‹ Étude médico-légale sur l'infanticide (volume 5)Chapitre 17 sur 47 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES MOYENS DE RECONNAÎTRE QUE l'ENFANT EST NÉ VIVANT.

Si, en principe, pour constituer le crime d'infanticide, il faut avant tout établir que c'est bien sur un nouveau-né que le crime a été commis, en fait, la question capitale, celle qui domine toutes les autres dans Texpertise médico-légale, c'est celle de savoir si Tenfant est né vivant et s'il a vécu hors du sein de sa mère. Là est le véritable intérêt, là est aussi la principale difficulté de la recherche de l'infanticide. Et dans ce sujet si spécial, on peut dire que ce point est celui qui exige les investigations les plus particulières et les preuves les plus décisives. Je ne connais pas en médecine légale une étude plus délicate, mais je n'en sais pas non plus qui ait été plus compliquée par l'invention de méthodes et de procédés dont le moindre défaut était leur inutilité, et par des discussions sans fin qui ne pouvaient que jeter le trouble dans l'esprit et dans la conscience des médecins. La pratique n*a pas à s'embarrasser de ces obstacles; elle montre heureusement les choses sous un aspect plus simple et plus vrai. J'en prends à témoin tous ceux qui ont exercé la médecine légale et qui en peuvent parier par expérience. Et je ne résiste pas au désir de citer à ce sujet une belle page de Gasper (1) : « La question des nouveau- nés en médecine légale a toujours été étudiée avec soin et depuis les temps les plus reculés. On trouve dans Galien que la couleur des poumons d'un nouveau-né peut faire décider la question de savoir si Penfant a vécu. On pourrait peut-être conclure de cette antiquité que tout a été dit sur la question, et que des prin*

(1) Camper, loc. cit., p. 468.

Page 1