‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 51 sur 113 · EXAMEN DE TACHES · texte numérisé non relu

EXAMEN DE TACHES

donnait une roideur analogue à celle des linges empesés et traversait toute l’épaisseur du drap.

Après avoir découpé l'étoffe portant les portions de taches dont nous avions à déterminer la nature, nous les avons fait se ramollir et se gonfler par imbibition lente en laissant tremper un des bords de la toile dans une solution concentrée de phosphate de soude. Ce liquide, en ramenant la matière des humeurs desséchées à leur état de mollesse naturelle, permet ensuite de déterminer la nature des éléments constitutifs essentiels et caractéristiques de ces humeurs, éléments qui restent inaltérés au contact de cette solution.

Avant ensuite soumis à l’examen microscopique la matière gonflée et ramollie qui formait ces taches, nous y avons constaté :

1° L’existence de nombreux globules rouges caractéristiques du sang. 2° La présence de la fibrine, l’un des éléments caractéristiques du sang, abondante surtout dans certaines parties du bord de la grande tache qui avait le plus la roideur du linge empesé. 3° L’existence aussi d’un petit nombre des éléments appelés globules blancs du sang. 4° Toutes ces parties constituantes du sang caractéristiques des taches formées par cette humeur épanchée étaient accompagnées de nombreuses cellules microscopiques de l’épiderme humain, soit isolées, soit imbriquées et réunies en petites lamelles incolores. Ces cellules qu'on trouve adhérentes à tous les linges de corps qui ont été plus ou moins longtemps en contact direct avec la peau humaine étaient larges, sans noyau central, mais plissées et chiffonnées comme elles le sont lorsqu’elles proviennent de l’épiderme de l’adulte.

Nous n’avons trouvé au milieu de ces éléments aucune des cellules qui constituent Y enduit sébacé du fœtus et le caractérisent.

Nous n'avons également pu y découvrir aucun des éléments du méconium ni rencontrer des taches ayant l’aspect de celles que forme cette matière des déjections fœtales lorsque, soit seule, soit mêlée d’urine, elle est frottée contre quelque étoffe, bien que nous l’ayons recherchée avec soin par les moyens appropriés dans les portions, peu étendues du reste, des bords de la grande tache qui offraient une légère teinte brun verdâtre sale et pâle.

Toile de matelas. — Cette toile de matelas quadrillée, tissue de coton, nous a présenté vers son milieu une grande tache arrondie large de 50 à 55 centimètres dans tous les sens, traversant toute l’épaisseur de l'étoffe et se reproduisant avec la même forme sur les deux faces. Les bords de cette tache se terminaient insensiblement pour se confondre peu à peu avec la teinte blanc pâle de l’étoffe. Sa couleur était roussâtre pâle. Elle était surchargée de huit taches plus foncées, larges de 2 à 10 centimètres, d’un rouge brun foncé, empesant l’étoffe et à bord bien délimité.

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La substance formant la matière de la tache roussâtre pâle ne nous a montré que quelques globules rouges du sang peu nombreux, mais ni fibrine, ni globules blancs. Nous y avons trouvé les particules irrégulières de matière minérale qu’on trouve dans toute poussière d’origine étrangère au corps humain répandue dans les étoffes.

Cette tache nous a paru être formée par du sang arrivé par imbibition jusqu’à la toile de matelas après avoir traversé une autre étoffe et avoir laissé sur celle-ci ses constitutifs les plus abondants tels que la fibrine et la plus grande partie de ses globules rouges.

Les huit taches plus petites, plus foncées, empesant la toile de matelas et comme superposées à la tache précédente, nous ont présenté tous les éléments constitutifs du sang que nous avions trouvés dans la matière de la grande tache du drap de lit, savoir de nombreux globules rouges de la fibrine sur le bord des taches et quelques globules blancs.

Nous n’y avons trouvé que de rares cellules de l’épiderme humain, sans éléments de méconium, ni de l’enduit sébacé du fœtus.

Ces taches manifestement formées par du sang, nous ont paru devoir provenir ou de sang épanché directement à la surface de lu toile de matelas ou encore pouvant provenir de sang qui coulant abondamment sur un drap de lit appliqué contre le matelas aura laissé du sang passer entre les fils avant coagulation de ce liquide.

Serviettes de toile. — Les deux serviettes nous ont présenté tant sur les bords qu’en divers points de leurs surfaces de nombreuses taches irrégulières, ayant depuis quelques millimètres de large jusqu'à plusieurs centimètres. Quelques-unes avaient des bords nets; les autres confondaient insensiblement leur teinte avec la couleur propre à l’étoffe. La plupart de ces taches étaient roussâtres ou d’un rouge pâle ; les autres avaient une teinte jaune rougeâtre pâle et un peu foncée.

Examinées d’après les mêmes procédés qui nous avaient servi à déterminer la nature des taches précédentes, celles-ci nous ont offert les mêmes éléments que la tache roussâtre pâle de la toile à matelas.

Elles nous ont paru, d’après cette constitution, avoir été produites par de la sérosité sanguinolente plutôt que par du sang proprement dit, sérosité presque dépourvue de globules du sang dans quelquesunes de ces taches et qui aurait pu être essuyée à l’aide de ces serviettes.

Examen du contenu de la petite caisse. — Cette boîte, ainsi que l’indiquait l’étiquette scellée au sceau de M. le commissaire de police et portant la signature de ce magistrat, renfermait plusieurs centaines de fragments de papiers provenant de lettres déchirées, elr.,

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