‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 46 sur 113 · INFANTICIDE FAR FRACTURE DU CRANE · texte numérisé non relu

INFANTICIDE FAR FRACTURE DU CRANE

Observ, XII. — Infanticide par suffocation et strangulation.

Autopsie à la Morgue, le 1 7 janvier 1 864, de l’enfant de la jeune G. trouvé le 1 4 janvier dans un puits.

Nouveau-né à terme, vigoureusement constitué. Enduit sébacé encore abondant à la tête et sur le corps.

Cordon coupé net à 28 centimètres de l’insertion abdominale.

Au-devant du cou et de la poitrine plusieurs ecchymoses en forme d'impressions digitales.

Poumons très-volumineux. — Nombreuses ruptures vésiculaires et ecchymoses sous-pleurales. — Cœur, sang lluide.

Estomac contenant seulement quelques mucosités, pas du tout d’eau.

Né vivant, a vécu et respiré.

Étranglé et étouffé par pression violente exercée avec la main sur le cou et sur la poitrine, ni accident ni difficultés de la délivrance ; corps jeté dans le puits privé de vie.

Observ. XIII, — Infanticide par enfouissement dans du poussier

de charbon.

Autopsie de l’enfant de la fille F.. , né à terme, du sexe féminin ; cordon lié ; poussier de charbon sur la face et dans le nez, 1 œsophage et l’estomac, pas dans la trachée.

Poumons très-volumineux, rouge foncé; taches noires, apoplectiques sur le bord inférieur; emphysème, sang noir fluide; excoriations sur les reins, gonflement et ecchymose des pieds.

Mort résultant de la suffocation opérée par l’obstruction des voies aériennes au moyen de la poussière de charbon et par une forte pression exercée sur la bouche et sur le nez.

Trace de violences indiquant les efforts faits pour assurer l’étouffement de l’enfant.

Infanticide par fracture du crâne.

Observ. XIV. — Infanticide par fracture du crâne et suffocation.

Autopsie le 22 décembre 1852, de l’enfant nouveau-né de la fille S., sexe féminin; cordon non coupé, rompu à 36 centimètres; corps souillé de boue, desséché.

Face aplatie, nez et lèvres sans déchirure ni excoriation, téguments du crâne dans toute leur étendue soulevés par un épanchement de sang coagulé énorme, toute la voûte traversée par des fractures multiples qui partent des deux pariétaux.

Poumons surnagent, très-aérés, à leur surface, et sur le cœur quelques petites ecchymoses purulentes.

Estomac, mucus spumeux.

RAPPORTS ET CONSULTATIONS

Point d’ossification des fémurs; sur le dos, les genoux, les cuisses, nombreuses et profondes ecchymoses.

1° Enfant nouveau-né à terme viable, bien conformé.

2° A vécu et respiré assez longtemps pour que la respiration complète et la déglutition s’opèrent.

3° Mort résultant des fractures du crâne.

4° Ces fractures sont produites par l’écrasement de la tête. Elles ne peuvent en aucune façon être rapportées soit à une chute accidentelle, soit au travail de l’accouchement.

5° De nombreuses contusions, suite de violences, existent sur le tronc et les hanches.

6° L’état du poumon, les ecchymoses que nous avons constatés à leur surface indiquent que des efforts ont été faits pour élouffer les cris de l’enfant et qu’un commencement d’asphyxie a eu lieu.

Observ. XV. — Infanticide par fracture du crâne.

Autopsie à Bondy, le 9 avril 1849, du cadavre d’un enfant nouveau-né du sexe féminin, bien constitué; cordon coupé à 35 centimètres par un instrument peu tranchant.

Point osseux du fémur.

Tête. — Épanchement de sang considérable en partie coagulé sous les téguments du crâne ; double fracture des os du crâne siégeant près de la tempe droite jusqu'à la bosse pariétale et au sommet de la tête près de la suture sagittale; ces deux fractures sont le résultat de violences exercées sur le crâne, elles sont linéaires et accompagnées de chevauchement des fragments osseux. L’épanchement existe en même temps à l’intérieur du crâne. A la face, nulle trace de blessure ; pas d’ecchymoses autour de la bouche et de l’orifice des narines; pas de violences autour du cou.

Les organes thoraciques surnagent; poumons volumineux violacés; cœur plein de sang coagulé.

Viscères abdominaux sains, estomac renfermant du mucus verdâtre; gros intestin plein de méconium :

1° Le cadavre que nous avons eu à examiner est celui d’un enfant nouveau- né du sexe féminin, né à terme, viable et vigoureusement constitué ;

2° Cet enfanta vécu, il a respiré;

3° La mort est le résultat de la double fracture du crâne et de l’épanchement de sang qui l’a suivie;

4° Ces fractures ont été produites par des violences directes, et non par le travail naturel d'un accouchement difficile.

Observ. XVI. — Infanticide par fracture du crâne.

