FOUS PARALYTIQUES
instruit s'y laissât tromper, et il n'est bespia que de les prévoir ici et de les mentionner, sans rien afiaiblir de la règle générale que je viens de poser, touchant l'incapacité et l'irresponsabilité des fous paralytiques. Plus que dans aucun autre genre de folie, il est indispensable de recourir le plus promptement que cela est possible, dès le début, aux mesures tutélaires que la loi édicté, ou tout au moins à une surveillance incessante qui mette les familles et le malade lui-piéme à l'abri des funestes' conséquences des prodigalités, des excès, des violences qu'enfante le délire des grandeurs et la manie orgueilleuse des fous paralytiques.
Les exemples de cette cruelle maladie sont de notre temps et dans notre pays tellement nombreux, qu'il n'est pas de médecin qui ne puisse contrôler, par ses propres souvenirs, l'exactitude du tableau que je viens de tracer et qu'il est à peu près superflu de le compléter par l'exposé de quelques cas particuliers. Je n'en citerai que quelques-uns. Un homme qm remplissait des fonctions publiques et mis en prison pour un prétendu abus de confiance, écrit poiu* qu'on lui apporte vingt paires de draps et vingt-quatre douzaines de serviettes ; il ignore sa position réelle de fortune et est tout prêt à s'engager dans des entreprises colossales. Un autre, inculpé de vol, possède des milliards, un château qu'il a payé douze millions, mais il se livre en même temps à des actes de violence et de fureur, déchire tout, et se jette contre les grilles qu'il s'étonne de ne pas voir tomber devant sa toute-puissance. Un troisième, arrêté au moment où il cherchait à pénétrer jusqu'au souverain et présentant déjà les signes caractéristiques du tremblement, de l'hésitatiou de la parole, la difficulté de la marche, en même temps que des idées ambitieuses et incohérentes, se croit pape, époux de la reine Victoria.
Je reproduirai avec plus de détails, dans la quatrième partie de cette étude, les rapports concernant des cas de folie paralytique pour lesquels des demandes d'interdiction avaient été formées et qui présenteront dans tout leur jour
318 APPRÉGIATIOV M CBkQUE &BfiftE DE FOLIE.
les laits ÛB (MmAre si important kiAen ommàltie tprarSt iiiédecni tépBte.
Les rêves, on î*a dît tten des fcSs, ont, par phis d*rai3ïoint, de réelles analogies itvec la folie et, à la bien prendre, surtorrtt en ce qrd touche Tapprédatian médico-légale, les actions qne, pendant le sommeil, peut accomplir un somnambule, ne diflèrent pas de celles d'un aliéné, lïais ijtf est-ce en réalité rpre le 8omnamî)uîisme'? Les faits qtn le ciMisfitnent ont rarement été soumis à une observatioii scientifique fl), et comme tous ceux qui touchent au merveflleuK, am surnaturel, ils ont été souvent défigurés par les écarts d'imagination de ceux qui en étaient témoins et ne sonft arrivés à la publicité que sous une forme fanta^ique 'Ct légendaire, derrière laquelle il n'est pas toujours facile de retrouver H de saisir la vérité.
En fait, il e^t isonstant que certains individus présentcnit ceftte singulière faculté de pouvcnr, durant leur isommeil, soi'tii' de leur lit, et, sans cesser d'être endonhis, mardher^ agir, reprendre des occupations commencées pendant la veille, se livrer même à des actes assez compliques et qxà attestent à la fois la persi^ance de l'actTvitë intelteotueHe et physique même pendant le sommeil, en •même 4»mps qu'un trouble particulier du syistème nerveux et une per* vereion des fonctions «eiwrorîales. Le feît capital, le caractère essentiel de cet état, c'*efirt; le défaut de conscience ^ somnamljtfle dont la vdlonté et la mémoire Testent actives pendant le sommeil, mais qui n'a gardé le plus ordtnaaremetftau réveil, aucun souvenir des rêves sons Hnflueiïce desquels il a agi. Il en résn'ïfee que le somnambule tms petft être, plus que TaKémé, réputé responsable denses «aclâons,
{\) Le sujet a étë indiqué mais à peine ébatkché,par le Dr de Kratf- Ebing d'Hlenau flans ses 'Fteûher&hes sttr la fdHe passagère êtuéR'ée mi ipoinf -ife 9mB cHmque tt méêtoo-llégàl, liraftnzlt. ïfoœ Ile &o iDotaoc. {Ànn. méêie(hip9gohoL h'' série, t. lU, p. -2060
SOMNAiniULBS. 919
i&tmpifQékfè<i sont de mitive, eoaaae l^isemâie, lemeinv tpe, à entralMT l'upffiicaâim 4)e la loi péiude. HaiB c^est à la dOiiditiiHi (pàB le sem&aEÉbuiijBine 9ie seim p«8 MtitemeDit prélesté iftiai*90<icié e& fai^eor des ipréresoB, mm ïA&n établi dans 8a réadilé; â est -eatendH aussi «qu*!! lie pevBt êtM id queslicm qae du «Mimamhwligme natafel et non fie cebai qm Ten préHendgait preroquer par des pâmes magnétiques «u toot antre aitifiee.
