XXII INTRODUCTION
donner à Tappuî de mes opinions un grand nombre .d'exemples qui auront du moins le mérite d'être inédits et de venir s'ajouter à ceux qui sont déjà réunis dans les livres ou dans les recueils spéciaux.
Ai-je besoin d'ajouter que je resterai dans cette nouvelle étude étroitement attaché et plus que jamais fidèle aux principes qui m'ont toujours guidé dans mon enseignement comme dans mes écrits. J'exposerai les conditions et les règles de l'expertise médicolégale en ce qui touche la folie. Je ne suivrai pas, plus que je n'ai faiten d'autres sujets, les principes de la science du droit et les voies ouvertes aux jurisconsultes^ et je ne commenterai ni la législation des aliénés, ni la loi civile et pénale en ce qui traite l'aliénation. Je me placerai très-nettement au seul point de vue de la constatation médico-légale de l'état mental dans les 'diverses circonstances où peut se présenter l'aliéné. Très-sobre sur les questions de doctrine je m'appliquerai à mettre le médecin en face de l'individu dont il est appelé à juger les dispositions intellectuelles et morales. Je m'efforcerai de lui tracer les préceptes qu'il devra suivre dans la mission la plus délicate et la plus difficile qu'il puisse jamais avoir à remplir. Je lui en signalerai les écueils; et en même temps je lui donnerai, autant qu'il sera en moi, le moyen de les éviter, en éclairant sa marche de cette double lumière qui doit en toute occasion diriger le médecin légiste, la science et la conscience.
25 juillet 1872.
Ambroise Tardieu.