CHAPITRE VII
DE L'EXPERTISE MÉDICO-LÉGALE, DES RAPPORTS ET CONSULTATIONS EN MATIÈRE D'INFANTICIDE.
J'ai terminé cette longue étude; je demande la permission de la résumer dans ce qu'elle a d'essentiellement pratique en rappelant les préceptes qui doivent guider le médecin dans les diverses phases de l'expertise médico-légale, et en citant un certain nombre d'exemples choisis, de rapports et de consultations sur des cas intéressants d'infanticide qui auront de plus l'avantage de servir de preuves à l'appui des principes qui ont été développés dans ce travail.
Le premier devoir pour l'expert, est de ne fonder ses conclusions que sur des constatations positives et sur un examen complet tant du cadavre du nouveau-né que de la femme à laquelle on impute la naissance et la mort de l'enfant. Il sera bien fort dans ce cas pour venir devant le jury, soutenir son opinion, contre les sophismes ou les arguties de la défense.
Celle-ci ne sort pas, en général, du cercle des arguments que j'ai déjà exposés et qu'il est facile à l'expert de prévoir et de réfuter. Tantôt elle met en avant l'excessive délicatesse du nouveau-né qui semble le vouer à la mort au moment même où il entre dans la vie. J'ai vu un avocat sortir des plis de sa robe le crâne d'un enfant et faire remarquer la transparence et la ténuité des os en s'écriant qu'une tête si peu solide devait être bien facile à écraser ! Tantôt c'est sur les dangers sans nombre du travail de l'accouchement qu'on rejette la mort du nouveau-né, comme si, au contraire, il n'y avait pas là un fait physiologique qui, dans l'immense majorité des cas et malgré la douleur qui en est une loi,