Or il est lért rare, il est pretNioe îssadmissilâe 'feie le sem- «aalmli^Be se pi^Anise d-emUée €t •comm fiût wfié, et ^'HB individa qui a^ jamais présesné, suit dmis son en- Gbok», scriit dans «a jesBesse, code dispeeitîon particulière, AeTienne tout é!mx «oup somBUBibale sous une impression passagère. Atrssi ne doit^iSni accueillir qu'avec d^Sance les cas où, en d^ors de tonte oonditien d'iiabitude, d'âge, d'hérédité iMirtout, une sm-escitation morale très^vive, aurait suffi pour déterminer un accès de somnambulisme. Il n'est persoiiHe qiri, en feuiRant dans ses souvenirs, n'y retrouve ^elçies exemples'de sonmanabules, mais tcnqours ;a;vec les carac^èves etles 4iepositioDS<qoe je viens de rappeler, et aussi svec des circoBstances en général toïft simples et des résultats ou insignifiant», mi peu compliqués. Le théâtre et le rooam^i) tmt mis à profit cette donnée bien propre à frapper l%nagin8ti(Mi ; imis oe n'e^ pas là «qu'il convient de cheriiheT des preuvM et des éémonstratiidiis. Par màlheor, c'est le plus 60frvei^ «ur de pareils «éléments que Ton a fondé l'htotoifFe du «omnamiMilisme. Des récits reproduits partout ^1% ftrfi par acquérir assea de notorîM pour trouver place dans les ouvrages les ftes-sérieiix «et esrt atnsi forcé, «n quel- •que «orle, les basiâèiwe de repimen publique, ^ui u^ plus^ distingué 'SBlM la fiotioa draxnatique et lloteervatiau posi- ^e. Fédéré (t), qm n^ pas pvu ^sontiibué à répandre sur
fl) ïl me sera permis fle citer, comme Tœuvre littéraire oh îii doctrine fla wmmÊBùMâibsam a 4«ë rappodvtte «i«c leiphis de )for» «t «e pénétration, le récit si dramatique et si attachant que M. Henri Rivière a publié dans la Revue des Deux-Mondes sous le titre du Meurtre
(2) FoDÉRÊ. H'ioëé w^ màÈtnmiéffmle «MHt^gièm ^piMkque, r^fNWtie,
le somnambulisme une doctrine dont je m'efforcerai de faire voir le danger, a rapporté des exemples qu'il dit authentiques, celui d'un poète connu de lui qui écrivait de très-bons vers dans cet état ; il a vu une cuisinière qui, durant son sommeil, allait chercher de l'eau à une fontaine située hors de la maison , ouvrait, fermait la porte à clef, lavait la vaisselle sans rien casser et remplissait exactement tous ses devoirs pendant la nuit. Enfin, c'est Fodéré qui a mis en circulation comme la tenant d'un témoin oculaire, l'histoire fameuse de ce • moine somnambule, qui, en vou- « lant beaucoup à un de ses confrères, entra une nuit dans « sa chambre pour l'égorger , et perça le lit d'un grand « nombre de coups de couteau (son adversaire s'étant par « hasard trouvé x^ette nuit-là hors du couvent}, puis sortit « et referma la porte, il fut alors rencontré par le surveil- « lant et réveillé bien honteux de se trouver un couteau à <( la main. »
Ce qui ne saurait être nié, c'est que le somnambule, malgré le sommeil des sens , l'œil ouvert , mais sans regard , se dirige librement et d'un pas rapide, évitant les obstacles, mais par un effort de la mémoire qui veille, car si on change les meubles de son appartement de la place qu'ils occupaient pour les mettre sur son chemin, il vient se heurter contre eux sans que sa vue l'ait averti du danger. Malgré cette activité persistante et manifeste de la mémoire dans le sommeil, il est extrêmement rare que le somnambule ait conscience de ses rêves et se rappelle, une fois éveillé, ce qu'il a fait dans l'état de somnambulisme. On cite des faits plus remarquables encore dans lesquels des somnambules ont repris et poursuivi pendant de longues heures dans la cellule d'un cloître ou dans le silence du cabinet, des travaux commencés, des recherches ardues d'érudition ou de science. Bien plus, l'un de ces travailleurs endormis qui écrivait dans une chambre éclairée à la fois par des bougies
section IV. Des sourds-miieis et des somnambules relaliveinent à la moralité de leurs actions, 2« édit. Paris, 1813, t. I, p. 250.
