‹ Etude médico-légale sur la folieChapitre 9 sur 90 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

maladies mentales, sont exclnsivement dus à l'application persévérante des méthodes médicales dans l'élude de la folie, c'est-à-dire à l'observation attentive des formes, des variétés et de la marche de la maladie, qui est le véritable critérium et la sauvegarde dans Tappréciation médico-légale de la folie.

D'un autre côté, on peut dire que la psychologie n'a pour ainsi dire rien donné, ou du moins qu'elle a été d'un bien faible secours dans cette étude. En effet, lorsqu'on voit l'un des plus éminents d'entre les philosophes, celui peut-être qui a le mieux compris les rapports du physique et du moral de l'homme, Maine de Biran, professer que «l'aliéné, ayant perdu son activité « hbre et la conscience du moi, n'exerce et ne peut (v exercer aucune des facultés qui se rattachent à sa « volonté et à sa conscience, comme la perception, (( l'attention, le jugement et la mémoire : que s'il exer- <( çait une seule de ces facultés, il aurait conscience du «moi et dès lors ne serait plus aliéné; qu'enfin, tant « que l'empire sur soi-même existe au degré le plus (( bas, il n'y a point d'aliénation proprement dile » ; on ne peut s'empêcher d'être frappé de ce qu'il y a de faux et d'étroit dans cette mauièie de considérer la folie.

C'est ce qu'a démontré mieux que je ne pourrais le faire, avec la double autorité d'un médecin profondément instruit dans ces matières et de l'esprit excellent qui semble le patrimoine de sa famille, l'un de mes prédécesseurs dans la chaire de médecine légale de la Faculté, le professeur A. Royer-Collard : « Le moi, « dans les différents degrés de l'aliénation, n'est près-

Page 1