‹ Étude médico-légale sur l'infanticide (volume 5)Chapitre 40 sur 47 · CHAPITRE V I · texte numérisé non relu

CHAPITRE V I

DES CONSTATATIONS PROPRSS A ÉTABLIR LES CIRCONSTANCES DANS LESQUELLES S*EST ACCOMPLI LE GRIME D'INFANTICIDE.

Nous avons déjà indiqué un grand nombre de particularités qui se rapportent au procédé criminel employé, au lieu où l'infanticide a été commis et aux actes divers qui l'ont suivi et qui sont de nature à éclairer la justice sur Tauteur du crime et sur les circonstances dans lesquelles il a été accompli. Mais il est un dernier ordre de faits sur lequel je dois insister d'une manière toute spéciale, parce qu'il repose sur des observations tout à fait neuves auxquelles nous ont conduitlesnécessitésde lapratique et parce qu'il fournit une source de renseignements extrêmement précieux qui souvent à eux seuls dénoncent le crime.

Ces faits que je vais exposer ont été établis par des recherches qui nous sont communes, à M. le professeur Charles Robin et à moi (1] et dont la place est marquée dans celte étude. Elles ont un double objet ; appeler l'attention des médecins légistes sur certaines questions encore peu étudiées qui peuvent se présenter dans les cas d'infanticide, et donner en même temps le moyen de les résoudre en faisant connaître une nouvelle et très-importante application du microscope aux recherches médico-légales. Les éléments nous en ont été fournis par deux expertises qui nous ont été confiées il . y a une dizaine d'années à l'occasion de faits que nous exposerons succinctement, après avoir rappelé les données trèsincomplètes que possède la science sur le sujet qui nous occupe.

(1) Gh. Robin et A, Tardieu, Mémoire sur V examen microscopique des taches formées par le méconium et l'enduit fœtal pour sei^ir à V histoire médico-Ugale sur l'infanticide {Ann. d'hyg. publ. et de méd, lég., 2« série, 1857, t. VII).

A. TARDISU. — InfauUeide* ^0

2/i2 TACHES DE MÉCONIUM ET d'eNDUIT FQBTAL.

On a vu combien sont multipliées et diverses les questions qui surgissent, souvent de la manière la plus imprévue, dans les poursuites relatives au crime d'infanticide. Au nombre des plus délicates, il faut compter les constatations de taches diverses existant soit sur des draps de lit, soit sur des vêtements, et que Ton peut attribuer au contact du corps d'un fœtus ou d'un enfant nouveau-né. Il n'existe qu'un très-petit nombre de cas dans lesquels des recherches ont été entreprises pour résoudre ces questions. Cependant nous citerons, outre les expériences de M. Chevallier sur les caractères des taches formées par le liquide amniotique (1), une note publiée par M. Lassaigne (2) à Toccasion d'un rapport médico-légal dans lequel il avait eu à déterminer si des taches verdâtres déposées sur un drap de lit étaient produites par une certaine quantité de méconium du nouveau-né. Déjà Bouillon-Lagrange avait examiné le caractère de cette substance (3).

Le rapport de ce chimiste est assez peu connu, et d'ailleurs assez intéressant pour que nous croyons devoir en donner un aperçu rapide. Bouillon-Lagrange, après avoir fait connaître les expériences antérieures de Bayen et Deleurye, qui ont laissé une analyse du méconium, et dont le premier avait conclu que le méconium était un véritable excrément, mais un excrément laiteux déjà mêlé de bile, comme l'étaient ceux des adultes, expose sçs propres recherches.

(1) A. Chevallier^ Ann, dthyg. et de méd. lég., t. XLVIl, p. 397.

(2) Ussaigue, Ibid., 2* série, iS67, t.Vtl, p. 110.

(3) Ces recherches, rappelées par M. Lasiaigne daoa la note qiia nous venons de citer, ont donné lieu à une indication bibliographique inexacte^ que nous rectifions ici : Examen du méconium des enfants et de celui des agneaux, par M. Bouillon-Lagrange {Ànnaks de chimie, U LXXXVI, p. 209), et Suite du mémoire sur le méconium desenfmts et sur c^hidm agneaux, considéré sous le point de nue chimique {làid*^ X, UP^VU» p. 18)-

AVALYSS CmmOU^ DU vàQOmWH. 363

l,e méooamm provenant d'uo enfant sain et bien portant» randu ipjelques beuras après la nai9i»nce, de«»écbé et ré* duit en poudre^ était parsemé d'une infinité de petits poiU^ m point qn'iivant d'être pulvérisé on ne pouvait les séparer que difficileoiant, les molécules se trouvant entrelaeéei comme une étoffe feutréa. Il en a trouvé également dans la matière verte rendue par un enfant à la suite de tranobéas. Cette première observation a donné à Bouillon-Lagranga ridée de poursuivre ses expériences sur des méconiums de plusieurs enfants et de fœtus de différents ftgas que lui avaient procurés Gbaussier, Tous ces méconiums furent sé^ cbés aven soin, et tous ont donné les mêmes résultats. Des méconiums desséchés d'agneau ont présanté le même résultat, avec cette seule différence que les poils étaient blancs et analogues [k la laine, tandis que ceux )iui proviennent du méconium des enfants étaient de la nature des cbe« veux,