Autopsie, le 4 octobre 4 854, de l’enfant nouveau-nélissu de la fille

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D..., sexe masculin, 1. kilogramme 60 grammes 41 centigrammes; pas de point osseux dans les fémurs ; cordon arraché au niveau de l’insertion abdominale, adhérent au placenta qui est sain et long de 52 centimètres.

Tête envahie par une putréfaction qui contraste avec la conservation du reste du corps, circonstance qui tient aux lésions profondes dont elle est le siège et à l’infiltration du sang dans les tissus. En effet, d'une part la face est aplatie et comme écrasée; lèvres, yeux, nez déformés par des excoriations et des contusions profondes ; os du crâne fracturés en tous sens par une forte pression ; épanchement de sang en poche sur le crâne; pas de trace de ponction de piqûres ou de lésion directe des téguments du crâne.

Organes thoraciques, extraits en totalité de la poitrine, surnagent ; les deux poumons, quoique incomplètement distendus par l'air, en contiennent cependant assez pour surnager, soit en entier, soit par portion et après avoir été comprimés sous l’eau ; le cœur contient un peu de sang liquide.

Viscères abdominaux sains; estomac vide.

1° Le cadavre est celui d’un enfant nouveau-né parvenu au septième mois de la vie intra-utérine et qui, quoique né avant terme, est peut-être considéré comme n’étant pas viable.

2° Cet enfant a vécu et respiré.

3° La mort est le résultat de l’écrasement de la tête et des violences exercées directement sur le crâne.

Observ. XVII. — Infanticide par fracture du crâne.

Autopsie, à la Morgue, le 9 mars, de l’enfant nouveau-né de la fille F...

Né à terme ; vigoureux : 3 kilogrammes. Cordon arraché au niveau de son insertion abdominale; non lié.

A la face, au front, au nez, à la lèvre, six très-larges ecchymoses avec parcheminement de la peau ; infiltration de sang coagulé dans toute l’épaisseur de la lèvre supérieure. Tête broyée: sang et substance cérébrale épanchés dans une vaste poche formée par le cuir chevelu. L’os du crâne emboîte ces fragments nombreux à droite et à gauche.

Abcès au cou.

Signes de respiration évidente ; poumons très-pâles avec quelques taches ecchymotiques sous-pleurales, ponctuées. Cœur vide ou à peu près. Rien dans l’estomac que des mucosités.

Tué par broiement de la tête; fracture ne résultant pas d’une chute accidentelle, ainsi que le prouvent l’étendue des désordres, la profondeur des lésions et leur siège a la face et des deux côtés du crâne. Forte pression exercée sur la tête.

Observ . XVII f. — Infanticide. Enfouissement dans le fumier,

Fracture du crâne.

Autopsie à l'hôpital de Lourcine, le 1 9 juillet ! 848, du cadavre d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin, provenant de la fille Y., inculpée d’infanticide.

Enfant de petites dimensions; cordon déchiré, imparfaitement lié. Point épiphvsaireà peine apparent du fémur.

Tête. — Fracture des deux pariétaux, à gauche surtout. Épanchement considérable de sang, près de I centimètre, coagulé et recouvrant le sommet de la tête et la région temporale gauche, avec ecchymose et excoriation à la bosse frontale de ce côté.

Ecchymoses à la poitrine, au bras gauche; coups d’ongles sur les avant-bras

Poitrine. — La bouche renferme une certaine quantité de matière verdâtre provenant du fumier. Pas d’ecchymoses autour de la bouche ni sur les lèvres. Poumons volumineux, surnageant, parsemés à la surface de très-nombreuses ecchymoses sous-pleurales, pénétrant dans le tissu pulmonaire, sur lequel elles tranchent par leur couleur noirâtre. Pas de lésions dans le pharynx.

Cœur volumineux, contenant du sang tout à fait liquide.

Abdomen. — Viscères abdominaux sains: estomac contenant une grande quantité de fumier mêlé de salive aérée. Méconium en partie rendu au dehors.

1° Le cadavre que nous avons eu à examiner est celui d’un enfant nouveau-né, du sexe féminin, né au commencement du neuvième mois de la vie intra-utérine, ayant vécu et respiré.

2° Il présente de nombreuses traces d’ecchymoses; contusions sur les bras et sur le tronc.

3° La tête a été brisée. Les fractures multiples qui existent sur le crâne ne sont pas le résultat du travail de l’accouchement ou de la chute accidentelle du corps au moment de la délivrance, mais bien de la projection violente de la tête contre une surface dure.

4° La mort est le résultat de l’asphvxie produite par l’occlusion de la bouche et des voies aériennes, au moyen du fumier dans lequel l’enfant a été plongé.

5° La vie et la respiration ont persisté pendant assez longtemps, ainsi que l’indiquent l’état des poumons et la présence dans l’estomac de la salive aérée et du fumier que l’enfant a pu avaler.

Observ. XIX. — Infanticide par fracture du crâne. Folie hystérique.

Visite de la dame de K. . . , le 28 août 1832, et autopsie d’un enfant nouveau-né.

