SUR LE SIMULATEUR. — CONCLUSIONS
folie simulée pendant la durée d'une expertise médicolégale assez longue aient pu dégénérer en folies réelles.
Les recherches nombreuses que nous avons faites^ pour traiter la question si importante de la simulation: de la folie peuvent se terminer par les considérations suivantes :
La folie est sjpiulée surtout par des criminels. Mai& il s'en faut de beaucoup que tous les criminels aient recours à cette ressource fallacieuse.
On rencontre un grand nombre de cas de simulation où le simple bon sens suffit pour découvrir lafeinte. Ce n'est pas à ces cas-là que s'adressent tous les développements que nous avons dû donner à Tétude de la simulation de la folie. Il en est qui sont très-difficiles à reconnaître.
On retrouve dans la vie antérieure des simulateurs de cette dernière catégorie des faits divers prouvant une aptitude déjà ancienne à contrefaire et partant d'un caractère rusé.
Certains individus sont doués d'une ténacité et d'une habileté extraordinaires et exigent de la part des médecins experts des connaissances approfondies sur la folie^ une ténacité et une habileté capables de mettre en défaut ces mêmes armes des simulateurs et de réduire à Tévidence les stratagèmes qu'ils emploient pour arriver à leur fin.
La folie étant une maladie procédant de l'association
de l'âme et du corps, on doit examiner avec soin les symptômes psychiques et physiques.
L'examen nécessaire à la découverte de la simulation ne saurait être borné à l'examen des pièces, des dépositions et des antécédents de l'individu, mais on doit procéder très-minutieusement à l'examen personnel. On ne saurait s'entourer de preuves trop nombreuses quand il s'agit d'apprécier l'état mental de cet individu et qu'une conséquence aussi grave qu'une condamnation peut résulter de celte appréciation.
C'est l'asile d'aliénés qui offre les meilleures conditions pour l'examen personnel. Là où se trouvent des hommes expérimentés et livrés depuis longtemps au traitement des maladies mentales, se trouvent aussi les moyens les mieux appropriés à l'observation la plus exacte de l'état mental, simulé ou non.
Parmi les formes que les simulateurs ont adoptées, on rencontre surtout l'imbécillité, la stupidité, la démence, la manie aiguë. Il y en a peu qui aient essayé de contrefaire des monomanies; quelques-uns ont feint l'épilepsie, l'hystérie, le somnambulisme, différentes paralysies.
En raison de la complexité des phénomènes psychiques et physiques constituant chaque forme de folie, complexité indépendante de la volonté, il est impossible au simulateur de fournir au médecin expert le cortège n$iturel des désordres appartenant à cette maladie.
Les aliénés simulateurs pèchent en général par l'exagération de tel ou tel symptôme aux dépens ou en l'absence de tels ou tels autres.
Il est quelquefois nécessaire de recourir à quelques moyens supplémentaires deTexamen direct pour mettre au grand jour le véritable état de Tindividu qu'on examine. On doit alors employer ceux qui sont le plus en rapport avec la dignité humaine.
Enfin la simulation de la folie peut produire sur les simulateurs eux-mêmes des effets très-fâcheux. La contrainte morale et physique et plusieurs conditions très-pénibles exigées par la simulation peu vent amener, par suite de la prolongation forcée de cette feinte, une aliénation mentale réelle.