‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 21 sur 113 · INFANTICIDE PAU HÉMORRHAGIE OMBILICALE · texte numérisé non relu

INFANTICIDE PAU HÉMORRHAGIE OMBILICALE

L’hémorrhagie ombilicale a longtemps occupé une place considérable dans l’histoire médico-légale de l’infanticide; elle tenait le premier rang parmi ces causes qui produisaient la mort du nouveau-né par omission, et que l’on opposait au meurtre direct ou par commission. On considérait qu’au nombre des soins que réclame le plus impérieusement le nouveau-né au moment où il vient de naître, et où il doit être séparé de sa mère par la section du cordon, la ligature

DES DIFFÉRENTS GENRES D’iNFANTICIDE.

de l’extrémité ombilicale de ce cordon était le pins urgent et celui dont l’omission faisait courir au nouveau-né le plus de dangers. Fodéré, dans un mémoire qui est un chefd’œuvre de critique et d’observation (1), a parfaitement résumé les diverses opinions des médecins légistes sur ce point.

En fait, l’hémorrhagie ombilicale est l’une des causes de mort que l’on a le moins souvent à constater dans l’infanticide, bien que le cordon n’ait presque jamais été lié chez les enfants qui périssent victimes de ce crime. Il y a, dans cette double circonstance, une contradiction apparente qui a besoin d’être expliquée et sur laquelle nous devons insister.

Le défaut de ligature du cordon n’entraîne pas nécessairement l’hémorrhagie: c’est là un premier point incontestable. Le cordon, il n’est pas inutile de le rappeler, est tantôt coupé par une section nette, tantôt rompu et comme arraché. Dans ce dernier cas qui rappelle assez bien la manière dont les femelles d’animaux divisent avec les dents le cordon de leurs petits, l’écoulement du sang est naturellement arrêté par l’espèce d’attrition qu’ont subie les vaisseaux, et par la rétraction et l’occlusion qui se sont opérées presque immédiatement. Mais lorsque le cordon a été coupé et que les vaisseaux restent béants au niveau de la section, s’il peut arriver que le sang continue de couler, souvent aussi il ne tarde pas à s’arrêter spontanément.

Il y a à faire ici, en effet, une distinction nécessaire généralement omise par les auteurs, et que M. le docteur

Lorain (2) a eu le mérite de mettre dans tout son jour. Le

(1) Fodéré, Coup d'œil historique et critique sur les diverses opinions des médecins légistes , relativement à l’hémorrhagie ombilicale considérée comme cause de la mort des nouveau-nés (Bull, delà Soc. méd. cl’ émulât. Paris, juin 1809).

(2) Lorain, De la fièvre puerpérale (thèse citée) .

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