La dame de K., , levée, sans expression de douleur, vêtements

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en désordre, chemise d’une malpropreté révoltante, jambes nues, entourées seulement d’une jarretière de cuir, pieds chaussés de pantoufles dépareillées et tombant de vétusté, attestant un singulier oubli d’elle-même, dit avoir ignoré sa grossesse et n’avoir reçu aucun avertissement de sa délivrance. Nous constatons chez elle l’existence d’un écoulement sanguin, développement de matrice, gonflement des seins, caractéristiques d’un accouchement tout récent.

Cadavre de nouveau-né du sexe féminin, très-volumineux; cordon ombilical coupé net, à 10 centimètres. Point osseux complètement formé dans les fémurs.

Déformation du crâne; aplatissement du côté gauche au-dessous de l’œil ; sur les ailes du nez, sur les lèvres, des excoriations, des ecchymoses; empreintes d’ongles et de doigts. Ecchymoses sur le haut du bras gauche et sur le dos de la main.

Au-dessous du cuir chevelu, vaste épanchement de sang coagulé qui recouvre toute la surface du crâne. Fracture multiple comprenant le frontal, le pariétal et le temporal gauches, avec écrasement et enfoncement des fragments avec épanchement dans le crâne.

Organes thoraciques surnageant; poumons très-volumineux, crépitants. Pas d'ecchymoses sous-pleurales. Cœur vide et revenu sur lui-même.

Viscères abdominaux sains: estomac distendu par une grande quantité de salive avalée.

Conclusions : 1 0 La dame de K... est tout récemment accouchée; son état ne s’oppose pas à ce qu’elle soit transférée hors de son domicile.

2° L’enfant nouveau -né, à terme, viable, très-vigoureusement constitué.

3° A vécu et respiré; vie assez longue pour avoir pu avaler la salive.

4° La mort de cet enfant est le résultat de l’écrasement de la tête et des fractures profondes produites par les violences qui ont été exercées sur la tête Ces lésions ne peuvent être attribuées au travail naturel de l’accouchement, non plus qu’à la chute accidentelle du corps.

Observ. XX. — Infanticide par fracture du crâne.

Autopsie du cadavre de l’enfant nouveau-né issu de la fille Chardon.

Etat extérieur. — Le cadavre que nous avons examiné est celui d’un enfant nouveau-né du sexe masculin, du poids de 1 kilogramme et demi, long de 41 centimètres. Le cordon ombilical a été, non pas coupé, mais rompu à 16 centimètres de son insertion abdominale. Les extrémités des fémurs ne contiennent pas de point osseux encore

RAPPORTS ET CONSULTATIONS

bien formé. Au coude et au genou, on trouve des ecchymoses profondes, et les apophyses des os sont déchirées.

Télé. — Les téguments du crâne sont soulevés par du sang coagulé, qui forme une couche très-épaisse, surtout à droite. Dans ce point existe une fracture très-étendue, à fragments multiples, avec déchirure delà dure-mère et issue de la substance cérébrale, occupant tout le pariétal droit.

Poitrine. — Les organes thoraciques, extraits et plongés dans un vase plein d’eau, surnagent en totalité. Les poumons, quoique peu volumineux, sont cependant rosés et presque complètement distendus par l’air. Us ne sont le siège d’aucune lésion.

Abdomen. — Les viscères abdominaux sont à l’état normal. L’estomac est vide.

Conclusions. — De l’examen qui précède, nous concluons que :

1° Le cadavre que nous avons examiné est celui d’un enfant nouveau-né, parvenu au huitième mois de la vie intra-utérine, viable et bien conformé.

2° Cet enfant a vécu et respiré.

3° 11 a succombé à une fracture du crâne produite par un coup très-violent ou par la chute du corps d’un lieu très-élevé.

4° Cette fracture, ainsi que la lésion des membres, ne peut être attribuée, ni aux difficultés du travail, ni à quelques circonstances accidentelles de l’accouchement.

Observ. XXI. — Infanticide par écrasement de la tête. — Enfant

ayant vécu sans avoir respiré.

En vertu d’une Commission rogatoire de Cognac (Charente-Inférieure), en date du 10 octobre 1 857, j’ai rédigé la consultation suivante :

Avant d’en aborder la discussion, nous croyons utile de préciser les faits en rappelant succinctement les points principaux qui résultent des constatations faites par M. le docteur Tercinier, tant sur la femme C... que sur le cadavre de son enfant. Nous devons dire en commençant que les détails consignés dans le rapport de notre honorable confrère sont aussi complets que possible et ne laissent rien à désirer, et que ses descriptions, par leur remarquable netteté et le cachet d’exactitude qu’elles portent, faciliteront singulièrement la tâche qui nous est confiée.

Nous ne nous arrêterons pas à l’examen dont la femme C... a été l’objet, et qui a établi de la manière la plus évidente le tait de sa délivrance récente. Il n’y a à cet égard aucune difficulté, aucune contestation possible. Nous ne nous occuperons que de ce qui est relatif à l’enfant nouveau-né, issu de cette femme, et nous aurons à

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