EXAMEN DES FAITS ET DES CIHCÛNSTANCES
Philippe. Après la réyoltftion de 1848, il recommença, sous une autre forme, ses aberrations et ses désordres, et sa fdie fut constatée par MM. Trélat, Jacquemin et moi dans un rapport que je reproduirai. Ici je veux simplement citer Tun des écrits de cet homme, sorte de prospectus imprimé qu'il distribuait à profusion.
Par brevet d'invention des dégrottburs. à Nimes, département
du Gard, an 1838.
Fabrique du très-haut, très-puissant, très- excellent, très-généreux et très-luisant cirage à la poire molle, par le citoyen Bughoz- HiLTON, dit la Poire molle, ex-commandant en chef des deux régiments des volontaires de la Charte.
Prix-courant, savoir : pour les prolétaires, 3 sous' la boîte, (une poire molle coûte davantage) ; la même boite pour les particuliers, 1 fr. ; la même boite pour les députés de cette chambre improstituée, 10 fr. avec espoir de diminution si leur conduite le leur fait mériter, etc.. Vivre libre de cirer ses souliers, ses bottes et même ses escarpins avec du cirage à la poire molle ou mourir!... Le 8 mars 1833, la poUce Gîsquet a arrêté ma voiture à cirage et encre à la poire molle et lui a rendu les. honneurs de la faire escorter par deux fusiliers et deux sergents de ville à la Préfecture, d'où je croyais qu^elle serait transférée au Conservatoire des Arts ou au Muséum...
4^ Le même individu adi*essait à M. Jacquemin, médecin en chef de la prison de la Force le 29 juillet 1845 une lettre qui se terminait par le post-scriptum suivant.
« Convenez qu'il y a un grand nombre de bêtes à Tombre quand le soleil est couché, et que ces dindons ont grand besoin de s^harnacher des décorations que la déesse de la folie leur permet de mettre sur la poitrine et sur le dos, car si ils étaient vus à nu ils seraient moins que rien, puisqu'ils sont nuisibles à la société. Je ne saurais assez recommander au procureur du roi, procureurgénéral et au grand St-Didier (M. le baron A. de 8t-Didier était alors juge d'instruction au tribunal de la Seine) de s'afiEubler de tous ces jouets d'enfants, vu qu'ils en ont un grand besoin pour paraître quelque chose. L'£criture-Sainte parle du grand 8t-Benoit, mais cela n'est rien en comparaison du très-noble grand St-Didier, surtout quand il est monté sur un grand cheval à longue queue. •
Taudiku. — Folie. 7
yS RÈGLES GÉNblRALES DE l'eXPKRTISE.
5** Un homme qui avait moutté une certaine aptitude pour Tétude des sciences, et qui s'était adonné non sans succès à des travaux de chimie, tomba dans une folie lypéraaniaque qui lui fit croire qu'il était l'objet de persécutions incessantes. II répandit alors dans le pubUc une série d'écrits autographiés, de pétitions au roi dont voici un échantillon.
La Police secrète ou le Judasisme et le Jésuitisme.
Plus on a trahi les hommes et plus on les hait, plus on veut les trahir (Judasisme). Plus on a servi les hommes, plus on les aime, plus on veut les servir (Jésuitisme). A tout péché miséricorde. Judas, le roi Judas a des oreilles d'âne. — Sire, vous êtes trahi et comme de la trahison à la calomnie il n'y a qu'un pas, il se pourrait bien que vous fussiez calomnié. Quoiqu'il en soit, j'ai eu à subir à votre occasion des persécutions inouïes pour lesquelles j'ai droit d'obtenir justice. Afin d'arriver à ce but j'ai reproduit et commenté des lettres infâmes qu'on dit émanées de vous. Je vous indiquais comme un agent secret de l'Angleterre et vous ne vous êtes pas ému... J'ai donc le droit de penser qu'on vous a cache mes écrits ou que vous avez peur de me poursuivre. Vous êtes injustement trahi ou vous êtes un traître. Dans votre intérêt ou dans le nôtre il faut que cette affaire s'éclaircisse. C'est pourquoi je réclame des juges... Je me défie des gens qui portent un masque même s'ils disent que c'est pour un bon motif, surtout s'ils affichent un grand cœur. Ce n'est donc pas par haine pour vous que je sollicite des juges, c'est parce que j'ai droit d'en avoir et que j'espère «lue je ferai triompher la vérité dans l'intérêt de la France. Paris, rue de Lourcine, 20, ce 49 septembre 1846.
Gautrin.
