.
Lésions caractéristiques attestant par leur siège, leur nombre, leur nature, l'intervention active et directe de la main. Ce n'est ni au cou, ni sur les narines, ni sur les bras que se seraient imprimées les traces de la chute du corps dans le tuyau. Ces stigmates, rapprochés des altérations des poumons, sont un indice de strangulation et de suffocation.
Ecorchures aux parties saillantes, genoux et coudes, lorsque le corps, non tout à fait privé de vie, a été jeté dans les latrines. Mais ce sont là des lésions secondaires indépendantes de la vraie cause de mort.
1" Les violences constatées et qui ont amené la mort , ont été incontestablement exercées d'une manière directe par une main criminelle.
2° Le corps de l'enfant n'a pu tomber accidentellement dans les latrines, par suite de la rupture spontanée du cordon.
Observ. XXXIX. — Mort par précipilation dans les latrines.
Autopsie à la Morgue, le 24 décembre 1862, du nouveau-né issu de la fille M...
A terme; cordon rompu à 18 centimètres.
A l'extérieur, très-nombreuses ecchymoses et excoriations, principalement sur le dos et sur les membres inférieurs; avec sang coagulé, faites pendant la vie, et résultant du frottement sur une surface rude. Au niveau des chevilles, empreinte des doigts qui auraient exercé sur ce point une forte pression.
Téguments et os du crâne intacts; épanchement sous-péricrânien; rien au nez, à la bouche ni au cou. Poumons très-volumineux, distendus par l'air; très-nombreuses ecchymoses, quelques vésicules rompues. — Né à terme, viable; a vécu. Il vivait lorsqu'il a été exposé dans la cuvette des latrines ; les lésions et ecorchures dont son corps est couvert ont été produites par la violence avec laquelle il a été jeté, ainsi que par le frottement sur une surface rude. Mort étouffé par défaut d'air respirable, suite de son séjour dans les latrines.
Visite de la fille M... à l'Uôtel-Dieu ; accouchement tout récent :
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trente-six heures ; matrice non revenue sur elle-même. Est accouchée une première fois, trois ans auparavant.
J'ai visité, avec M. le juge d'instruction, la cuvette des lieux d'aisances : elle formait un cône très-étroit et long, très-propice à l'étouffement.
Observ. XL. — \InfanticAde par immersion dans les fosses d'aisances.
Autopsie à la Morgue, le 20 février 1 853, d'un enfant nouveau-né, issu de la fille M...
Enfant nouveau-né, du sexe féminin, né à terme, bien conformé : pas la moindre trace de violences. Putréfaction très-avancée; corps souillé de matières fécales. Cordon rompu et non coupé, à 8 ou 9 centimètres de l'insertion abdominale.
Tête non aplatie, non déformée; pas de fracture, pas de contusion.
Poumons peu distendus par l'air; bronches remplies de matières fécales. Cœur sain.
Bouche et arrière-gorge remplies de matières fécales. Estomac ne renfermant qu'une petite partie de liquide brun.
1" Né à terme, viable; bien conformé.
2*^ A vécu et respiré.
3 ' Mort asphyxié par submersion dans les fosvses d'aisances.
4" Pas de traces de violences.
Observ. XLI. — Enfant étouffé et jeté dans les fosses d'aisances. Fracture du crâne.
Visite de la fille M ... à l'hôpital Beaujon , le 1 2 mars 1 8 55. Signes évidents d'accouchement récent et à terme, pouvant remonter à cinq ou six jours. Elle dit faussement qu'elle n'était enceinte que de quatre mois et demi.
Enfant nouveau-né, du sexe féminin, né à terme, viable et bien conformée ; du poids de 2 kilogrammes et demi. Cordon rompu et non lié, à 19 centimètres de l'insertion abdominale. A vécu et respiré;odeur forte de fosses d'aisances. Au front, dessiccation brunâtre de la peau. Sous le cuir chevelu, nombreuses ecchymoses formées par de petits amas de sang coagulé. A l'occiput et aux deux pariétaux, fractures évidemment postérieures à la mort.
