‹ Étude médico-légale sur la folie (volume 5)Chapitre 56 sur 62 · SABLE · texte numérisé non relu

SABLE

Qu'eussiez-vous dit, M. le Procureur, si cet incident s'était produit au milieu des débats de Samedi?

Je pense que vous auriez été plus modéré et plus circonspect dans votre trop chaleureux langage. Vous n'auriez assurément pas tant méprisé cette magnifique consolation des intelligences : la SCIENCE ! Vous n'auriez pas fait publiquement ce faux raisonnement en soutenant que trois docteurs, peut-être médiocres, sont plus croyables qu'un savant consommé et reconnu!

Ah ! Monsieur, que j'en aurais gros sur le coeur si je pouvais me représenter que, pour une parole inconsidérée, j'ai pu déterminer la perte d'un homme innocent (au moins du crime d'empoisonnement) ; d'une famille recommandable par ses services publics, et plus qu'honorable à Vincennes (Seine) !

Non, monsieur le Procureur, pour des affaires de cette gravité, je n'hésite jamais à dire franchement, sincèrement ma pensée.

Maintenant que tout est fini, que vous êtes rentré dans le silence de votre conscience, ah ! je vous en prie, examinez, pesez encore ce que vous avez pu être dans la fatale décision de Samedi, et si, devant Dieu, vous avez seulement un DOUTE, vous le savez, monsieur le Procureur, il n'y a pas de déshonneur à revenir de ses impressions, trop souvent trompeuses, d'un oubli, d'une erreur

Vous êtes bon; l'opinion publique vous couronne de grandeur el de loyauté; vous êtes puissant !...

Satisfaction donc à Dieu, à voire conscience, à Lamy, à la mé-

moire de sa femme, à sa famille éplorée, à la société, à Melun, au Département, au Barreau, à M. Tardieu, à Me Nogent de Saint-Laurens, aux hommes intelligents, à moi enfin, qui me suis senti si vivement blessé en voyant la SOUVERAINE VÉRITÉ de Dieu si méconnue en cette solennelle circonstance.

Si vous vouliez m'honorer d'une prompte réponse; me dire clairement ce que vous pensez faire ou ne pas faire à l'égard de Lamy;j'ai l'honneur de vous dire, monsieur le Procureur, que je mettrai tout en œuvre pour anéantir un petit travail que je me crois consciencieusement obligé de produire publiquement.

J'ai l'honneur d'être ,

Monsieur le Procureur, Yotre très-humble et tout dévoué serviteur,

L'abbé L. VERGER, Curé de Sebris.

Introduction v

PREMIÈRE PARTIE. — Des conditions dans lesquelles le médecin -légiste intervient pour la constatation de l'état mental 2

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