6° Un individu demeuré inconnu a pendant plusieurs mois adressé presque chaque jom* au parquet du ti'ibuual de la Seine, tous les extrails des journaux qui avaient trai^ à quelque accident ou à des crimes, recopiés de sa main et avec des annotations comme celles-ci :
« Demander le procès -verbal de cette affaire scrupuleusemen détaillé et épluché. — Relever l'acte de décès inscrit sur les registres de l'état civil aux actes de décès au greffe du tribunal de première instance du département de la Seine, séant à Paris, au Palais
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de Justice, Demander le lieu du domicile à Paris, les états de procès «lu Ministère de la Guerre, Bureau du recrutement (Classe 1860). — Faire faire une grosse exécutoire, demander au CSadastre une carte topQgraphique de TËmpire français et une carte cadastrale du Piémont. Carte topographique. Voir les Géographes., etc. »
7® Une malheiii*euse femme en proie au délire de persécutions le plus complet, écrit des volumes (ju'elle adresse à toutes les autorités et toujours sur le même thème. Il est difBcile de trouver un plus parfait modèle d'incohérence et de désordre dans les idées et dans le style.
• En écrivant depuis ma demande à M. le Préfet de police, comme à plusieurs de Messieure les Magistrats, je lui ai donné à ce sujet les preuves les plus convaincantes. Mais qu'est-ce que cela en comparaison de tant de mauvaises langues qui, me dit l'homme que j'ai épousé, vont se plaindre de moi à la Police. Elle a bien de la complaisatice, lui dis-je, de prêter l'oreille à de si basses gens. M. le Procureur, il ne serait pas possible de me faire entendre qu'il y ait de plus basses gens que ceux qui cherchent à troubler le repos des honnêtes personnes ; tout absolument c'est une sorte de lie cachée sous le peuple, puis réellement dit, c'est la vraisemblance de l'assassin. En pariant ainsi, je suis certaine de montrer le méchant dans toute son étendue. En effet, il ne profère pas une parole, qui semblable au meurtrier, il veut anéantir l'objet sa parole et de sa haine en lui portant absolument le plus fort préjudice qui, selon lui, devrait lui réussir de suite, mais qui néanmoins ne l'arrêtera pas s'il exige un travail tel que des invention b infernales pour prouver ce qu'il avance. M. le Procureur, c'est une sorte dé méchants de ce genre qui constituent la perte de mon existence et à la fois le manque de ma séparation... »
8* Pendant plus d'une année le chef du parquet du tribunal de la Seine a reçu presque par tous les courriers de Californie des lettres de douze, quinze ou vingt pages que lui adressait un pauvre halluciné, dont la folie apparaît à chaque ligne et qui signait invariablement l'arbre d'olivier. A la dernière était jointe sa photographie.
« Je vais bientôt me lever pour instruire les peuples. Je ne peux pas les laisser périr par millions, cent millions sans les prévenir. J'ai écrit et transmis la loi de ce père et de cette mère, et
100 HJteLES 6ÉNÉRALBS DE L EXPERTISE.
je Tai envoyé à dilférentes penoimes par beanconp de lieux en œ monde. Et néanmoins oda n'a &it fort pen d'effet. Car ce maudit, maudit, mandit, infiniment mandit clei^é travaille à ronger l'écrit de ces peuples. De là les instruments puissants de Satan et de Satané. C'est ceux qui les serrent avec plus d'efficacité. Cette race d'hommes plus fous, ^oîstes^ bigots, absurdes et superstitieux que les autres peuples. Cette race d'hommes plus spéculateurs, paresseux, impies, hardie, blasphémateurs et effrénés que les antres peuples, sèment la division parmi les peuples. Chaque une de ces sectes ou religieuse doctrine et dénonciatrice conduit grand nombre de peuples à leur ruine spirituelle. Leurs chiffres les excitent les uns contre les antres, et généralement les font £ûre la guerre et révolter les uns contre les autres. Ils jempoisonnent les peuples de leurs paroles et écrits et instructions diaboliques, fausses et blasphémoires, et font forger, tuer, blesser et tailler ces peuples en pièces de temps à antre. Et le clergé romain, catholique, apostolique est le pire de tout. C'est ce dragon mortel qui prêche par le livre des sept blasphèmes. >
9* Voici enfin un spécimen d une sorte de jeu auquel se livrait un jeune homme atteint de manie chronique et qui, quoique très lettré, passait toutes ses jouruées à chercher les combinaisons cacographiques les plus étranges et les pins grotesques, qu'il écrivait sur de tout petits papiers plies en forme de lettre.
. Khartouche Lhithérer Dhémonstrasyon Hané 1860. Substance Dhordre.
Ch. Jhan Bhatiste ha Ihavan- Heureu de Lhobservé Jhe thaje de vou zhofrire de sha Dhemande Iha Fhavhere dhune Fhacon hun Noiyho qhachet ^e ^^^ Priyer pour Iha Rhéhuhen les Lhiman Dyeu mhaqorde «'^ ^e mes Projet. Iha Fhacilité de Recherche poure ^^lyé haqcepté mon shalu héqrire Lhorthografe du Lan- bamhiqal, ghaje Frhancai, hen Rhapor de *
Iha shonhorité des Lhaitre hé de Lhere.
Quant aux dessins, je donnerai seulement ici larepro-