‹ Étude médico-légale sur l'infanticide [electronic resource]Chapitre 46 sur 50 · INFANTICIDE PAR BLESSURES · texte numérisé non relu

INFANTICIDE PAR BLESSURES

ce qui est plus probable, qu'un obstacle ait été opposé à la respiration qui commençait à s'établir chez cet enfant au moment de sa naissance.

4° L'ensemble des signes observés sur le corps de l'enfant trouvé dans la rivière d'Aulne peut être rapporté, eu égard au degré de putréfaction, à. un séjour de dix h quinze jours dans l'eau. D'un autre côté, l'état des parties génitales de la fille Marguerite Bernard, ainsi que celui de ses seins, indiquent un accouchement qui peut remonter à la date de la submersion de l'enfant ; mais il est impossible d'assigner à cet égard des époques très précises.

5° L'ensemble des conditions dans lesquelles se sont accomplis les quatre accouchements de la fille Marguerite Bernard, la facilité de son premier accouchement de 1864, les conditions physiques de l'accusée, les caractères de la maturité trouvés sur les deux enfants examinés par les experts, ces principaux motifs éloignent complètement cette pensée que la fille Bernard n'a pu, dans ses accouchements successifs, produire que des enfants mort-nés.

La fille Marguerite Bernard, reconnue coupable detrois infanticides, commis en 1864, 1868 et 1872, a été condamnée à vingt ans de travaux forcés.

Infanticide par blessures.

Observ. LIV. — Infanticide par section du cou.

Enfant nouveau-né de la fille Massy, bien conformé. Cordon déchiré à 30 centimètres. Plaie contuse à la paupière. Épanchement de sang dans le cuir chevelu. Enfoncement des os, front et occiput.

Au cou, quatre blessures, plaies transversales divisant tout jusqu'au rachis qui est lui-même atteint.

Poumons très roses ayant respiré. Salive et sang dans l'estomac.

1° Cadavre féminin, né presque à ternie, viable, bien conformé.

2° A vécu, respiré assez longtemps. Cris certains.

3° Mort résultant de violences criminelles : 1° section du cou opérée à l'aide d'un instrument tranchant, quatre coups très profonds ; 2° compression très forte sur le crâne dans le but de faire franchir un orifice étroit.

Observ. LV. — Enfant tué par blessures faites avec des ciseaux.

Autopsie à la Morgue, le 16 janvier 18S9, de l'enfant de la fille Carlet. Né à sept mois; l'',100, rougi par le sang. Cordon coupépar le médecin qui est arrivé au premier moment, l'enfant étant mort.

RAPPORTS ET CONSULTATIONS

Au sommet du crâne, plaie à bords un peu contus formant un M, et faite avec des ciseaux, non certainement par une chute. Sang infil tréet coagulé au-dessous et autour de la plaie. Os et cerveau intacts.

Poumons à l'état fœtal; non respiré. Cœur contenant du sang.

L'enfant est né vivant, mais la respiration ne s'est pas établie.

irvivait encore, mais de la vie intra-utérine, lorsqu'il a été blessé à la téte par un coup de ciseau qui a déterminé une perte de sang pouvant, vu la débilUé de l'enfant né avant terme, avoir amené la mort.

Visite de la fille Cartel. Traces d'accouchement récent remontant à quatre jours. Matrice encore volumineuse, un peu douloureuse. Lochies sanguinolentes ; fièvre de lait.

Observ. LVI. — Infanticide. Enfant bouilli dans la lessive, puis coupé en morceaux et mis dans un baril de vinaigre. — Questions médicolégales. — Expériences docimasiques.

Le 30 août 1865, à Mésanger, vers quatre heures et demie du matin, Jeanne Lévêque monta dans la chambre de la fille Lefeuvre, sa domestique, et demanda de lui préparer un tasse de café noir ; lorsque celle-ci revint, elle vit sa maîtresse accroupie dans l'angle d'un cabinet qui dépend de cette chambre. A huit heures, Jeanne Lévêque était couchée dans le lit de sa domestique. Il y avait du sang à terre et dans ses sabots. Elle prétendit qu'elle avait eu mal aux dents et au cœur, qu'elle avait saigné du nez et craché le sang.

Jeanne Lévêque passait depuis longtemps pour être grosse des œuvres du frère de son beau-frère, et la fille Lefeuvre ne douta pas dès lors de son accouchement. Cependant Jeanne Lévêque le nia avec énergie. Mais la visite à laquelle elle fut soumise ne permit plus aucun doute, et elle reconnut que, dans la matinée du 30 août, elle avait donné le jour à un enfant du sexe mascuUn. Elle prétendit, toutefois, que son enfant n'avait pas poussé un seul cri. Elle l'avait caché dans une couverture pliée en quatre sur son lit, s'était levée et était allée porter le cadavre dans le ht inoccupé d'une chambre voisine.

Sa sœur vint la voir à onze heures ; Jeanne Lévêque lui dit qu'elle avait eu des vomissements de sang. Celle-ci la pressa vainement de lui avouer son accouchement; le lendemain soir, vers dix heures, la fille Lévêque alla déposer le corps de son enfant sur la grande route à 2 kilomètres de Mésanger. Le lendemain, à quatre heures du matin, elle revint le chercher, le rapporta chez elle et le jeta dans un chaudron dans lequel elle avait fait bouiUir de la lessive. Après l'y avoir laissé un certain temps, elle le retira et se mit aie déchirer avec les mains. Elle le divisa en très petits morceaux, et à l'aide d'une pelle fit entrer violemment ces lambeaux informes dans la

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