Nous croyons devoir citer les conclusions aus^quelles est arrivé Bouillon*Lagrange : V Le méconium d'un «nfant nou* veau-né, ou celui provenant d'un fqetus & plusieurs époques de la grossesse, est toujours de même nature; 3^ Lorsqu'il est frais, il contient 70 pour IQO d'eau; y Les divers méco-* niums examinés, ainsi que celui prônant des agneaux, sont mêlés de poils; &<^ Celui d'un enfant contient 2 centièmes d'une matière analogue au mucus nasal, 70 centièmes d'eau et 28 centièmes d^une substance que Ton peut regarder comme le méconium pur; 5*^ Il se rapproche beaucoup plus des substances végétales que des matières animales; 6^ Cette substance ne contient pas de bile^ comme on l'avait pensé : ainsi, le peu d'amertume qu'elle peut présenter parait plutôt se rapporter à l'amer des végétaux; 7" Le méconium des agneaux, desséché, a une odeur de musc, et dans sa composition il présente quelques caractères analogues au méco* nium d'enfant ; 8<» La matière colorée mêlée aux excréments

iUh TACflEâ Dfi MÉGONtUM fiT B^ENDUTr VCtTAU

que rendent les enfants, à la suite de tranchées, est purement végétale et combinée à une substance colorante verte et à de la graisse.

Dans toutes ces recherches, les savants que nous venons de citer avaient presque exclusivement porté leur attention sur des réactions chimiques, et s'étaient attachés surtout à des différences dans les proportions des divers éléments contenus dans les matières analysées et notamment de Talbumine. Cette voie ne pouvait conduire qu'à des résultats trop incertains et trop peu précis pour permettre des conclusions positives. Aussi, pour que la science ne restât pas au-dessous de ce que la justice attend d'elle lorsqu'elle fait appel à ses lumières, importait-il de prendre une autre direction et de puiser à une autre source les éléments de solution que l'analyse chimique et les caractères extérieurs des taches dont il s'agit ne pouvaient fournir.

C'est dans cette pensée que nous avons eu recours au mi* croscope^ qui a déjà éclairé plus d'un point de médecine légale, et dont il était permis d'espérer dans cette nouvelle circonstance le plus utile secours.

Nous exposerons d'abord les caractères extérieurs des taches produites par le contact du corps d'un enfant nouveau-né, puis les caractères normaux de l'enduit sébacé de l'épiderme fœtal et du méconium^ et enfin les résultats de l'examen microscopique des tachas formées par ces substances.

Des eâractères ex érlenrs des taehes prodattes par le eomtaet dv eorpa d*aii enfant nonvean-aé. — NouS ne pouvons mieux faire, pour donner une idée exacte des caractères extérieurs des taches produites par le contact du corps d'un enfant nouveau-né, que de reproduire la description de celles qui existaient dans les deux premiers cas soumis à notre observation. Cet exposé nous fournira en même temps

CARÀCTiRSS EXTÉRIEURS DES TÂCHES. 2&5

Toccasion de donner un aperça des circonstances dans lesquelles se sont présentées les questions médico-légales intéressantes et neuves que nous nous proposons d'étudier.

Dans le premier de ces faits, il s'agissait d'une fille R. dont l'enfant avait été retrouvé dans une fosse d'aisances, la tête écrasée par le passage à travers l'orifice étroit des latrines, qui alléguait, entre autres moyens de défense, qu'elle était accouchée à l'improviste pendant qu'elle était sur le siège même des lieux d'aisances. Mais outre les preuves tirées de l'état du cadavre de l'enfant, on saisit les vêtements de cette femme, qui présentaient des taches caractéristiques que M. le juge d'instruction Genreau nous fit l'honneur de soumettre à notre examen.

La robe de cotonnade bleue offrait sur le devant de la jupe une tache qui en occupait transversalement presque toute la largeur et qui, située à peu près au milieu de la hauteur, se prolongeait par quelques souillures irrégulières et sous forme de bandes jusqu'au bout de la jupe. L'aspect général de cette tache, sa disposition, son siège, ses dimen sions, donnaient très-nettement l'idée d'un corps long de 50 centimètres environ, qui aurait été enveloppé dans la juperelevée. Cette tache, d'un blanc grisâtre, formait dans plusieurs de ses parties une épaisseur due au dépôt d'une matière desséchée, compacte, graissant légèrement le tissu et qui s^enlevait aisément sous forme de lamelles. Quelques points offraient une teinte rougeâtre foncée et de petites écailles, manifestement dues au contact d'une petite quantité de sang.

Nous pouvons dire, dès à présent, que ces taches reconnues par les procédés qui vont être indiqués comme formées de sang et d'enduit sébacé, fournirent la preuve évidente que l'accusée n'était pas accouchée dans les conditions qu'elle indiquait et que le corps de l'enfant, loin de tomber

directfoietit dtt Min de sa mèni dans ta fosie, arail été Iransporté dans un pli de la robe et jeté dani les latrinéê. La condamnation prononcée dans cette affaire fut certainement déterminée en partie par la démonstration qui fut faite à i'ftudiencei devant le jury, des taches existant sur les vêtementsi

Le second fait est relatif à la ûUeB.^dotnestiqtte dans un château de TarroUdissement d' Aix, qui avait nié sa grossesse et avait voulu cacher son accouchement. Elle n^en fit Taveu que lorsque les médecins de la localité^ eurent constaté la nécessité de compléter la délivrance, et que le cadavre de son enfant eut été découvert dans une armoire. Cette fille nia avoir dotiué la mort à son enfant» Elle prétend qu'il a vécu environ deux heures, qu'elle l'a vu remuer^ qu'il n'a point Girié et qu'il a seulement poussé uûe espèce de râle. Elle l'aurait placé dans son liti à côté d'elle^ jusqu'au mo' ment où il a expii^.

