‹ Étude médico-légale sur l'infanticide [electronic resource]Chapitre 23 sur 50 · INFANTICIDE PAR EMPOISONNEMENT · texte numérisé non relu

INFANTICIDE PAR EMPOISONNEMENT

J'ai réservé pour la fin l'empoisonnement, dont le rôle est excessivement restreint et l'on pourrait dire nul dans l'infanticide. J'ai bien rencontré dans mes études sur ce genre de mort, quelques cas d'empoisonnement observés sur des enfants à la mamelle. Mais il ne s'agissait pas de nouveau-nés.

Ce n'est guère que par accident que des enfants ont pu être empoisonnés dans les premiers jours qui suivent la naissance, et l'on ne peut considérer ces faits que comme des infanticides par imprudence. La substance vénéneuse administrée est presque exclusivement Topiuin ou quelqu'un de ses dérivés, le laudanum, le sirop thébaïque, les gouttes noires ou toute autre préparation donnée en vue d'apaiser les coliques ou de faire cesser les cris de l'enfant. Le nouveau-né ne peut supporter l'opium à quelque dose que ce soit, et la prohibition doit être absolue.

Je sais qu'on a cité de véritables infanticides commis à l'aide de substances vénéneuses. Slingenberg (1) rapporte, d'après Mende, deux cas d'empoisonnements commis par

(t) Slingenberg, Dissert, medic. fovens de bifanticid. Groningen, 1834, p. 99.

208 DES DIFFÉRENTS GENRES d'INFANTICIDE.

des mères sur leurs nouveau-nés: l'un par l'orpiment, l'autre par du verl-de-gris. H regarde d'ailleurs ce genre de morl comme fort rare.

J'ai vu deux enfants, non plus tout à fait nouveau-nés mais âgés seulement, l'un de quelques jours, l'autre de quelques semaines, périr en peu d'heures pour avoir télé une éponge qu'on leur avait introduite dans la bouche, imbibée d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique. Tous les tissus atteints par ces liquides avaient été corrodés et détruits.

J'en mentionnerai dans le chapitre suivant d'autres exemples imputés à des femmes folles.

Je ne terminerai pas cette étude des genres de mort que l'on observe dans l'infanticide, sans rappeler que je n'ai pas à revenir sur les causes de mort naturelle ou accidentelle qui peuvent saisir l'enfant dans le sein de sa mère ou au moment de sa naissance, et que j'ai déjà indiquées en parlant des moyens de reconnaître si un enfant nouveauné est né vivant et a vécu, et en appréciant la valeur de la docimasie pulmonaire, notamment dans les cas, soit defaiblesse congénitale et d'immaturité du nouveau-né, soit de maladies contractées durant la vie intra-utérine^ et apportées en naissant : la syphilis, la pneumonie, la péritonite, la variole. Ces causes de mort sont manifestement étrangères à l'infanticide.

Résîfmé des modes d'infanticide. — La plupart consistent en violences meurtrières, et que beaucoup plus rarement la mort est le résultat d'une négligence plus ou moins volontaire. Le médecin appelé à procéder à l'autopsie d'un nouveau-né doit, avant tout, se proposer pour but de constater à des signes certains la véritable cause de la mort sans se laisser arrêter par une idée préconçue. Amsi l'hémorrhagie ombilicale a défrayé longtemps de la ma-

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