XIV INTRODUCTION
« infini les moyens de les exécuter, ne montre sou- « vent qu'une partie des mouvements qui l'agitent, « et cache avec soin ce qui pourrait lui nuire ; en un « mot, exerce évidemment la perception, la mé- <c moire, l'attention et le jugement. » Qu'ajouteraije à cette remarquable réfutation; ne prouve-t-elle pas surabondamment que ce n'est pas au point de vue des doctrines psychologiques qu'il faut aborder Tétude de la folie et procéder à l'examen de l'état mental, mais seulement à l'aide de l'observation médicale et suivant les méthodes qui lui sont propres.
Il serait injuste de méconnaître que l'école philosophique actuelle a en grande partie répudié les traditions de Maine de Biran, et qu'en ce qui touche la folie, elle se place résolument au point de vue de l'observation physiologique. Cette tendance n'est nulle part plus accusée que dans le livre où M. Albert Lemoine, qui a tant fait déjà pour la réconciliation de la médecine et de la philosophie a tour à tour fait passer l'aliéné devant la philosophie, la morale et la société ; œuvre de physiologiste et de médecin, de très-bon médecin même, bien plus que de psychologue et de métaphysicien.
Mais quelque regrettables qu'aient été les prétentions des philosophes, je suis plus touché, je l'avoue, de la résistance qu'opposent les magistrats en général à la compétence et à l'autorité des médecins dans la détermination de la sanité ou de l'insanité d'esprit. J'ai cité, il y a déjà bien des années et dénoncé au corps médical du haut de la tribune aca-