Tout dans l'information semble démentir le système dé cette fille. Dès taches de sang trouvées sur la toile supé* rieure de la paillasse du lit de Cette fiUe^ et celles qui este* ttiient en même temps lur la toile inférieure du matelas» eemblaient indiquer par leur forme, leur nature» leur cou« leur et leut aspect, qu'elles ont pu être produites parla pré* sence du corps d'un enfant nouVeau-^né placé entre le ma* telas et la paillasse où il serait mort étoufié. Qette pfé« somption, dans la pensée du magistrat instructeur^ eût été bien plus évidente s*il eût été reconnu que Ces taches contenaient du sang» du méconium et de la matière aé» bacée. ^

Linculpée soutient que ces taûhéé proviennent d'un large drap de lit dont elle avait frotté le sol qui était imprégné de sang et qu'elle aurait caché à dessein entre la paiUesse et le matelas* Cette allégation ne peut être admise s car, d'une part» ce drap de lit qu'elle dit avoir laissé dans oet endroit

GARAGTJfcRSS SXtIrIEURS DBS TACHES. 147

n'y a pas été retrouvé^ et personne n'a déclaré l'en avoir retiré ; et d'une autre part, ce point a été robjet d'expé^^ riences spéciales instituées par les experts d'Aix, que nous croyons utile d'exposer d'une manière succincte.

Ces honorables médecins, dans le but de déterminer si les taches ont pu être produites par l'interposition d'un drap imbibé de sang, ont à plusieurs reprises placé un drap pelotonné et plus ou moins complètement imprégné de sang mélangé d'eau^ entre la paillasse et le matelas d'un lit sur lequel un homme est resté étendu pendant un certain temps pour que l'infiltration pût avoir lieu. Les taches qui ont été produites sur les deux toiles étaient beaucoup plus grandes que celles qui ont été constatées ; inégales, largement disséminées, pâles et offrant dans leur étendue des 6space3 tout à fait secs et une grande diversité de consistance et de cou* leur dans les points tachés de sang. De plus, la tache cor<^ respondante de la paillasse était sensiblement différente de celle du matelas.

Dans une autre série d'expériences^ un cadavre d'enfant long de 51 centimètres, pesant 2700 grammes^ a été enduit de sang sur toute la surfoce de son corps. La tête légèrement abaissée sur le sternum, les cuisses fléchies sur l'ab** domen, la face tournée vers le matelas, il a été placé ainsi entte un matelas et une paillasse, et après un cisrtain temps on a retrouvé sur la paillasse une tache régulière, à contours largement dessinés, de forme ovale, rétrécie sur son milieu^ offrant ^9 centimètres de long sur 21 de large dans ses plus grandes dimensions, présentant inférieurement deux petites tôtes arrondiesi séparées par un espace triangulaire. La par* tie située au-dessous du point rétréci présente un renflement assez marqué. Cette tache se reproduit exactement sur le matelas, conservant la même forme, mais offrant des dimensions un peu moindres.

Ouelfue importants que soîMt les résultats obtenus par

2&8 TACHES BB MiCONIUM ET B'ENDUIT FGETAL.

ces expériences, et quelque vraisemblables que puisse paraître les données qu'elles fournissent, les experts d^Aix reconnaissent, avec une grande loyauté, que la nature réelle des taches et notamment la présence du sang, du méconium et de la matière sébacée, ne peuvent être déterminées avec certitude que par l'examen microscopique.

Le paquet qui nous a été remis par suite de la commission rogatoire de M. le juge d'instruction d'Âix, contenait une toile de paillasse à carreaux blancs et bleus et une toile de matelas à carreaux semblables, qui nous ont présenté les particularités suivantes :

i"" Entre les deux ouvertures de la paillasse se voit une tache de IxU centimètres environ de longueur sur 16 de largeur. Cette tache est plus prononcée, sur la face de la toile de paillasse qui est extérieure, que sur celle qui est intérieure et touchait à la paille. Seulement^ sur cette face interne^ le liquide a collé des poussières qui donnent au linge une plus grande épaisseur, plus de dureté et une teinte plus grise que la couleur brun rougeâtre offerte par la face extérieure de la tache.

Du reste, cette tache est divisée en deux moitiés : Tune plus brune, plus foncée ; l'autre, plus grise^ rendant la toile moins dure que la première moitié.

La face inférieure du matelas présente une tache tout à fait semblable à celle de la toile de paillasse, tant pour la grandeur que pour la couleur et la dureté, différentes dans ses deux moitiés. La face de la toile de matelas qui est tournée vers le crin a retenu au niveau de la tache des flocons de crin dont les filaments sont agglutinés par un liquide brun qui les teint, et que nous avons reconnu pour du sang.

La manière dont la toile de paillasse et celle de matelas sont tachées, montre manifestement que les taches ont été produites : celle de la paillasse de haut en bas ; celle du

GARAGTiRBS EXTÉRIEURS DES TACHES. 2^9

matelas de bas en haut, c'est-à-dire que le liquide est venu d'un corps interposé à eux deux et a pénétré du dehors vers la paille d'une part, vers le crin d'autre part, substances qui n'ont été atteintes que lorsque la toile correspondante a été traversée par le liquide.

2® Sur la toile de paillasse, à 16 centimètres de la tache précédente, et à une égale distance de l'un des trous ménagés pour l'entrée des mains^ se voient à 3 centimètres l'une de l'autre deux petites taches qui n'ont pas leurs semblables sur les parties correspondantes de la toile de matelas.

