‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 101 sur 113 · ÉTUDE MÉDICO-LÉGALE SUD 1/ AVORTEMENT · texte numérisé non relu

ÉTUDE MÉDICO-LÉGALE SUD 1/ AVORTEMENT

affaires d'avortement, m’a semblé devoir êlre à la fois plus étendue et mieux limitée. Dans cette vue, jai demandé aux faits eux-mêmes, recueillis et analysés avec soin, les éléments d’une connaissance plus complète, plus circonstanciée, et par suite d’une appréciation plus pénétrante et plus sûre. J’ai opposé aux ténébreuses manœuvres des coupables, aux subtilités et aux mensonges dans lesquels ils s’enveloppent, la seule lumière des faits, Et, si je ne m’abuse, je me crois autorisé à dire, en résumant cette étude, que le rôle du médecin, appelé à éclairer la justice dans la poursuite d'un crime, qui est trop souvent l’opprobre de la profession médicale, ne doit plus se borner à la constatation de lésions matérielles, dont l’absence n’exclut pas la possibilité des violences criminelles. Averti des conditions dans lesquelles se placent ordinairement les auteurs du crime d’avortement, de leurs procédés, de leurs moyens habituels de défense, instruit, d’une autre part, des effets qui peuvent résulter des manœuvres abortives soit pour la mère, soit pour le produit de la conception, l’expert a le devoir de rapprocher toutes ces circonstances, et de comparer les caractères de l'avortement criminel avec la fausse couche naturelle ou accidentelle, et même au besoin avec les opérations chirurgicales que l’art conseille et que la science approuve. 11 recueillera ainsi des indices et des preuves dont la justice saura peser la valeur, et qui, d’après la jurisprudence aujourd’hui consacrée par de nombreux arrêts, suffiront dans bien des cas pour assurer la répression d’un crime que la doctrine contraire laisserait trop souvent impuni.

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