‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 3)Chapitre 49 sur 67 · SOMNAMBULES · texte numérisé non relu

SOMNAMBULES

consciente, ni responsabilité certaine ? Eu fait l'acte de violence avait été précédé d'une altercation et le coup n'avait été porté qu'un certain temps après que la femme était éveillée et sortie de son lit, il était donc bien difficile d'appliquer à cette malheureuse femme le bénéfice de cette surprise de l'esprit et des sens qui peut suivre immédiatement le réveil.

Mais en principe et au point de vue de la doctrine, il y a là une question qui doit préoccuper sérieusement le médecin légiste; et je suis très-disposé à admettre avec M. Lasègue, avec qui je suis heureux de m'étre si souvent rencontré en communauté d'opinion, que l'homme qui, au moment où il s'éveille, est brusquement envahi par un sentiment violent n'est pas dans des conditions de liberté morale semblables à celles où il se trouverait dans l'état de veille, alors que l'esprit est ouvert à toutes les suggestions de la conscience. Il me parait que l'attention du médecin légiste doit être appelée sur ce point; non pas qu'il lui soit permis peut-être d'aller jusqu'à trouver dans l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil, les éléments d'une irresponsabilité absolue pareille à celle que, contrairement à la thèse de Fodéré, je concède sans réserve au somnambulisme vrai, mais du moins pour l'inviter à un examen plus approfondi de l'état mental et à l'appréciation réfléchie de cette sorte d'engourdissement passager de la raison, qui suit un brusque réveil, et durant lequel, tandis que la conscience semble sommeiller encore, la responsabilité peut, dans une certaine mesure, être justement atténuée (i).

(1) On lira avec intérêt l'observation très-saisissante rapportée par H. È. Mesnet. Éludes sur le somnambulisme envisagée au point de vue pathologique {Arch. gén. de méd. Février 1860).

TauDIKO. -^ Folt«. 13

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