Ces deux petites taches sont longues, l'une de 15 millimètres sur U de large, l'autre de 10 millimètres sur 5 de large. Elles se présentent sous forme de petites croûtes^ la première d'un brun rouge, l'autre d'un brun verdâtre. Ces deux petites taches ou croûtes sont sur la face libre de la toile de paillasse tournée vers le matelas^ et ne traversent pas la toile, en sorte qu'on ne les voit pas sur la partie de celle-ci qui touche à la paille. Elles ont par conséquent été faites par un corps placé entre la paillasse et le matelas, mais non dans la cavité de celle-là.

3" Au bout de la toile de paillasse, sur sa face tournée vers la toile de matelas, est une tache irrégulière de la grandeur des deux mains environ ; elle est grisâtre, marbrée de brun rouge et de brun verdâtre vers les bords. Elle traverse la toile, mais elle est manifestement moins prononcée du côté de la paille que du côté opposé de la toile. Sur cette tache, et à 16 centimètres l'une de l'autre^ se voient des pellicules grisâtres, minces comme de la pelure d'oignon, large de 1 à 2 centimètres, et à surface iin peu brillante. Nous verrons bientôt que ces pellicules sont formées d'épiderme^ que les portions brun rouge de la tache sont dues à du sang^ et les portions verdâtres à du méconium. Sur la face inférieure du matelas, dans la portion correspondante à la tache de la toile de paillasse, existe aussi une tache analogue, mais plus lé-

350 TACHK DB MÉCOHIUII l¥ D'EHDUIT VORAL.

gère et ne traversant pas la toile, dont elle ne macule que la face libre, et non celle qui touche le crin.

Sur un bout de cette légère tache se voient deux pellicules rapprochées Tune de Tautre, nuiis ne correspondant pas h l'une de celles qui adhèrent à la tache de la toile de matelas. La plus grande a 2 centimètres de large, l'autre 1 centimètre à peine. Nous verrons qu'elles sont formées, comme celles de la toile de paillasse, par de l'épiderme. Leur adhérence aux deux faces contiguôs des toiles de paillasse et de matelas (sans que rien leur corresponde sur les portions de toile touchant la paille d'une part, le crin de l'autre) montrent suffisamment qu'elles ont été laissées par un cotps interposé à ces deux objets de literie.

Enfin, à côté de la tache notée ci*contre sur la toile de matelasj se voient deux petites oroûtas d'un brun rouge^ brillantes à la lumière de la bougie, qu'elles réfléchissent, comme le font les taches de sang. L'une est large de 2 cen* timètres, Pautre de i. Elles sont asset épaisses, roidçs, friables. Elles ne traversent pas la toile de matelas* Nous avons constaté qu'elles étaient formées par un peu de caillot sanguin»

Des •mrmeiéwm aoraMiax dm VtmémÈt méhmméf ém l'épi*

derBM foBtei et do MéeoBliiBi* — Nous étudierons succès* siveroent ces différentes matières (enduit fœtal, épiderme. des nouveau-nés et méconium) dans les conditions natu-* relies, afin d'en déterminer les caractères histologiques exacts et d'avoir un point de comparaison certain pour apprécier la nature et l'origine des taches que Ton supposera formées par elles.

Enduit fœtal dans les conditions naturelles, — La quantité de Tenduit sébacé varie singulièrement, comme on sait, d'un fœtus à l'autre : tel enfant naît couvert d'un enduit blanchâtre, a le corps réellement blanc ou d'un blanc rosé|

eARAOriBlS HISTOiOaiQUSS NORMAUX. 351

à côté d^un autre qui a la peau d'un rose plus ou moins vif| satis enduit notable susceptible de masquer la couleur du tégument. Ce sont là des variétés individuelles qu'il n'est pas inutile de noter dans la question qui nous occupe» mais qu^il ne faut point rapporter à Teau de l'amnios, comme quelques auteurs ont cru devoir le faire. Dans l'un et l'autre cas, en raclant légèrement la peau du nouveau-né avec un instrument à lame mousse, ou la frottant avec un linge sec> on recueille les mêmes substances, en plus ou moins grande quantité, selon l'état de la peau. On peut par le pre<^ mier de ces moyens recueillir asseï d'enduit fœtal {smegrna cHiOfié ou fœial) pour en remplir de petits tubes et l'étudier ensuite, Aooumulé ainsi en certaine quantité, il se présente avec l'aspect du saindomt; il en office la consistance et la oottlettr, un peu plus jaunÀtre seulement. Mais sa consistance ne vArie pas de la même manière avec la température, fin usant du second moyen d'enlever le smegma cu« tané, il faut racler ensuite le linge avec un scalpel, et délayer dans l'eau mêlée d'un peu de glycérine, ou dans ce dernier liquide pur, le produit obtenu. Dans l'un et l'autre cas, la Substance obtenue se délaye difficilement dans Teau, comme toutes les matières grasses. Elle reste obstinément adhérente aux aiguilles, et il faut l'étaler sur la lame de verre porte-^bjet avant d'y lyouter le liquide et de la recouvrir d'une lamelle mince.

L'etamen, comme celui de toutes les matières dont il va être question dans ce mémoire, doit en être fait à un grossissement de 500 diamètres réels (1), objectifs i? ou 6 et oculaire 2 des microscopes de Nachet.

