‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 2)Chapitre 81 sur 88 · PARTICULIERS · texte numérisé non relu

PARTICULIERS

Il serait hors de propos de chercher à reproduire ici, dans une énumération stérile, les mille combinaisons dues au hasard ou au crime qui peuvent faire varier le mode suivant lequel se produit la mort par suffocation. Mais il me semble possible de faciliter leur élude en les

DE LA SUFFOCATION

rattachant à quatre groupes principaux : 1° le premier comprendrait les faits dans lesquels la suffocation est déterminée par occlusion directe des narines et de la bouche, soit à l’aide des mains, soit à l’aide de corps étrangers; 2° le second, ceux où la mort arriverait par pression des parois de la poitrine ou du ventre ; 3Ü le troisième, les cas d’enfouissement; 4° et le dernier, ceux d’emprisonnement dans un espace confiné, tel qu’une boîte ou une caisse trop étroite, et complètement fermée. Je vais exposer succinctement les principales considérations que peut suggérer chacun de ces cas particuliers.

Suffocation par occlusion directe des voies aériennes.

— L’occlusion directe des voies aériennes a lieu le plus souvent à l’aide des doigts fortement appliqués à l’orifice des narines ou du nez, et l’on comprend qu’une telle manœuvre serve aisément les projets des infanticides. D’autres fois un corps étranger, un voile plus ou moins épais, est appliqué à l’entrée des voies aériennes, ou même plus ou moins profondément dans l’arrière-gorge. C’est à ce mode que je rattache encore l’emploi du bâillon ou du masque de poix, resté fameux dans les fastes du crime.

Tous ces procédés, il est facile de le concevoir, donnent le plus ordinairement lieu à quelques blessures locales extérieures, qui sont comme un indice accusateur et une première trace de la violence. La déformation persistante, l’aplatissement du nez et des lèvres, l’excoriation de ces parties, l’empreinte des doigts ou des ongles, les stigmates que peuvent laisser les étoffes ou les linges appliqués sous forme de tampon ou de bandeau, les débris de matières agglutinatives dont la peau aurait été enduite, sont autant de signes qui sont loin d’être sans valeur, et qui ont bien souvent suffi à découvrir la véritable cause de la mort, mais qui par cela seul qu’ils peuvent faire complètement défaut ou être diversement interprétés, doivent

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