‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 3)Chapitre 3 sur 67 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

de croisade, très-artificielle dans son principe, entreprise en faveur des fous , le plus souvent par les fou» eux-mêmes, ne mériterait à aucun titre l'attention des esprits sérieux, si l'agitation produite dans l'opinion, quelle qu'en eût été Torigine, n'avait abouti à des attaques dirigées , beaucoup moins contre la loi qui règle dans notre pays le sort des aliénés, que contre les prétendus abus dont se seraient fait une habitude ceux qui sont appelés à la mettre en pratique, et en premier lieu les médecins. L'administration supérieure, trop facilement émue peut-être, annonça dès le commencement de l'année 1869, l'intention de réviser la loi du 30, juin 1838 et institua une commission chargée d'étudier cette loi et d'indiquer les modifications qu'il pouvait être utile d'y apporter (1). J'eus Thonneur de faire partie de

(1) On ne lira pas sans intérêt le Rapport dans lequel M. le conseiller d*Etat de Bosredon proposait au ministre de l'Intérieur M. de Forcade, à la date du 12 février 1869, l'institution de cette commission , et indiquait avec beaucoup de netteté les questions qu'elle aurait à examiner et qui résument d'une manière très-exacte l'état de la question dont je viens de parler.

Monsieur le Ministre, l'attention publique s'est portée depuis 1863 sur la législation relative aux aliénés et sur le régime inté- •rieur des asiles. Des critiques, isolées d'abord , puis se manifestant en plus grand nombre et avec plus de vivacité, ont emprunté, pour se faire jo.ur, le secours de la presse ou la forme de pétitions au Sénat.

En 1867 et en 1868, sur le rapport de M. Suin, le Sénat, tout en reconnaissant l'injustice ou l'exagération de la plupart de ces critiques, avait cru devoir préciser les parties de la législation qui appelaient, à ses yeux, un perfectionnement, et il avait indiqué

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