L'enduit sébacé peut être reccmnu comme entièrement

(1) Gh. ftobin, Du microscope et des injections, etc. Paris, i6â9, in«8, pféfftes^ p, un, et V (MUrtis, p. 131 et 147.

252 TACHES DE MÉCOIIIUM ET D'BHÛDIT TOBTAL.

formé de deux sortes de matières visibles au microscope^ savoir : 1* des cellules épithéliales principalement, et 2^ des granulations graisseuses en quantité tellement minime^ qu'il faut donner beaucoup d'attention à leur examen pour ne pas omettre d'en faire mention.

Les cellules épithéliales sont pavimenteuses^ mais plutôt polyédriques, lorsqu'elles sont libres, qu'aplaties, si ce n'est lorsqu'elles sont pressées les unes contre les autres. Leur diamètre est de 2 à 3 centièmes de millimètre, rarement de 15 millièmes. Leurs angles sont ordinairement mousses, peu réguliers. Leurs bords n'ont pas également, sur toutes, la netteté qu'ils offrent dans beaucoup de cellules épithéliales. Elles sont transparentes, incolores, très-souvent plissées, ou marquées de très-fines lignes pâles irrégulières ou rectilîgnes, se joigoant les unes avec les autres sous des angles variés. Ces cellules manquent complètement de noyau. Elles ne sont pas granuleuses, ou le sont à peine. Il est rare que les granulations qu'elles renferment soient graisseuses, mais il est facile de voir, à la manière dont les bulles ou des couches d'air restent adhérentes aux cellules et en gênent l'examen, puis à la difficulté avec laquelle l'eau les humecte^ qu'elles sont enduites naturellement d'un liquide de nature graisseuse.

Les caractères qui précèdent sont, du reste^ ceux des cellules épithéliales qui tapissent les glandes sébacées annexées aux poils, forment par leur accumulation les comédons^ distendent souvent les glandes^ les dilatent, et en font des kystes sébacés. Leur nature de cellules épithéliales des glandes pileuses, et point de cellules de l'épiderme, est plus facile à reconnaître lorsque, au milieu des cellules décrites plus haut^ et plus ou moins irrégulières ou plissées^ on en trouve qui sont vésiculiformes, globuleuses, régulières, transparentes, telles qu'on en voit fréquemment dans les

CA&ACT&RES HISTOLOfîlQUBS NORMAUX. 253

kystes sébacés, les camédons, etc. On ne peut presque pas faire une seule préparation de Tenduit fœtal sans en obser* ver un certain nombre qui offrent ces caractères.

L'emploi des réactifs chimiques est peu utile dans Texamen de ces cellules; nous noterons seulement que Tacide acétique les pâlit, la glycérine également^ et en même temps elle les gonfla Ma peu, en arrondit les bords et les rend plus nets.

Nous avons dit qu'on trouve dans Tenduit fœtal une petite quantité de granulations graisseuses. Elles sont fort petites^ larges dei k U millièmes de millimètre, jaunes au centre, à contour foncé. Elles sont presque toutes adhérentes à la surface des cellules, mais on n'en trouve pas sur chacune d'elles.

Ces gouttes ou granulations graisseuses n'ont rien de spécial ici; elles ne sont pas non plus assez nombreuses pour qu'il soit possible de s'appuyer sur leur présence ou sur leur absence dans un cas quelconque pour en inférer quoi que ce soit sur la nature des taches.

Épidémie fœtal dam les conditions naturelles. — Les cellules de Tépiderme du fœtus sont un peu plus larges que celles du smegma cutané. Elles ont de 4 à 5 centièmes de millimètre en général ; elles sont plus transparentes, trèsminces, aplaties^ imbriquées, plus régulièrement polygonales^ souvent contigués par leurs bords, et juxtaposées en mosaïque; aucune n'offre Taspect vésiculiforme et la forme sphéroïdale comme certaines des précédentes. Leurs bords sont pâles, nets, leurs angles généralement bien déterminés, non arrondis. A la surface de l'épiderme, elles sont à peine granuleuses, quelquefois marquées de fines et pâles stries à leur superficie, dépourvues de noyaux et presque tout à fait sans granulations ; plus profondément on en trouve quelques-unes qui offrent parfois un assez grand nombre de granulations grisâtres. On les obtient rarement

iSk TAGSB3 Dl KiCOVIUll VF D'EMUHIT FIITAL.

isoléM, mais au contraire imbriquéei en lamelles plua ou moins grandes ; là elles sont assez fortement adhérentes les unes aux autres, les lignes qui les limitent sont très-pftles, souvent difficiles à apercevoir lorsqu'on n'a pas rhabitude de les observer. Le mode d'imbrication, joint aux caractères propres à chaque cellule en particulier, donne à ces lamelles placées sous le microscope un aspect tout spécial. Souvent, sur le bord des lambeaux d'épithélium repliés en double, on aperçoit les cellules de côté ou par leurs bords au lieu de les voir de face. On constate alors trèsnaettement quelle est leur épaisseur et leur mode de superposition qui donne lieu à un aspect fort élégant. On remarque comment repaisseur des cellules va en diminuant et leur largeur en augmentant, à mesure que du côté du derme on les observe plus près de la surface libre de l'épiderme. Là elles sont très-minces et dépourvues de noyaui, tandis que du côté du derme elles en possèdent souvent. Enfin, sur les lam* beaux d'épiderme un peu étendus, on trouve d'espace^ en espace les orifices des glandes sudoripares et ceux des follicules pileux. Ils sont facilement reconnaissables et donnent à la préparation un aspect très-càractéristique. Gela est dû à la manière dont les cellules sont disposées oonoentrique** ment autour de Torifice. Du reste^ souvent le lambeau d'ëpi<» tbélium étant vu de côté ou un peu écrasé, il ne présenta pas d'orifice proprement dit, c'est-à-dire n'est pas percé de part en part; mais le conduit sudoripare ou pileux se recon^ naît à ce que, des cellules vues de face et polygonales qui Tavoisinent, on passe graduellement à des cellules qui semblent de plus en plus étroites, parce qu'elles sont vues d'abord un peu inclinées, puis de plus en plus de côté à mesure qu'on s'approche davantage de l'orifice. Autour de celui*ci elles sont vues directement par la tranche, de telle sorte que leurs lignes de contact, d'abord très*éeaftées, le sont de moins en moins, de manière à former^ autour d'un centre

