‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 10 sur 40 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

bles; il y a donc à la fois congestion et anémie : la première domine, siles artères sont moins pressées que les veines, et inversement. C’est ce qui se rencontre surtout chez les pendus, qui sont blancs ou bleus, suivant les cas. |

Cependant Tardieu prétend que, dans tous les cas, les veines Jugulaires internes restent libres et que la circulation cérébrale n'est pas sensiblement troublée.

Quoi qu'il en soit elle domine chez les étranglés par liens, et l'anémie chez les étranglés par la main. La perte de connaissance rapide qui en résulte est ainsi favorable aux projets du meurtrier, surtout lorsqu'il surprend sa victime. Cependant beaucoup arrêtent là son action et ne lui accordent qu'un rôle secondaire dans la mort par strangulation.

Autrefois (1830) on n'admettait que l’apoplexie et la suffocation dans ce genre demort,alors confondu avec la pendaison. Remer, de Breslau, y joignit un troisième genre de mort, qu’il désignait sous le nom de Apopiexie nerveuse. « Ge n’est pas ici, dit-il, le lieu d'examiner l'inexactitude de cette définition. Ce n’est ni plus ni moins qu'une paralysie du cerveau, existant véritablement et ne laissant après ele aucune trace sur le cadavre. Ce genre de mort survient souvent à la suite d’une forte commotion morale, comme la frayeur et la joie. On peut très bien supposer que quelques uns succombent par l'effet d’une commotion morale, même chez ceux qui se suicident. » Siexagérée que semble au premier abord cette théorie, elle ne mérite pas moins d'être prise

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en considération, au point de vue de l'expertise, et rentre par cela même dans le cadre des lésions pouvant amener la mort par le cerveau.

Compression de la moelle et du bulbe. — Au XVIIe siècle, Louis ayant remarqué que,daus les exécutions publiques, la mort avait lieu le plus souvent très rapidement, tandis que dans quelques cas la vie semblait vouloir se prolonger plus ou moins longtemps, voulut savoir d’où provenait cette diffé-

rence. Il apprit de la bouche même de l'exécuteur de

Paris, qu'il avait l'habitude, aussitôt le corps suspendu, d'imprimer à celui-ci des mouvements brusques de rotation ou de peser de tout le poids de son corps sur les épaules. afin de déterminer immédiatement la luxation ou la fracture des vertèbres cervicalesetparsuiteune compression de la moelle. Louis en conclut que ces lésions nécessitaient la plus grande violence, sans appuyer son opinion de constatations cadavériques. Longtemps on s'en tint à cette idée émise sans preuves anatomiques.

Pour ce qui regarde la pendaison, le fait fut le sujet de controvérses incessantes, surtout depuis Orfila, qui le premier fit à ce propos une étude des plus complètes de la question. Partout on en vint à nier ce genre de lésions, Mashka, le dernier, ajouta toutefois « bien que n'ayant jamais vu de fractures ou luxations de vertébres dans ce genre de mort, même chez les suppliciés, il admettait qu’elles pouvaient survenir, si une force considérable agissait sur le cou et si en même temps la tête se trouvait

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fortement fléchie en arrière, » conditions qui se rencontrent dans la strangulation manuelle.

Considérons maintenant ce genre de violence ; les choses sont bien différentes. On cite dans les annales de la science plus d'un exemple d'enfants qui seraient tombés raides morts, après avoir été par forme de badinage soulevés de terre, ceux qui les soulevaient ayant une main sur leur menton. Le mécanisme du meutre par Strangulation manuelle, présente ceci de caractéristique, c’est qu'il nécessite très souvent, de la part du meurtrier, une violence très grande, surtout dans les cas de surprise qui amène chez la victime terrorisée par cette attaque foudroyante un violent rejet de la tête en arrière. Sous cette double influence, il est parfaitement possible d'admettre une luxation des. vertébres ou une fracture ordinaire, ou même une simple déchirure des ligaments, susceptible de produire une entorse. Si le siège de la compression est au-dessus de la quatrième cervicale, la mortest ordinairement immédiate, l’asphyxie provient en ce cas de la paralysie des nerfs, qui se rendent au diaphragme. La fracture de l’apophyse odontoïde vient en premier lieu par ordre de fréquence.

D'autre part, on concoit que chez des personnes âgées, de constitution faible ou maladive, où sous le coup d’une influence diathésique spéciale, l'effort du meurtrier et la résistance dela victime suffisent pour déterminer des désordres du côté du système osseux ou articulaire du rachis, capables d'amener la mort instantanée, par commotion, compression, :

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déchirure de la moelle ou de ses enveloppes. On n'a pas encore une solution exacte et surtout complète de ces diverses questions si importantes en médecine légale, puisqu'elles peuvent servir à déterminer si la mortest due à un crime ou à un suicide et si un individu trouvé pendu, l'a été durant sa vie ou après sa mort.

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