Poumons médiocrement volumineux, offrant un très-grand.nombre de taches tout à fait noires, réunies en certains points par plaques, et des parties emphysémateuses. La généralité du tissu pulmonaire est rosée et peu congestionnée; la trachée et les bronches contiennent une très-grande quantité d'écume très-fine et à peine teinte en rose; le cœur est distendu par du sang fluide. L'estomac est complètement vide ; la mort est le résultat de la suffocation produite
3ÔÔ k APPORTS ET CONSULTATIONS.
par un obstacle apporté violemment à l'entrée de l'air dans les voies aériennes.
Après avoir été élouffé, le corps a été précipité dans la fosse d'aisances, et la tête fortement pressée au point d'être brisée pour traverser l'orifice trop étroit.
Comme des lésions ne pouvant être attribuées au travail naturel ou à quelque accident de l'accouchement.
Observ. XLII. — Immersion dans la fosse d'aisances. Fracture du crâne.
Sur réquisition de M. Sallantin, substitut du procureur impérial près le tribunal de la Seine, en date du 26 mars 1856 :
Nous nous sommes transportés le 27 mars courant à la Morgue, où, en présence de M. le commissaire de police de la section des Iles, et, après avoir prêté serment entre ses mains^ nous avons procédé à l'opération qui nous est confiée.
Le cadavre que nous avons examiné est celui d'un enfant nouveauné, du sexe masculin, du poids de 1650 grammes, présentant un point osseux bien formé dans les cartilages des fémurs; le cordon a été coupé à 5 centimètres et non lié : le corps est dans un bon état de conservation, et la putréfaction est à peine commencée; les téguments du crâne sont largement excoriés. Il existe un vaste épanchement de sang coagulé, au niveau du pariétal, du côté droit, qui présente une fracture étendue, correspondant à une fracture du côté opposé, et résultant d'une forte pression faite pendant que l'enfant vivait encore. Au devant du cou, la peau otîre une teinte d'un rouge livide, qui a l'apparence d'une contusion, mais qui ne s'accompagne pas d'infiltration sanguine dans les tissus sous-jacents, et n'est autre chose qu'une sugillation cadavérique.
Les organes extraits de la poitrine, plongés dans un vase rempli d'eau, surnagent, soit en totalité, soit isolément; les poumons sont distendus par l'air, d'une couleur rosée, sans aucune lésion; l'estomac est vide. Il n'existe aucune autre trace de violences. On voit seulement quelques excoriations sur les genoux et sur la poitrine.
De l'examen qui précède nous concluons que :
4° Le cadavre que nous avons examiné est celui d'un enfant nouveau-né, du sexe masculin, né à terme, viable et bien conformé; 2" cet enfant a vécu et respiré; 3" la mort est le résultat d'une fracture du crâne déterminée par une forte pression qui a aplati la tête, probablement au moment du passage à travers l'orifice étroit d'un tuyau de latrines.
V L'accouchement de la fille R... n'a pu avoir lieu dans lescon- ■ditions et avec les circonstances que celle-ci a déclarées;
2" L'état des parties sexuelles d'une femme ne permet pas de
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décider, dix jours après la délivrance, si ou non elle est accouchée d'un enfant à terme; L'examen du corps du nouveau-né démontre qu'il était bien à terme;
3" La rupture du cordon ombilical indique que l'issue du fœtus et de ses annexes n'a pas eu lieu simultanément ot de façon à ce que le tout soit tombé à la fois directement dans la fosse ;
4° Celle rupture faite, soit au moment de la délivrance, soit après, suppose des efforts et des tractions qui ne paraissent que très-difficilement compatibles avec Tinlirmilé dont la fille R... est atteinte, et qui, dans tous les cas, sont inadmissibles dans les conditions où elle dit s'être trouvée placée au moment de l'accouchement.
Observ. XLlIl. — Enfant jeté vivant dans la fosse. Cordon lié. Circonstance capitale.
Enfant jeté vivant dans une fosse d'aisances, retiré vivant, mort e soir.