. CÀlAGTtaSS QlSTOIMIOiniS HOUUUX. SSS

représenté par l'orifice, ane séria de Ugnei disposées oon* centriquemeat d'uue façon fort élégante. Du reste, januûi une description seule ne pourra donner une idée parfaite de Taspect si particulier offert par ce petit o^ne ; mais une fois qu'on Ta vu, on ne saurait Toublier, et il est trés-ea-> ractéristique parce que l'épiderme seul offre une disposition semblable autour des orifices glandulaires ou pileux dont il est percé,

Méconium étudié dans let canditùmê naturelt€$9 -^Tout le monde connaît les caractères extérieurs du méconium au moment de la naissance. Il est brun ou brun verdAtret vis^ queux, tenace, adhérent aux doigts ou aux linges, U présente ces caractères à partir du sixième mois de la vie intra-uté-* rine et même plus tôt. Dans les premiers mois il est plus gri** sAtre, ce qui est dû à la présence d'une grande quantité de gaines épithéliâles des villosités de l'intestin grêle mélangées aux parties constituantes du méconium dont nous allons parler.

Le méconium offre, comme véhicule en quelque sorte, un mucus transparent tenace qui tient en suspension tous les éléments dont il va être question, Par lui-même il est peu caractéristique, parce que la plupart des omtiéres muqueuses^ quelle que soit leur origine, offrent la même transparence et le même aspect finement strié que Ton peut constater ici. Ces 3tries sont, du reste, importantes à étudier dans tous les mucus. Elles sont ordinairement parallèles les unes aux autres en certains points, et s'écartent de plus en plus de manière à disparaître complètement par places. Il est, du reste, difficile de donner par une description une idée nette de ces dispositions à qui ne les a pas vues. Ko outre, comme ces caractères disparaissent totalement ou presque totalement par la dessiccation, ils sont peu utiles pour les cas du Çenre de celui qui nous occupe.

Dans ce mucus se voient d'abprd beaucoup de granuia*

25^ TACHES BB MÉGONIUll Et &*ENDtIT FOETAL.

lions moléculaires gris&tres^ très-petites, éparses d'une manière à peu près uniforme, et quelques granulations graisseuses, larges de 1 à 6 millièmes de millimètre environ. Avant remploi des réactifs elles peuvent déjà être reconnues par leur coloration jaunâtre, leur centre brillant et leur contour foncé.

On rencontre encore dans le méconium des cellules épi^ théliales prismatiques (cylindriques des auteurs). Elles sont peu abondantes à Tépoque de l'accouchement, et il faut chez quelques sujets faire plusieurs préparations avant d'en rencontrer. Avant le sixième et surtout avant Je cinquième mois de la grossesse elles abondent, au contraire^ forment une grande partie du méconium et sont encore disposées en lambeaux plus ou moins grands et en gaines, reproduisant exactement la forme des villosités de la surface desquelles elles se sont détachées.

A répoque de la naissance, les cellules prismatiques qu'on trouve sont tantôt isolées, tantôt juxtaposées en nombre plus ou moins grand. Elles sont généralement peu régulières, à bords moins nets que ceux des cellules prises à la surface même de la muqueuse; elles sont en même temps plus granuleuses, et laissent encore voir leur noyau ovoïde. On distingue pourtant leur extrémité adhérente ou la plus étroite de l'extrémité libre un peu plus large qui était tournée vers la cavité de l'intestin. La plupart sont teintes en jaune verdâtre par la matière colorante de la bile. Il est facile de reconnaître la nature de ces cellules, lorsque déjà on a vu les cellules semblables qu'on rencontre dans la bile prise dans la vésicule du fiel.

A partir du septième mois environ de la vie intra-utérine, on rencontre dans le méconium des cristaux de cholestérine; ils n'existent généralement que trois fois sur cinq fœtus observés, maison peut dire que leur présence estuor-maie; tandis que dans la bile^ pendant la vie extra-utérine,

CARACTÈRES HISTOLOGIQU£S NORMAUX. 257

on ne les rencontre que pathologiquement. Lorsqu'ils exis-> tant dans le méconium, leur présence est très -caractéristique à cause de la netteté de leurs attributs, et de plus ils sont assez nombreux pour être rencontrés facilement dans chaque préparation.

Dans le méconium, les cristaux de cbolestérine sont généralement petits, relativement à ce qu'ils sont dans la plupart des régions où on les trouve pathologiquement. Leur forme de lamelles transparentes losangiques, à bords et angles très-nets, leur superposition et imbrication en nombre plus ou moins considérable, les font reconnaître au premier coup d'œil, avant môme qu'il soit besoin de recourir à remploi des réactifs chimiques.

