NATURELLE
1" L'enfant est entouré d'un tissu végétal assez grossier absolument adhérent aux téguments.
2° Ce tissu n'est pas suffisant pour Tavoir mis à l'abri des larves de mouches qui auraient pu pondre à sa surface.
3° Ces larves auraient certainement dévoré les tissus de l'enfant s'il avait été abandonné sur le sol immédiatement après la mort.
L'enfant a donc été enfoui assez profondément ou desséché avant d'avoir été abandonné. Cette dernière hypothèse est la plus probable vu l'état de conservation du cadavre;
4° Les animaux qui se trouvent actuellement dans les tissus sont :
A. Des Acares (à faire déterminer par M. Mégnin), mais on en trouve dans tous les endroits humides et riches en matières organiques.
B. Des chenilles d'Aglosses, papillons voisins des Teignes et se nourrissant de matières grasses.
De cette dernière circonstance on peut inférer que le cadavre est relativement récent (de l'été dernier probablement). S" — On ne trouve pas de Dermestes qui n'auraient pas manqué d'attaquer un cadavre plus ancien et débarrassé de matières grasses (comme les pelleteries, par exemple).
NOTE SUR LA FORMATION ET LA , DURÉE DE LA COLONIE AGARIENNE QUI EXISTE SUR UNE MOMIE d'ENFANT, PAR M. MÉGNIN.
La momie d'enfant en question est couverte d'une couche de pulvérin /brunâtre qui est exclusivement composée de dépouilles d'acariens et de leur fèces. Cette couche est plus ou moins épaisse suivant les régions, mais
on peut dire qu'elle a en moyenne 2 millimètres d'épaisseur. A la surface du corps je n'ai plus trouvé d'acariens vivants, mais dans l'intérieur du crâne il y a encore une colonie nombreuse grouillante et pleine d'activité au milieu d'un pulvérin bien plus abondant qu'à la surface du corps. Tous ces acariens appartiennent à une seule espèce : le Tyroglijnhus longior de Gervais (1) qui vit exclusivement des acides gras et des savons ammoniacaux qui se forment à la surface des matières animales en état de décomposition sèche, comme les préparations anatomiques dites naturelles, la croûte des fromages secs, eruvère et autres, etc. Pour calculer le nombre de ces acariens et par suite déduire connaissant les lois de leur développement, le temps qu il leur a fallu pour former des colonies de ce chiffre, j'estime à 3000, chiffre rond, d'après un calcul approximatif, le nombre de centimètres carrés que présente le développement de la peau de l'enfant momifié, y compris la surface interne de la cavité acarienne : Or, je compte par millimètre cube, au moins 4 T,-Pn<,lvnhps ou leur dépouille ou leurs œufs, ce qui me donne par centimVtîfca'r é 'sur deux millimètres d'épaisseur 800 acariens. Ce chiffre de 800 X Sinor c = 2 400,000, c'est-à dire pour toute la surface du corps à l'intérieur du crâne 2 millions 100 mille Tyroglyphes morts ou vivants, morts surtout.
La cobnie a eu pour origine quelques nymphes hypopiales apportées par des Diptères, des Coléoptères ou des Myriapodes; c'est toujours fnsi que se flmPHt les colonies de ce groupe d'acariens ainsi que je l'ai démontré (2); et cela proavr^^^^^^ momie'au moment où elle a été envahie par les acariens itait accessible aux insectes venant de l'extérieur. O^saU par les observations directes faites par M. Fumouze sur ce même On f'\ff '2t l ,l) et par celles que j'ai faites moi-même sur des espèces f en res aut^^^ TyrogljpL mycophagus ^loco c.ïa^o) qu'une
* ^ ^a.i n,-{><; la même proportion que suivent les sarcoptes). (C'est à P««P ^^JJ^'^ d'un seul couple, dans la colonie, I million
Ainsi, après trois mois u e 2,400,000 obtenus plus
500 mille ^"'l'^^J;; • ^^\Jl\°'^^'Tfe former environ 5 mois, et c'est un grand haut, nous verrons qu 1 * «ns a se ^ ^^^^^^^ ^^^^^ ^^p^^^
ïelle qui a servi de base i me» calcul».
^\?)* Fumouze {Journal de l'anatomie, n" 3, -1867).