Le 13 décembre 1861, visite de la mère à Lariboisière; accouchement récent, autopsie de l'enfant né à terme.
Le cordon a été coupé et lié régulièrement, mais sans doute après l'extraction de la fosse; je ne l'ai pas vu à ce moment. Circonstance capitale.
Quelques excoriations.
Poumons mi-partie à l'étal fœtal et pénétrés par l'air.
Mort résultant de l'établissement incomplet de la respiration, qui a été violemment entravée par le séjour dans l'atmosphère irrespirable d'une fosse d'aisances.
Observ. XLIV. — Immersion dans la fosse d'aisances. Fracture du crâne.
Autopsie à la Morgue, le 11 février 1854, d'un enfant nouveauné trouvé au dépotoir de la Villette.
Enfant du sexe féminin, née à terme, viable et bien conformée; a vécu et respiré; le cordon ombilical a été rompu, non coupé et non* lié; putréfaction très-avancée, odeur de fèces.
A la surface, sur le bras gauche, sur la paroi de la poitrine, aux genoux, de nombreuses et larges ecchymoses; sang coagulé avec excoriations, résultat de frottement.
Tête écrasée, face aplatie, crâne fracturé en éclats nombreux, de dimensions variables et de forme irrégulière. Sang coagulé sous le cuir chevelu et entre les os fracturés. Docimasie complète. Poumons très-volumineux, très-pâles, très-crépitanls, sans engouement à la base. Cœur contient un peu de sang coagulé; dans l'estomac, 11-
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quide roussâtre exhalé par la putréfaction ; pas de fèces ni autre liquide avalé.
La mort est le résultai des fractures multiples du crène et des contusions nombreuses produites par le passage forcé du corps à travers le tuyau de conduite dans une fosse d'aisances.
Observ. XIjV. Enfant jeté vivant dans la fosse d'aisances. Fracture du crâne.
Autopsie, le 6 décembre 1859, de l'enfant de la fille Varet, né à terme, bien constitué; cordon rompu non lié à 26 centimètres, pas de putréfaction, odeur fécale.
Tète fortement aplatie ; sur le front, petites excoriations sous le cuir chevelu, vaste épanchement coagulé ; double fracture des pariétaux par écrasement ; pas de violences au cou et à la bouche ; poumons surnagent, très-volumineux, engoués à la base, sans ecchymose ; sang noir et visqueux ; matière de la fosse dans l'estomac ; a vécu et respiré d'une manière complète.
Le front et l'aplatissement du crâne attestent que la tête a subi une forte pression et un véritable écrasement sans doute au passage des latrines, mais non dans le travail de l'accouchement.
L'enfant respirait encore lorsqu'il est tombé dans la fosse où il devait nécessairement succomber tant par suite de la double fracture que par le séjour dans l'atmosphère viciée de la fosse.
Observ. XLVI. — Infanticide par strangulation. Immersion dans la fosse d'aisances.
Autopsie, le 27 mai 1864, de l'enfant nouveau-né de la fille Montgellard .
Enfant du sexe masculin, 48 centimètres. Point osseux commençant à paraître. Cordon coupé manifestement avec un instrument tranchant, à 17 centimètres. Corps bien conservé, odeur de matières, grande quantité de ces matières dans la bouche, ne dépassant pas l'arrière-gorge. Il n'y en a ni dans l'œsophage, ni dans l'esiomac, » ni dans les voies aériennes.
A l'extérieur, au devant du cou, de chaque côté du larynx, de très-petites empreintes linéaires, très-peu apparentes, mais répondant à des ecchymoses situées dans le tissu sous-jacent et parfaitement caractérisées; écume sanguinolente dans le larynx.
Poumons très-volumineux parsemés de très-nombreuses vésicules rompues, et dans leur épaisseur il existe des quantités circonscrites; sang fluide dans le cœur, mucosités abondantes dans l'estomac.
Enfant né im peu avant terme, viable et bien conformé ; né vivant, a vécu et respiré ; étranglé avant d'être jeté dans la fosse.