SOMNABCfiULBS. 22 f
et par une lampe, celle-ci s'étant éteinte, allait chercher de l'huile et la rallumait sans s'apercevoir de la clarté que donnaient les bougies. Enfin, on rapporte 1 exemple d'individus ayant pendant leur sommeil étranglé et tué sans s'en douter la personne qui partageait leur lit.
Quel est en réalité l'état mental et comment apprécier la responsabilité de celui qui, dans le somnambulisme, accomplit de tels actes. Faut-il admettre que le somnambule n'accomplit durant le sommeil que des actes dès longtemps médités par lui et fortement imprimés dans son esprit, par conséquent dirigés par sa volonté et dont il est juste de le rendre responsable parce que, s'il les a exécutés étant endormi, il les a conçus éveillé et libre. C'est le raisonnement de ce despote devant lequel on amène un homme qui avait voulu le tuer étant en état de somnambulisme et cpii l'envoie au supplice jugeant que s'il avait cherché à le frapper en dormant , la pensée lui en était venue tandis qu'il était éveillé. Mais pour ne laisser subsister aucun doute, je veux citer textuellement les termes dans lesquels Fodéré résume sa manière de voir au sujet de la responsabilité médico-légale des somnambules (1). • Il me semble, en conséquence de ces détails, qu'un homme qui aurait fait une mauvaise action durant son sommeil ne serait pas tout à fait excusable, puisque, d'après le plus grand nombre des observations, il n'aurait fait qu'exécuter les projets dont il se serait occupé durant la veille. Celui, en effet, dont la conduite est toujours conforme aux devoirs sociaux, ne se dément pas quand il est seul avec son âme ; celui au contraire qui ne pense que crimes , que faussetés , que vengeances, déploie durant son sommeil les replis de son inclination dépravée, que la présence des objets extérieurs avait tenus enchaînés durant la veille. Si cet homme commet alors un crime et que sa vie soit suspecte, on peut, ce me semble, considérer ce crime comme une conséquence naturelle des mauvais principes de ses idées et juger cette
(1) FoDÉBfe. Loc. oit., p. 259.
SS2. APPRÉCIATION 0& CHAQCB UNAE DE FOLIE.
aciîûtt é'mÊùaaL idiualibr«:qQ'«lk a été CMiBUfiâ satts aiifione fêne^ ssDs iuAaeai^' quAkûii(|u«w littha i» coQsîdécQt q«3 actes (HMBmeim détûse^ je Les regarde ccsnmiS ks phui îodèpiwMi^iit» ^ poififienli éîrct dftofi la nie huaiûae ; je voie le somnambulisme cmnsLe. xat oreiiâet dans k^pibid la. genww* et rintentioa se aendi absoluxoent aépairôefr âe kui: gaogjiie, de la. maftièsre. >»> C'est à peiae si le eélebce méiexkk Ugiale Mt une xésfU've et uimi esceptiaii pmc ]as cas q4 le soin* oambuliame tLent à uae: maladie rteUâ»
Âl-jjâ véritablement besoîa de dire qpie je repousse abso^ lument et san» hésitation nme semblable âoctiriue, el qWeu laissant aux i^ilosaphes le sein d'espliqpier la mécadoiaaie psycbàque du somnambulisme^ je a» peux à.aucua idifg» admettre, en médecin el en médecin légiste surlout, que cet état aoermal eonstitne le plus haut degi*é de la raÂsm, la plus haute expression de la conseillée; et par suite impUqpie la plus complète responsabilité chez, ceux qui agiesent sous cette influeuce. A l'inverse de Topinion expirimée par Pod^é, je considère ces actes comime un dâire^. Sn eS^ û l'on veut bien se reporter aux caractères d'après lesqijdls j'ai établi les divisions des diffîrents groupes^ qui remplissent cette étude^ oa comprendra, pourquoi je. ne place mêoote pas les somnambules à côté des épilepliquesy paroû ceux diont lai volonté est dominée et qui subisseut l'inAiœnce d'une impulsion irrésistible. Pour moky il me paralt>in£Qntestahle que le somnambule conçoit ejt veut, l'acte qu'il fait au moment où il le fail ; qu'il obéit noa pas à une im-» pulsion instinctive^ mais à. une association d'idées enfantées par une imagination surexcitée, et sous l'inQuenice d'une disposition particulière^ râve^ cauchemar, délire passasec, durant lequel la volonté est active, persistantet, logiqpaiei,. el dirigev avec une puissance quelqueCois extraordÂnaire, les mouvemeints et les actes auxquels manqpienti seulemitfit l'éml des sens et le: jug^sent de la conscience. Dans aucune circonstance il n'est permis de sépara Tâmadu corps, et on ne peut faire que, hors des perversions intellectuelles et morales, il y ait quelque chose qui fasse agir
tH)MNAfiiBUXiES. "JSi
Mhflmmfr autnemeiit qaH m le^^ veiu. dans hk fUnilnrin d* m Ibffté^
Les-aetMPdu. spnMrwfihiJft scmt de touA jioiato analofu^a àiGBUjB te L'iadè?idii; qm, obétasaat à l'iuilaesi:» directe: de ssft eoimcfEbMi»! délirante» et de ses idées» fij»s, esti exoiiéiré dft toute re^paosabililé.. Ceaft là ]a eôté yofehokifique par tafujel XMK» rédamona ^ reteuoaâ.à leur graad. héné&oi,. te» malheureux somnamlMaks qui auraieat^ peadant teur sommeil^ pu commeUre des aete& eriiinjixelsj.
