‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 4)Chapitre 8 sur 76 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

docteur Baumes, de Quimper, appuyant cette opinion, ajoute avec un grand sens pratique ces paroles saisissantes : « Qu'on entrave les admissions, qu'on les « diminue de moitié, le problème ne sera pas résolu ; « on ne supprimera pas la folie, mais on pourra dimi- « nuer le nombre des guérisons, multiplier les catas- « trophes et amener le découragement de serviteurs « honorables et dévoués. » Et je dis moi-même que ces dévoués serviteurs de l'humanité, que ces médecins qui, dans leurs honorables et pénibles fonctions, se consacrent au soulagement de la plus affreuse^infirmité, méritent d'être crus, lorsque tous, sans exception, témoignent qu'ils n'ont jamais, dans les plus longues carrières, rencontré de séquestration abusive ou faite à la légère. Que l'on vienne maintenant réviser la loi, qu'on lui fasse subir quelques changements de détail, qu^on donne cette satisfaction à l'opinion d'augmenter les garanties qu'elle renferme déjà contre toute erreur, ou tout relâchement dans l'application, que l'on assure peut-être une meilleure gestion des biens de l'aliéné, je n'y contredis pas, mais qu'il demeure absolument et incontestablement acquis qu'elle n'a jamais servi d'instrument à des violations de la liberté individuelle ni reconstitué des bastilles dont les médecins seraient les pourvoyeurs et les geôliers.

Mais il est un préjugé d'un ordre plus élevé, dont les prétentions plus hautes ne sont ni plus légitimes ni mieux justifiées. La compétence directe et absolue des médecins, dans l'appréciation de la raison qu de la folie , est contestée et revendiquée , sinon pour

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