DES MOYENS DIRECTS EMPLOYÉS POUR PROCURER
l’avortement.
Les moyens violents prévus par la loi qui punit l’avortement, c’est-à-dire les manœuvres directes, sont donc en réalité les principaux, sinon les seuls moyens auxquels recourent les auteurs ordinaires de ces sortes de crimes; et c’est à les bien connaître que l’on doit surtout s’attacher pour les poursuivre plus sûrement.
Une première remarque à faire, c’est que les procédés employés sont très-peu variés et ne diffèrent guère que par des points très-secondaires; et que, d’une autre part, si dans certaines circonstances ils laissent des traces matérielles évidentes, il peut très-bien se faire que l’on n’en trouve absolument aucune. Or, dans ce dernier cas même, la justice, il est bon de le redire, n’est pas désarmée pour peu que l’expert la guide dans l’appréciation des moindres détails du fait et sache donner à chacun d’eux sa véritable signification. Les développements dans lesquels je vais entrer, rigoureusement déduits des observations que j’ai pu recueillir, méritent à tous ces titres la plus sérieuse attention.
Ces manœuvres, considérées d’une manière générale, consistent toutes en opérations plus ou moins simples, plus ou moins grossières, pratiquées sur la matrice. Or il n'est pas besoin de connaissances anatomiques et physiologiques bien étendues ni même bien positives pour savoir que l’introduction d’un corps étranger dans l’intérieur de l’utérus chez une femme enceinte, et la lésion des mem-