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AMÉNORRHÉE, DÉVELOPPEMENT DU VENTRE, ETC

Obs. II. — Grossesse apparente produite par une tympanite intestinale (1).

Une jeune dame éprouve quelque temps après son mariage une suppression de règles, accompagnée de dégoût, de salivation, de nausées, de légers vomissements, de gonflement dans les seins. Le ventre se tend peu à peu. A l’époque du quatrième mois, cette dame sent des mouvements intérieurs qu’on prend pour ceux de l’enfant. Elle se porte d’ailleurs très-bien, conserve son embonpoint ; ses digestions se font avec facilité. Les mamelles filtrent une sorte d’humeur laiteuse ; l’aréole brunit; tout, en un mot, fait croire à l’existence d’une bonne et vraie grossesse. Levret qui devait accoucher cette dame le pensait ainsi. La mort ayant enlevé cet accoucheur, on fait choix pour le remplacer de Baudelocque qui fait sa première visite avec Lorry. Ce médecin en portant la main sur le ventre de la dame dit qu’il sent les mouvements de l’enfant. Bandelocqne porte à son tour la main sur le ventre, sent un mouvement intérieur, mais déclare que ce n’est pas là le mouvement d’un enfant, il touche, trouve la matrice petite, non développée et dans un très-grand état de maigreur. 11 annonce qu’il n’existe pas de grossesse, et que la tension des parois du ventre est due à de l’air contenu dans les intestins. Vingt-quatre heures après cet examen, la dame éprouve quelques douleurs et pense que son accouchement va se terminer. Se croyant à la fin du neuvième mois de sa grossesse, elle prépare tout ce qui lui est nécessaire, se couche et fait appeler Baudelocque qui revient, touche une seconde fois et porte le même jugement. Peu de temps après il se manifeste des coliques qui sont suivies de l’expulsion d’une trèsgrande quantité d’air par l’anus et de l’affaissement du ventre.

On doit encore indiquer l’ascite comme rentrant dans les faits de cet ordre. Mais il est bien entendu que l’affection organique se présente ici avec les signes qui lui sont propres et qui doivent rendre l’erreur plus difficile.

Il n’en est pas de même dans ces gonflements du ventre que l’on pourrait appeler idiopathiques, et qui sont le

(1) Murat, Dictionn. des sciences médic ., art. Grossesse , p. 422. Cette observation est la même que celle qui est citée par Baudelocque dans son livre (l'Art des accouchements. Paris, 1789, t. II, p. 658).

degré le plus simple, la forme élémentaire, en quelque sorte, des grossesses fausses.

Ods. III. — Grossesse dite nerveuse simple (1).

Une jeune femme de vingt ans, ayant déjà eu un enfant, présente un développement considérable du ventre et de l’utérus sans cessation des régies, sans aucun mouvement dans le ventre, et qui disparaît tout à coup au bout d’un an sans issue de liquide ou de gaz par la vulve.

Enfin les cas de grossesse simulée se bornent quelquefois à la grossière supercherie d’un ventre postiche. Marc ne suppose pas d’autre simulation que celle qui a lieu au moyen de coussins appliqués sur l’abdomen (2). Bœcler, sous un titre qui semble promettre beaucoup, publie une observation complètement dépourvue d’intérêt (5). Il s’agit simplement d’une mendiante qui simulait une tuméfaction considérable du ventre au moyen d’un sac qu’elle portait sous les vêtements, et dont la fraude protégée par son refus opiniâtre de se laisser examiner, ne fut découverte qu’à sa mort. L’auteur, qui est saisi, à ce sujet, d’une indignation beaucoup trop vive, fait suivre son récit de plusieurs autres observations qui n’ont trait qu’à des fausses grossesses par hydropisie ou par maladie organique de l’utérus.

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