‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 4)Chapitre 9 sur 76 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

le vulgaire, du moins pour le philosophe qui a fait de rhomme moral sa principale étude, et pour qui les lois de l'entendement n'ont pas de secrets. Sur ce point, il me sera facile de montrer que si Tétude des aberrations de la raison appartient à la fois au philosophe et au médecin, elle ne peut être fructueuse pour Fun et pour l'autre qu'à la condition de bien séparer ce qui est du domaine de chacun et de ne pas confondre les faits psychologiques avec les observations vraiment médicales. Ce n'est pas le secret de la pensée humaine, de son essence et de son mécanisme, que le médecin recherche et poursuit, mais bien les désordres de l'organe matériel qui est l'instrument de la pensée et le dérangement des opérations physiologiques que cet organe doit accomplir. Cela est si vrai , que les seuls progrès réels qui doivent être signalés dans l'histoire des maladies mentales, sont exclusivement dus à l'application persévérante des méthodes médicales dans l'étude de la folie, c'est-à-dire à l'observation attentive des formes, des variétés et de la marche de la maladie, qui est le véritable critérium et la sauvegarde dans l'appréciation médico-légale de la folie. D'un autre côté, on peut dire que la psychologie n'a pour ainsi dire rien donné, ou du moins qu'elle a été d'un bien faible secours dans cette étude. En effet, lorsqu'on voit l'un des plus éminents d'entre les philosophes, celui peut-être qui a le mieux compris les rapports du physique et du moral de l'homme, Maine dé Biran, professer que « l'aliéné, ayant perdu « son activité libre et la conscience du moi, n'exerce

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