‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 78 sur 113 · DE LA CONSTATATION DES SIGNES DE L’AVORTEMENT · texte numérisé non relu

DE LA CONSTATATION DES SIGNES DE L’AVORTEMENT

comme pouvant en être la conséquence ; car c’est ainsi que doit être posée la question ; non plus réduite à quelques indications négatives, mais agrandie de toutes les données fournies parles circonstances de faits antécédentes et actuelles qui peuvent se rattacher à l’avortement.

Si c’est sur un cadavre que portent les recherches médico-légales, pour être plus libres et plus étendues, elles ne sont pas toujours plus faciles ni plus décisives. En effet, si on laisse de côté pour un instant les piqûres et les blessures apparentes de la matrice qui décèlentpar elles seules l’emploi d’un instrument vulnérant, on se trouve en face d’altérations phlegmasiques du péritoine, de l’utérus ou des organes voisins, communes à des maladies de nature et d’origine très-différentes. Mais, dans ce cas même, j’atteste que, pour peu que l’on veuille pénétrer au delà de la surface, et regarder les choses avec plus d’attention qu’on n’a coutume de le faire, on saisira quelques particularités, quelques caractères distinctifs, qui pourront être très-légitimement mis à profit pour l’histoire de l’avortement.

Je ne m’arrêterai pas aux signes de la mort par hémorrhagie qui peuvent exister seuls chez les femmes qui succombent à la suite de manœuvres abortives. Je ne reviendrai pas non plus sur l’absence possible de toute lésion; je m’en tiendrai à l’étude de l’état de la matrice.

Un premier fait, qui est le principe même de toutes les autres constatations, c’est celui de f expulsion plus ou moins récente d’un produit de conception. L’utérus doit en conserver les marques, quelquefois même il contiendra l’œuf non atteint par l’instrument, ou dont la mort a devancé l’expulsion : mais dans Lun et l’autre cas nulle difficulté. Les lésions caractéristiques de l’inflammation du péritoine et de la matrice rfont, pas besoin d’être décrites. Mais le pointsur lequel je veux insister, c’est la limi-

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