La partie constituante qui prédomine dans le méconium et le caractérise essentiellement, se compose de grains ou grumeaux de la matière colorante verte de la bile (biliver-' dine ou bilifulvine). Cette matière qui, à l'état normal, durant la vie intra-utérine, existe à l'état liquide seulement mêlée intimement, molécule à molécule, au mucus ou sérum biliaire, se trouve ici à l'état solide ou demi-solide, en petits grains insolubles ou distincts; tandis que le mucus biliaire et intestinal qui les tient en suspension reste incolore. lis sont seulement maintenus agglutinés les uns aux autres par ce mucus, mais il est facile de les isoler.

Ces granules ou grumeaux de matière colorante sont globuleux quelquefois, ovoïdes le plus souvent, ou polyédriques à angles arrondis. On peut d'un sujet à l'autre les trouver la plupart polyédriques ou, au contraire, presque tous ovoïdes et arrondis. Ils sont remarquables par leur couleur d'un beau vert lorsqu'ils sont vus par lumière transmise sous le microscope. Quelquefois ils offrent une teinte jaunâtre ou mieux jaune verdâtre. Pour être nettement constatée, cette couleur, qui est très-caractéristique en ce que nulle autre partie du corps ne la présente, doit être examinée à la lu-

A. TARDtBC. ^ Infantîcidd. 47

256 TAcao» os MÉGOHimi fiT o^BNDmr irafitÂL.

mière blanclie des nuagei». Ytis à la lumière jaune ol^ngè de la lampe, ils prennent Due teinte violacée ou grise à reflets violéfci qui e^t moin^ caractéristique. Le contour dé ces grains ou grumeaut est net, plus pâle que le centré t celuici est généralement homogène, quelquefois un peu granuleui.

Le diamètre de ces grains est de S à 30 et même M millièmes; la plupart ont de 10 à 20 millièmes. Ce seul caractère suffit pour empêcher de les confondre avec quelque variété que ce soit des granules de h matière colorante verte des plantes.

L'emploi de l'acide nitrique permet de constater, sur ces grains placés sous le microscope, les changements de couleur quMl détermine dans la matière colorante de la bile ; seulement c'est la coloration violacée qui est seule nettement reconnaissabie. Cette réaction, dont l'usage est du resté inutile pour reconnaître la nature de ces corps, doit être observée à l'aide de la lumière blanche des nuages, et non avec celle de la bougie.

Chez les enfants nés depuis douze à vingt-quatre heures let ajrant déjà tété, le méconium est encore tenace, mais d'un gris verdâtre. On y trouve les mêmes éléments qui, dans tout autre méconiunà, même les cristaux de cholestérîne, seulement les granules verts de matière colorante y sont peu abondants. La couleur grisâtre est due principalement à la présence d'un grand nombre de cellules épithéliaies pavimenteuses, pàles^ la plupart sans noyaux, quelquefois plus foncées par suite de la présence d'un grand nombre de granulations jaunâtres. Ces cellules sont généralement étalées, quelques-unes plissées; rarement elles sontimbriquées. Leur grande ansdogie avec celles qu'on troiive à cet âge à la lurface de l'épiderme pharyngo-œsophagien ne permet pas dé douter qu'elles ne proviennent de ces oiganes, d^où elles ont été détachées et entraînées par les premiers mouvements de déglutition.

ÉXÀÙEN StîCROSGOPlQUE» 259i

■««iiiea mler^seoplqile des taehes formées |^ar Feadvdi •ébaeé, l'éplderaie fcBCal et le Mtéeonleiii. — Nous SOInmeS

maintenant en mesure de faire Inapplication des données qui précèdent, et d'aborder directement et pratiquement Fétude des caractères npécifiques des taches formées par Tenduit sébacé, par Tépidermc fœtal, et par le mêconium. Il nous suffira de reprendre à ce point de vue l'examen des taches qui existaient sur les tissus soumis à notre examen dans les deux affaires que nous avons précédemment rapportées.

Nous prendrons spécialement pour exemple le second fait, non moins significatif et plus complet que le premier.

Examen des taches que ron suppose formées par f enduit sebacé et Vépidermje fœtal. — Ayant saisi avec des pinces de petits lambeaux des pellicules qui adhéraient aux toiles de la paillasse et du matelas, nous les avons laissé tremper quel* ques heures dans des verres de montre contenant de Teau. Ils y sont devenus mous, plus transparents, faciles à dilacérer.

Portés sous le microscope entre deux lames de verre et examinés à un grossissement de 500 diamètres, tous se sont montrés composés de cellules épithéliales pavimenteuses, semblables à celles de l'épiderme superficiel du corps des fœtus à terme. Toutes ces cellules étaient imbriquées régulièrement ; çà et là on voyait des orifices glandulaires ou des follicules pileux, reconnaissables par l'imbrication concentrique des cellules épithéliales et par les lignes qui les circonscrivent. Nous y avons même vu un petit nombre de poils du duvet qu'on trouve sur le corps des fœtus et parfaitement reconnaissables à leur forme et à leur structure propres.

Les cellules épithéliales étaient minces, aplaties, polygonales à 5 ou 6 pans, larges en moyenne de 4 à 5 centièmes de millimètre. Leurs bords sont minces, réguliers. La plupart sont peu granuleuses, ou du moins ne renferment que des

260 TACHES DÇ MBGONIUM ET d'ENDUIT FOETAL.

granulations moléculaires fines^ grisâtres. Quelques-unes pourtantsont plus foncées par suite de la présence d'un plus grand nombre de granulations et du plus grand volume de celles-ci. Aucune cellule ne contenait de noyau.

