‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 9 sur 40 · B. — MORT PAR LE CERVEAU · texte numérisé non relu

B. — MORT PAR LE CERVEAU

Apoplexie cérébrale. — X.a plupart des auteurs ont donné comme cause de la mort dans la constriction du cou par des liens, une large partaux phénomènes cérébraux, qui sont dus, évidemment, bien plus à cetie compression qu’à l’asphyxie elle-même. Mais ce mécanisme estencore, et surtout. à invoquer dans la strangulation manuelle, la ‘pression d’un ou de plusieurs doigts étant plus limitée et, partant, plus énergique ; c’est le principe de l’hémostase provisoire.

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Il est donc nécessaire d'admettre cette influence, mais autrefois, alors que la science progressait lentement, on n’a pas assez prouvé la véritable signification des termes : hyperémie, engorgement, apo-

plexie et hémorrhagie cérébrale, employés souvent

indifféremment. Nous ne définirons pas en détail l’apoplexie, ce serait empiéter sur le rôle de la pathologie. Contentons-nous de dire,avec Grasset et Trousseau que c’est un «€ syndrôme clinique, caractérisé par la soudaineté des accidents qu'il détermine, la suspension générale de toutes les fonctions cérébrales proprement dites et l’altération spontanée d’un ou plusieurs points du cerveau, comme origine des accidents ». Ce dernier phénomène peut être considéré comme caractéristique et permet de distinguer l’apoplexie de l’asphyxie et de la syncope, qui peuvent produire des effets analogues. La respiration et la circulation restent indemnes en effet.

Cependant, bien qu'on soit forcé de reconnaitre

chez les étranglés certains troubles asphyxiques, il

est rare de trouver chezeux des lésions cérébrales indéniables. Il est vrai que ces phénomènes se con-

fondent avec ceux qui résultent de la compression

des artères et des veines de larégion. Ce qui domine avant tout, c’est la perte de connaissance souvent foudroyante. Il se rencontre souvent, quand la mort arrive par un mécanisme mixte, en quelque sorte, que l’apoplexie et l’asphyxie existent conjointement à des degrès différents. L'apoplexie en ce cas com-

. mence lorsque la respiration embarrassée entrave le retour du sang du cerveau, sans cependant don-

RES) Ni ner lieu à une congestion ou même un épanchement sanguin susceptible d'amener une paralysie de cet organe. Dans ce cas la mort par asphyxie arrive plus vite que celle qui est produite passivement par une congestion due à un obstacle au retour du sang de l’encéphale dans l'oreillette droite. l

Anémie cérébrale. — En 1854, à Pise, devant une nombreuse société, Colombus provoqua la défaillance subite d’un jeune homme en lui comprimant les carotides, à la grande stupéfaction des assistants.

Ainsi donc, après l’apoplexie résultant de la compression des jugulaires, vient s'ajouter un nouveau genre de mort résultant de celle des carotides. Ne traite-t-on pas d’ailleurs ainsi certains accès d'épilepsie? De nombreuses expériences ont été faites à Vienne par Hoffmann et à Paris par M. Brouardel. Une compression puissante des carotides entravait l'injection dans le crâne d’un courant d’eau, malgré la perméabilité de ces conduits ; des injections colorantes furent encore plus concluantes. Il est nécessaire d'ajouter qu'un lien servait de compresseur, mais là où une constriction produit de tels résultats, une pression puissante et limitée, répêtons-le, est tout aussi susceptible de réussir. L'expérience classique de comprimer le cou chez un animal dans toute son étendue, et chez un autre sur les vaisseaux seulement est trop connue pour y insister davantage. Le premier meurt en 6 minutes, le second en 20, et tous deux présentent une anémie du

cerveau (Brouardel). Aujourd'hui on ne peut plus douter de l’inutilité et même du danger de la ligature préventive de la carotide primitive. Dans un grand nombre de cas la ligature a été directement la cause de la mort, en provoquant des accidents cérébraux paralytiques, convulsifs, syncopaux ou comateux.

A côté de cela, un fait qui pourrait étonner, c’est que chez les animaux la supression brusque de l’arrivée du sang dans les carotides ne produit pas généralement des symptômes cérébraux très graveset quelquefois même n'en produit aucun(A. Cooper). Chez l'homme, nous avons constaté le contraire ; il n’en estest pas de même cependant de lPoblitération lente, qui permet à la circulation collatérale de se produire. En conséquence la mort par anémie cérébrale se produira plus facilement avec la main, qui comprime brusquement que par l'aide d’un lien plus ou moins lâche dont la constriction sera souvent incomplète et progressive.

Quant aux accidents nerveux qui en résultent, ils sont très variables dans leur nature, leur mode de développement et l’époque de leur apparition. Vertiges ou simple engourdissement; syncope et voire même le coma, et, en dernier lieu, convulsions et contractures, tels sont les trois degrés qu'il est permis d'établir dans la manifestation de ces accidents. Est-ce l’anémie, que l’on doit véritablement invoquer pour l’explication de ces troubles ? Pas toujours assurément. La compression agit souvent à la fois sur les artères et sur les veines facilement dépressi-

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