‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 79 sur 113 · CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

CHEZ LA FEMME

talion des désordres que l’on trouve le plus ordinairement beaucoup plus marqués au col de la matrice que dans la cavité du corps, et qui meme, lorsqu’ils sont plus étendus, ne se généralisent pas comme dans la péritonite puerpérale qui suit l’accouchement à terme. Ce caractère me paraît avoir d’autant plus d’importance que je l’ai retrouvé plus frappant encore dans les cas où j’ai eu à constater les suites tardives d’un avortement déjà ancien. Un cancer consécutifàdeux opérations abortives très-douloureuses, occupait uniquement le col de la matrice, avec fistule vésicoet rectovaginale. Les désordres étaient tout à fait locaux, et le corps de l’utérus était intact. Dans un autre cas, il existait une métrite chronique, caractérisée par l’épaississement elle ramollissement delà membrane muqueuse qui sécrétait une matière sanieuse et putride. Le tissu de la matrice était, dans une portion de son étendue, manifestement ramolli et d'une couleur grisâtre, qui tranchait avec la consistance et la coloration du reste de l’organe. Autour de la matrice s’était formé un vaste foyer purulent qui se propageait jusque dans la gaine du muscle psoas. Dans un cas récent, le pus s’était fait jour par l’ombilic et la femme succombait après quatre mois à une métro-péritonite chronique avec fausses membranes indurées.

La forme de cette inflammation de l’utérus ne me semble pas moins caractéristique que la localisation des désordres circonvoisins. La métrite chronique simple, distincte de toute dégénérescence cancéreuse et si nettement tranchée, ne se concevrait guère sans une cause directe analogue aux manœuvres abortives.

J’arrive aux faits plus tranchés dans lesquels les organes génitaux portent la trace matérielle des violences qu’ils ont subies. Que celles-ci consistent en simples piqûres, en déchirures, en perforations, elles ont toujours un ca-

Tardieu. Avorleuient. 3 édition. 5

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