EXAMEN DBS FAITS ET DES CIRCONSTANCES
duction d'un dessin emprunté au livre dont j'ai parlé plus haut avec l'explication et le commentaire textuels de Fauteur.
c A plusieurs reprises, pendant 3 semaines, je mis ma plume sur le papier, à la disposition de Dieu. 11 la conduisit pour tracer le dessin dont je donne ici l'échantillon.
C'est alors que je vis des arémes. Le magnétisme aromalisô de M^* H. étant une combinaison qui n'existe pas sur la terre, ailletLTS que dans son organisation et dans la mienne, l'Ame de la terre ne pouvait décider les fluides à quitter sa tête, qu'en les dirigeant de mon côté. Encore fallait-il, pour leur donner le change (ces instruments d'une pensée surhumaine sont presque pensants), tracer sur le papier la tête d'Octavie, leur faisant signe de venir. A la vérité, l'ébauche de son portrait se terminait, au c6té gauche, par une boule qui les repoussait bientôt. L'Ame de la terre me faisait suivre leur mouvement sur le papier avec la plume^ et rélectricité -de Tencre absorbait ces fluides, déjà plus ou moins dénaturés presque tous. Si Ton examine la gravure que notre rayon dieu d'âmes a tracée lui-môme sur le bois, dh verra que l'arôme féminin se reconnaît encore dans quelques jets partant de la tète et de la poitrine d'Octavie, à ses groupes d'anneaux, représentant, plus ou moins fidèlement, chacun 10 doigts d'un rayon dieu d'âmes, mais ce n'est plus l'arôme féminin supérieur, tel qu'il sortait de notre porte-voix, tout chargé de dentelures. Les fluides qui ne sont ni employés ni neutralisés dégénèrent. Presque tous ceux qui émanent d'Octavie, dans la gravure, ne conservent de l'arôme titré en féminin, que la ligne droite correspondant à sa fuite brusque après 6 groupes de petits tours, quand sa marche est régulière. D'autres aspirent visiblement à l'enroulement de l'électricité neutre. Ceux-là se perdaient dans mon papier. Quant aux autres, encore vivaces, j'étais souvent obligé d'accompagner leurs mouvements, avec le bras, jusqu'en dehors de ma table ; je les dirigeais, d'après l'instruction de l'Ame de la terre, vers le feu de la cheminée, foyer électrique où ils se perdaient. Le mieux conservé de tous les arômes, dans* ceux dont je donne le dessin, est le magnétisme aromalisé, gerbe de croissants qui sautent. Il provenait de la réduction que l'on faisait subir à la spirale de ma femme, pour que le couvercle tînt dans sa tête. Cet arôme, d'une trempe exceptionnelle, était pour moi le plus fatigant à suivre.
La gravure placée dans ce livre reproduit une de mes séances (le
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thérapeutique aromale les moins chargées. Il in*est arrivé, dans cet exercice, de couvrir entièrement d'encre une feuille de papier, de la déchirer sous ma plume et de me lasser le bras. »
Je borne ici ces citations : elles auront suffi, je Tespère, pour montrer rimportance que présentent les écrits et les dessins des aliénés au point de vue de la détermination de rétat mental et tout le parti qu'en peut tirer le médecin légiste.
Muni de ces données et de celles que j'ai précédenunent exposées, il lui reste encore à examiner l'acte même qui a appelé sur l'aliéné l'œil de la justice et qui est l'objet principal et actuel de l'expertise. Il arrive en effet, quoique rarement, que l'acte en lui-même porte les caractères de la folie. Je l'ai dit déjà pour cerlains testaments ; il en est de même pour des crimes et des délits dont les circonstances, le mode d'exécution révèlent parfois l'insanité de celui qui les a commis. Ainsi l'outrage public à la pudeur peut se manifester dans des conditions évidentes d'aberration mentale. La jeune fille nymphomane qui se fait arrêter en 'flagrant délit de vagabondage et de prostitution ne donne- 1olle pas la mesure de sa folie hystérique ? Dans des cas plus graves, le meurtre, l'infanticide présentent les mêmes indices. Une femme après avoir tué son enfant, le coupe en morceaux et le fait bouillir dans une marmite avec des choux. Il y a dans le seul détail de cette préparation culinaii*e aussi inutile que révoltante, une forte présomption que cette femme n'^a pas sa raison. L'absence constatée de tout mobile apparent ou caché, le choix irréfléchi de la victime peuvent aussi dénoncer la folie : un épileptique plonge son couteau dans le ventre d'un passant; un lypémaniaqiie tue une femme placée près de lui dans un théAtre et qui lui est complètement inconnue ; que peut être cette action sinon celle d'un fou ? Dans quelques cas le nombre des personnes frappées, la multiplicité des blessures, leur énormité pourraient éveiller le soupçon de folie si les annales des crimes n'ofiraient des exemples oi) ces circonstances se sont rencontrées sans qu'il soit possible de les attribuer h un aliéné: