‹ Etude médico-légale sur la folieChapitre 30 sur 90 · IDIOTIE · texte numérisé non relu

IDIOTIE

une preuve nouvelle et une sérieuse confirmalion de l'une t't de l'autre.

Je n'ajouterai plus qu'un mot au point de vue de l'influence que peuvent exercer certaines lésions déterminées de l'encéplialo sur les fonctions intellectuelles, il en est une qui se dénonce par un symptôme tout à fait caracléristique, je veux parler de l'aphasie avec hémiplégie droite consécutive à une altération de la troisième circonvolution antérieure de l'hémisphère gauche. L'impossihilité de trouver les mots et d'exprimer sa pensée n'implique sans doute pas par elle-même une abolition de l'intelligence et n'est pas de nature à justifier nécessairement et dans ces cas l'interdiction (1). il est constant qu'une semblable lésion organique et un pareil trouble fonctionnel sont très ordinairement accompagnés d'un affaiblissement marqué de l'intelligence et doivent donner lieu, pour chaque cas particulier, à un examen très attentif en ce qui touche le degré d'altération qu'auréiient subi les facultés et les mesures qui pourraient être applicables suivant les circonstances.

Idiotie.

L'idiotie est un vice originel et congénital qui consiste dans l'absence complète ou dans l'arrêt de déveloj>pement des facultés intellectuelles et affectives. Quoique radicalement distincte de la démence et de la folie, et constituant non une maladie mais une infirmité, l'idiotie n'en doit pas moins, au point de vue de la médecine légale, être rangée dans les affections mentales et rattachée au groupe des faiblesses d'esprit. La constatation en est si simple que je n'aurai pas à m'élendre longuement sur cette triste déviation de la nature humaine.

(I) J. Falret, Rapport sur un cas d'aphasie avec hémiplégie droite pour lequel on demande r interdiction [Annales d'hyg. publ. et de méd. légale, 2* série, 1869, t. XXX[, p. 340),

12 i APPRÉCIATION DE CHAQUE GENRE DE FOLIE.

L'idiotie n'est pas seulement caracléiisée par l'absence de toute activité intellectuelle ou morale, mais encore par le défaut de développement des instincts les plus nécessaires à la conservation de la vie. Quelques idiots n'ont jamais pu prendre le sein de leurmëre et plus tard ils nesavaientni mangerseuls ni comprendre aucun deleurs besoins, pas même le plus impérieux, celui de la faim. Les organes des sens peuvent exister sans jamais s'éveiller sous l'influence de leurs excitants naturels; parfois ils ne sont pas développés; le crâne est souvent déformé, la sensibilité générale est absente, quelquefois nulle. M. Calmeil a tracé de l'idiot ce portrait frappant que je reproduis textuellement, ne pouvant mieux faire : « La physionomie stupidede l'idiot, son extérieur sale et repoussant, annoncent le dernier degré de dégradation de l'espèce humaine. Les idiots ont la face large, plate, la bouche grande, la peau tannée, les lèvres épaisses, pendantes, les dents noires, cariées, les yeux louches, le regard hébété, la tète penchée se balance à droite à gauche sur un cou volumineux, court ou démesurément allongé ; la taille est ramassée, difforme, la colonne vertébrale déviée en avant, en arrière, sur les côtés. Le ventre est volumineux, lâche, la main épaisse et pendante sur les hanches, les jambes sont gauches, engorgées et les articulations d'une épaisseur énorme; la conformation du s<{uelette est vicieuse, la couleur des téguments est bistre ou safran ; l'urine, les matières fécales, la salive, les mucosités qui coulent sur les côtés des lèvres, répandent autour de ces malheureux une odeur qu'on ne par- ' vient jamais à détruire complètement. »

L'idiotie n'est pas toujours poussée au même degré. Quelques signes de facultés affectives peuvent se développer sous l'influence de l'habitude onde la contiainte, et ces pauvres êtres ne sont pas inaccessibles à l'attachement })our ceux qui se dévouent à eux, à la terreur en-

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