‹ Etude médico-légale sur la folieChapitre 10 sur 90 · INTRODUCTION, XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XIX

« que jamais perdu ou éleint d'une manière complète. « Les opérations intellectuelles dont l'activité libre est « le principe, sont tantôt suspendues, tantôt continuent « de s'exercer d'une manière plus ou moins imparfaite, « plus ou moins irrégulière. H y a plus : il est des cas « où la volonté cesse d'être libre, sans cesser pour cela « d'être active. C'est une grande erreur de croire que « l'aliéné soit impuissant à opérer certains actes qui né- « cessltent le concours des facultés intellectuelles : c'est « ainsi que l'aliéné reconnaît des personnes ou des ob- « jets qu'il a vus précédemment, se rappelle une foule <( de circonstances dans lesquelles il a été acteur ou té- ♦< moin, forme des projets et combine avec suite et un « art infini les moyens de les exécuter, ne montre sou- « vent qu'une partie des mouvements qui l'agitent, et « cache avec soin ce qui poun'ait lui nuire; en un mot, « exerce évidemment la perception, la mémoire, l'at- <i tention et le jugement. »

Qu'ajouterai -je à cette remarquable réfutation ; ne prouve-t-elle pas surabondamment que ce n'est pas au point de vue des doctrines psychologiques qu'il faut aborder l'étude de la fohe et procéder à l'examen de i'état mental, mais seulement à l'aide de l'observation médicale et suivant les méthodes qui lui sont propres. Il serait injuste de méconnaître que l'école philosophique actuelle a en grande partie répudié les traditions de Maine de Biran, et qu'en ce qui touche la folie, elle se place résolument au point de vue de l'observation physiologique. Cette tendance n'est nulle part plus accusée que dans le livre où M. Albert Lemoine, qui a tant fait déjà pour la réconciliation de la médecine et

Page 1