L'acide acétique et la glycérine rendaient les cellules plus pâles, plus transparentes, sans pourtant les dissoudre, et en même temps permettaient de les dissocier plus facilement.

Nous avons, en outre, rencontré, à la surface des lambeaux d'épidenne, des granulations microscopiques de forme et d'aspect divers^ que leurs caractères extérieurs et leurs réactions chimiques nous ont fait reconnaître pour des grains de poussière.

De l'examen des caractères de structure ci-dessus comparés aux caractères en tout semblables que présente l'épîderme des fœtus et des nouveau-nés, nous avons conclu que ces pellicules grisâtres étaient formées par de l'épiderme détaché de la surface du corps d'un nouveau-né, par suite de pression avec frottement entre la paillasse et le matelas, et resté adhérent à chacune des faces de ces objets de literie avec lesquelles il était en contact.

Dans l'examen des taches mêmes qui entouraient les pellicules épidermiques que nous venons de décrire, nous avons rencontré quelques cellules épithéliales un peu plus petites que celles de l'épiderme proprement dit, et se rapprochant beaucoup des caractères offerts par celles du smegma cutané. Mais leur nombre était peu considérable, el nous n'avons pu y trouver des caractères aussi probants que ceux fournis par l'épiderme qui, du reste mieux que tous les autres tissus, démontre qu'un enfant a été placé entre la pailla3seet le matelas et a fourni la matière des taches qu'on observe, soit par le sang qu'il a répandu, soit par l'eau de Tamnios dont il était humecté lorsqu'il y fut placé. Examen des taches que Von suppose foires par dumécontum»

£XAM£N MICROSCOPIQUE. 261

— Après avoir enlevé avec des ciseaux une portion des parties de toile à paillasse portant des taches que Ton soupçonne être dues à la présence du méconium, nous les avons placées dans des capsules contenant de l'eau pure à la température ordinaire.

Nous avons vu peu à peu la matière de ces taches se gonfler et plus que doubler de volume en moins d'une demiheure.

Ayant ensuite enlevé par le raclage la substance gonflée, rayant placée entre deux lames de verre après l'avoir étalée légèrement^ nous l'avons examinée à un grossissement de 500 diamètres réels.

Nous avons reconnu alors que cette matière qui, en se gonflant^ avait pris une teinte verdâtre et une certaine viscosité, se composait des éléments suivants :

Elle nous a présenté une matière muqueuse incolore^ parsemée de granulations grisâtres et de quelques granulations graisseuses, telles que celles qu'on trouve dans les mucus intestinal et biliaire.

Nous y avons rencontré, en outre, quelques rares cellules d'épithélium prismatique de Tintestin^ reconnaissables à leur forme, à leur longueur, qui était de 4 centièmes de millimètre, sur une largeur de 6 à 8 millièmes. Toutes étaient finement granuleuses, teintes légèrement en jaune verdâtre, mais la plupart dépourvues de noyau. Comparées à des cellules épithéliales prismatiques prises dans le méconium d'un enfant nouveau-né, elles nous ont offert des caractères identiques.

Des cristaux sous forme de lamelles très-minces, incolores, transparentes, rhomboïdales, isolées ou superposées les unes aux autres^ existaient en certaine quantité dans cette matière. Indépendamment delà similitude de ces caractères avec ceux qui sont propres à la cholestérine en général, nous avons reconnu leur identité avec ceux du méco-

262 TACHES DE MÉGONIVll KT Q'EHDUIT rCETÀL.

nium rendu en notre présence par des enfonts nouveau-nés et examiné comparativement à la matière des taclies.

Enfin cette matière des taches s'est présentée à noua comme co^iposée principalement de granules de couleur verte^ dont le volume variait de 5 à 3i^ millièmes de millimètre. Beaucoup étaient ovoïdes, mais la plupart, surtout les plus gros, étaient un peu polyédriques à angles arrondis. Leurs bords étaient nets, plus pâles que leur centre. Traités par Facide nitrique, ils ont pris rapidement une teinte rougeâtre passant bientôt au brun violet, réaction propre à la matière colorante de la bile. Examinés comparativement au méconium d'enfants nouveau-nés, ces corps nous ont offert une identité complète de caractères avec ceux qu'on trouve abondamment dans le méconium normal^ et lui donnent principalement sa couleur propre.

Ayant ainsi trouvé dans la matière de ces taches tous les corps qui entrent dans la composition du méconium normale nous en avons conclu qu'elles étaient réellement formées par cette substance.

Nous avons trouvé, en outre^ dans la matière des taches un certain nombre de filaments cylindriques, larges de 1 à 2 centièmes de millimètre, les uns incolores, les autres teints en bleu et offrant d'espace en espace de petites nodosités ou articulations. Enfin ces diverses matières étaient mélangées d'un assez grand nombre de granulations microscopiques, très-ir régulières, de volume variable, dont plusieurs se dis* solvaient dans l'acide chlorhydrique étendu avec dégage* ment de gaz. Ayant examiné comparativement des toiles de paillasse et de matelas qui n'étaient pas tachées, en raclant légèrement leur surface mouillée, nous avons retrouvé les mômes filaments et les mêmes grains de poussière. Les fila^ ments étaient identiques, chacun en particulier, avec ceux dont nous venons de parler, et les granulations microscopiques irrégulières, considérées dans leur ensemble, étaient

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