OBSERVATION I
Il s'agit d’un enfant de 19 mois, trouvé étranglé et présentant, à l’autopsie, leslésions caractéristiques de ce genre de
mort: congestion, couleur lie de vin, etc.; cependant on ne constata aucune ecchymose sous-cutanée, de plus le péricarde contenait de la sérosité limpide en quaitité normale. A la partie moyenne de la face antérieure du cœur, se dirigeant un peu obliquement de haut en bas et de droite à gauche, un bourrelet saillant, mou et fluctuant, de 1 cent.environ de largeur., Il contournait le ventricule gauche et se continuait en arrière jusque vers la ligne médiane. Les vaisseaux étaient pleins, ainsi que les cavités, d’un sang noir et épais. Les caillots enleves par un lavage, on aperçoit une profonde crevasse intéressant toute l'épaisseur des parois, moins le feuillet viscéral du péricarde doublé d’une légère couche musculaire. Il y avait donc rupture incomplète du cœur, lésion extrêmement rare chez l'enfant dont le cœur est très résistant, n'ayant pu encore subir de lésions dégénératives.
M. Brouardel exanina plus attentivement ce cœur, et constata, malgré une assez longue macération dans l'alcool, la présence de végétalions ulcérées au niveau les sigmoïdes. Il en conclut que cet enfant avait une affection du cœur récente, un anévrisme de la paroi probablement. Rien n’empéchait done d'admettre la rupture de cet anévrisme sur la partie moyenne, amenant consécutivement la déchirure constatée à l’autopsie. L'éminent médecin légiste n'avait d’ailleurs jamais rencontré de cas analogues : aussi n'a-t-il pas formulé de conclusions absolues sur ce cas.
Compression des nerfs vagues. — Waller employait la compression du nerf vague comme anesthésique et a vu des individus tombés par terre comme frappés de la foudre, après une pression d’une certaine durée sur ce nerf. Casper, en voulant déterminer les causes de la mort rapide par compression du cou, parlait d’une neuro-paralysie, ou paralysie cardiaque, celle-ci résuitant d’une violence, qui ne laisse sur le cadavre aucune trace matérielle, permettant de reconnaitre sur quelle partie du sys-
RC TE tème nerveux l’action a été exercée, de quelle façon et par quels moyens.
Douze expériences de compression unilatérale firent voir un ralentissement du pouls et des battements du cœur chez un jeune étudiant en médecine, qui se comprimait lui-mêmele nerf vague sur l'index de la main gauche. Enhardi par ce succès, le jeune expérimentateur essaya de comprimer les deux nerfs à la fois. Il perdit aussitôt connaissance et le cœur s'arrêta. L'œil fixe et vitreux, il regardait en face de luïsans répondre aux appels. On eut beaucoup de peine à écarter du cou sa main, qui gardait toujours la même position.
Le cadre restreint de notre thèse ne nous permet pas de détailler ici les nombreuses et belles expériences entreprises sur ce sujet par le professeur italien Tamassia. Nous nous contenterons d’en dire quelques mots. Il expérimentait sur deux cochons d'Inde, dont le pouls et la respiration étaient soigneusement observés. Après avoir mis à découvert les deux faisceaux vasculo-nerveux du cou et isolé les nerfs vagues, il les touchait simultanément avec des sondes à extrémités molles, pour éviter la production de solutions de continuité : compression maintenue uniforme, afin que l’animal ne put s’habituer à la violence; quinze jours durant, cette compression fut exécutée, puis l'animal fut sacrifié et autopsié : il ne présentait aucune aitération des organes. La compression simultanée des vaisseaux du cou amena, au contraire, une mort rapide et l’on constata à l’autopsie les lésions de l’anémie céré-