Jt'ai besoîA de r^éber, eav je na-. veos pas m asul' iuâtant Bfr départir* dui poîjait de t^u« esaentieUeiiianit psati^iie qui «8t celui de ceUa étude*^ j'ai beaoiu de. répétée q/m je ae oauiiaifi pas un seul esiemple authentiqjUB de ees £aîts, à QOHii sûr fort excepliomij^. Mais quelle que soit^ à cet égards L'opinion fue mon expérience na'mpesey il est nécessaire de rechecchfir à quels signes précis on peut recoonj^tre le aamnambuliama natisrel. Les cairactèires ne sont ici ni trèstnaochés ni absolument constants; toutefois il est permis de dire' (pus le somnambuljâme n'est paa un état isolé et paseagiBB, qun c'est 1 ludice d'une perturbation originelle^ tenant à la conràtutioay se montrant d'ordinaire de bonne heuce ches. des. individus d'ailleurs sains: d^en^rit., mais doués d'Une prédisposition spéciale du système, nervenx, et se manifestant par une surexcitation très-marquée,, surtout à Fâge^de la pulierté,. onpiu» tard à la suite soit d'une forta Gonlesktion: dfesprit^ soit d'uioe violente émotion nM>rale. En un mfit le somnambulisme est un état pathologique constitutionnel quia ses antécédents,, sa marckeet sea signes diognofiliques propres. J'attache, un grand prix k l'observation nltécieure- de L'individu. S'il a commis un Grime en état, de seannambulisme, il y retooiibera et. recommencera ptuft oo: moins» pcomplemeni ; il sera facile à l'expert de tronvear- dans eeL enaembk: des. caïa^tëces séirisiix qui lui pemoeltreait de seconnaltre le sonmambule vrai et de faire ime apparéciafiin médico-^légale' raisonnée; de sobj état
Ui ooft un demâcr point très-impottanit & noter eiqui, dans
324 APPllÉCIATION DE CHAQUE GENRE DE FOLIB.
la pratique même, pourra se présenter plus fréquemment que le véritable somnambulisme : je veux parler de l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil et des dispositions intellectuelles et morales qui l'accompagnent. Un homme réveillé en sursaut n'est pas un somnambule, mais avant d'être rentré complètement en possession de luimême, il peut se livrer à des actes dont il n'a certainement pas l'entière conscience et dont il ne serait pas juste de lui faire porter toute la responsabilité. Un soldat entendant sonner la diane croit à une soudaine attaque de l'ennemi, saisit ses armes et frappe ceux qui l'entourent. Ce n'est pas là, à vrai dire, l'état de somnambulisme, mais c'est bien ce passage obscur du sommeil au réveil pendant lequel la raison et la volonté ne sont pas encore complètement sorties des ténèbres du sommeil et n'éclairent pas encore la conscience qui échappe ainsi à une complète responsabilité.
Il n'y a pas bien longtemps qu'un fait de ce genre s'est présenté devant les assises de la Seine, dans les circonstances les plus frappantes et y a donné lieu à un débat médicolégal des plus intéressants, entre M. le professeur Lasègue et M. le Dr. Lorain. Il s'agissait d'une femme qui avait tué son mari. Celui-ci, homme dur et brutal, après avoii* abandonné son ménage, y était revenu vivre aux dépens de sa femme, lui imposant l'obligation de travailler pour lui, et ce qui lui parut plus intolérable encore, de subir ses caresses. Réveillée un matin par de nouvelles et plus violentes exigences, elle saisit un couteau qui était à sa portée, et le frappa d'un coup mortel. La position de cette femme était vraiment digne de toute l'attention des médecins légistes éminents, appelés à se prononcer sur son état mental. Placée dans des conditions morales bien capables de faire fléchir les plus sages résolutions, s'était-elle trouvée en outre dans un de ces moments où la conscience n'est ni soutenue ni fortifiée par la réflexion ; était-elle encore à moitié endormie moralement et physiquement? et pouvait-on lui appliquer le bénéfice de cet état intermédiaire dont je parlais tout à l'heure et dans lequel il n'y a encore ni volonté