INTRODUCTION. XV
démique, ces paroles inscrites, qui le croirait, dans un grave traité des donations entre-vifs et des testaments par Tun des plus éminents d'entre eux, paroles tant de fois reproduites après moi. « La mé- « decine légale affiche, depuis quelque temps, la « prétention d'imposer ses oracles à la jurispru- « dence. Il faut l'avouer, ce que j'ai vu et entendu « de certains médecins dans ma carrière judiciaire, « dépasse toute croyance; il n'y a pas un homme « que l'on ne pourrait déclarer monomane en les « écoutant. Si Pascal n'était pas mort, il devrait « prendre garde à lui, car je connais maint docteur « qui le tient pour halluciné. Socrate est bien heu- « reux d'être venu si tôt; il a péri du moins avec la « réputation du plus sage des hommes, tandis « qu'on pourrait bien trouver, dans plus d'un savant « écrit médical^ qu'il était à peu près monomane « avec son démon familier. Enfin, faut-il le dire, « combien n'ai-je pas vu de consultations qui rap- « pellent, trait pour trait, les scènes de notre divin a Molière. Un mouvement nerveux dans le visage, « un tic familier, une manière de parler, un geste, « les choses, en un mot, les plus simples et les plus « naturelles étaient tournées en 'diagnostic et pro- « nostic comme la sputation fréquente de M. de « Pourceàugnac. Et l'on voudrait que nous autres « juges qui tenons dans nos mains la liberté et la « capacité civile des personnes, nous fissions dé- « pendre de si frivoles symptômes, ces grandes « questions oh sont engagés l'honneur des familles, « la succession des biens et les droits les plus chers