‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 39 sur 113 · CHAPITRE V I · texte numérisé non relu

CHAPITRE V I

DES CONSTATATIONS PROPRES A ÉTABLIR LES CIRCONSTANCES DANS LESQUELLES S’EST ACCOMPLI LE CRIME D’iNFANTICIDE.

Nous avons déjà indiqué un grand nombre de particularités qui se rapportent au procédé criminel employé, au lieu où l'infanticide a été commis et aux actes divers qui l’ont suivi et qui sont de nature à éclairer la justice sur l’auteur du crime et sur les circonstances dans lesquelles il a été accompli. Mais il est un dernier ordre de faits sur lequel je dois insister d’une manière toute spéciale, parce qu’il repose sur des observations tout à fait neuves auxquelles nous ont conduit les nécessités de la pratique et parce qu’il fournit une source de renseignements extrêmement précieux qui souvent à eux seuls dénoncent le crime.

Ces faits que je vais exposer ont été établis par des recherches qui nous sont communes, à M. le professeur Charles Robin et à moi (1) etdont la place est marquée dans cette étude. Elles ont un double objet : appeler l’attention des médecins légistes sur certaines questions encore peu étudiées qui peuvent se présenter dans les cas d’infanticide, et donner en même temps le moyen de les résoudre en faisant connaître une nouvelle et très-importante application du microscope aux recherches médico-légales. Les éléments nous en ont été fournis par deux expertises qui nous ont été confiées il y a une dizaine d’années à l’occasion de faits que nous exposerons succinctement, après avoir rappelé les données trèsincomplètes que possède la science su le sujet qui nous occupe.

(1) Ch. Robin et A. Tardieu, Mémoire sur l’examen microscopique des taches formées par le méconium et l’enduit fœtal pour servir à V histoire médico-légale sur l’ infanticide {Ann. d’hyg. publ. et de méd. lég ., 2e série, 1857, t. VII),

a. TARDIEU. — Infanticide.

2â2 TACHES DE MÉCONIUM ET D'ENDUIT FOETAL.

On a vu combien sont multipliées et diverses les questions qui surgissent, souvent de la manière la plus imprévue, dans les poursuites relatives au crime d'infanticide. Au nombre des plus délicates, il faut compter les constatations de taches diverses existant soit sur des draps de lit, soit sur des vêtements, et que l’on peut attribuer au contact du corps d’un fœtus ou d’un enfant nouveau-né. Il n’existe qu’un très-petit nombre de cas dans lesquels des recherches ont été entreprises pour résoudre ces questions. Cependant nous citerons, outre les expériences de M. Chevallier sur les caractères des taches formées par le liquide amniotique (1), une note publiée par M. Lassaigne (2) à l'occasion d’un rapport médico-légal dans lequel il avait eu à déterminer si des taches verdâtres déposées sur un drap de lit étaient produites par une certaine quantité de méconium du nouveau-né. Déjà Bouillon-Lagrange avait examiné le caractère de cette substance (3).

Le rapport de ce chimiste est assez peu connu, et d'ailleurs assez intéressant pour que nous croyons devoir en donner un aperçu rapide. Bouillon-Lagrange, après avoir fait connaître les expériences antérieures de Bayen et Deleurye, qui ont laissé une analyse du méconium, et dont le premier avait conclu que le méconium était un véritable excrément, mais un excrément laiteux déjà mêlé de bile, comme l’étaient ceux des adultes, expose ses propres recherches.

(1) A. Chevallier, Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XLVII, p. 397.

(2) Lassaigne, Ibid., 2e série, 1857, t. Vil, p. 119.

(3) Ces recherches, rappelées par M. Lassaigne dans la note que nous venons de citer, ont donné lieu à une indication bibliographique inexacte, que nous rectifions ici : Examen du méconium des enfants et de celui des agneaux, par M. Bouillon-Lagrange ( Annales de chimie, t. LXXXVI, p. 209), et Suite du mémoire sur le méconium des enfants et sur celui des agneaux , considéré sous le point de vue chimique {Ibid., t. LXXXVI I,

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