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brale et de la suffocation. Tamassia en conclut que : « dans les cas de mort par strangulation, on devra tout d’abord chercher à ramener la victime à la vie, par la respiration artificielle, les excitants cardiaques et généraux ne devant venir qu’en second lieu ».: Il était d'avis que la compression digitale ne peut être bien puissante, à cause de la présence des tissus qui recouvrent les nerfs pneumo-gastriques; à la suite de cette compression, il pourrait y avoir production de phénomènes morbides,sans être pourtant mortels dans les appareils respiratoire ou circulatoire ou le larynx. |
Les troubles fonctionnels peuvent cesser rapidement, ou,dans certains cas,lamortn'arriver qu'après quelques heures par dilatation aigue du cœur, chez les gens prédisposés, ou même quelques jours, par suite del’altération de l'appareil respiratoire, œdème emphyzème et pneumonie. Ces conclusions de Tamassia ne sont pas absolument acceptables, les expériences entreprises sur les animaux donnant trop souvent des résultats contradictoires. Nous ne citerons, à ce propos, qu'uneremarque Curieuse de M. le professeur Morat, déjà communiquée: « Surun chien, un lapin, une simple compression du pneumogastrique peut très bien ne pas arrêter le cœur. Chez certains animaux à sang froid (tortue) le moindre pincement l’arrête d’un façon durable ». D’aiileurs l'exemple, cité plus haut, du jeune étudiant est plus que probant; malheureusement le danger extrème interdit presque de nouvelles recherches dans ce sens.
Rappelons enfin, pour terminer l’histoire d’un malade de M. le professeur Teissier, alors médecin de l'hôpital du Perron. « Il s'agissait d’un sujet ataxique, - atteint en même temps d'une affection cardiaque. Il suffisait, chez cet homme, de presser légèrement les parties molles du cou, pour réveiller une vive douleur ; pressait-on plusfortement,on déterminait une
syncope plusou moins accusée. » [Il nous semble, en effet, d'aprèscette observation, qu’en dehors de l’action mécanique simple, on doit tenir compte également des influences pathologiques, qui peuvent se présenter à la suite d’altérations plus ou moins grandes des organes sur lesquels ce nerfs exerce son pouvoir. Il est entendu que nous ne tirons pas conclusion absolue de ce fait, des recherches plus nombreuses et plus approfondies étant nécessaires.
Commotion ou 1ctus laryngé. — Bien que Casper considère le faitcomme peu vraisemblable, les coups portés sur le larynx peuvent provoquer la mort subite. Les médecins légistes ont maintes fois eu l'occasion de pratiquer des autopsies dans un but juridique, autopsies dont le résultat était négatif ; ni ecchymoses, ni fractures, ni autres traces d'une lésion tangible. Et cependant on se trouvait en présence d’une mort subite, à la suite de contusion du larynx. Comment expliquer cette mort ? Le Dr Fischer, élève de Billroth, en-parlant de la commotion laryngienne s'exprime de la façon suivante. » Un coup ainsi qu’une pression digitale intense exercée sur le larynx, organesi riche en filets nerveux peu-
vent devenir subitement mortels, sans qu'on puisse constater, ni fracture ni aucune lésion; dans ces cas, c'est le spasme de la glotte, survenu par suite du choc ou de l'interception de la respiration, qui amène la fin funeste. C'est de cette facon que les « garotteurs » des rues de Londres enléventla connaissance à leurs victimes, avant deles piller. Généralement il y a perée de connaissance, pouvant aller jusqu'à la mort. Comment expliquer cette mort subite dans la généralité des cas, sinon par un phénomène d'arrêt soit, de la respiration, soit de la circulation? Le récurrent etle laryngé supérieur se partagent l’innervation du larynx. L'excitation du laryngé supérieur arrête la respiration. (Expérience de Rosenthal) ; là est la clef de cette inhibition. Est elle ircompléte? Il y a perte de connaissance seulement,complète elle amène la mort.
Il est plus que probable que les pneumo-gastriques exercent sur le cœur une influence modératrice, comparable à l’action toxique d'un nerf moteur, puisque la section de ces nerfs détermine l’accélération de cet organe. Cette influence est fréquemment et puissamment modifiée, accrue ou diminuée, dans des conditions très diverses, agissant par l'intermédiaire des origines bulbaires des fibres modératrices. Une excitation énergique peut amener l'arrêt du cœur. C'est ce que montre l'expérience suivante due à François Frank. La muqueuse sus-glottique d’un lapin mise à nue, est irritée par le contact d’une solution concentrée d'alcali. L'animal fait un brusque mouvement inspi-
a ratoire et arrête ensuite, pour un temps variable, sa respiration en expiration. En même temps le. cœur . se ralentit au point de ne plus donner par seconde qu'un battement, au lieu de quatre ou cinq normalement.
Il est vrai, comme nous l'avons dit plus haut, que la mort peut arriver par œdème de la glotte, consécutif au choc. Soit. Mais dans les cas d’œdème foudroyant, il y a toujours des troubles respiratoires, rapidement progressifs. Or dans le choc laryngé, il n'est même pas mention de ces troubles respiratoires. Mort immédiate, sans cris, sans convulsions, sans agonie, sans dyspnée surtout. Il y a donc un phénomène d'inhibition manifeste, soit par l'arrêt du cœur, soit celui de la respiration ou les deux simultanément.
Claude Bernard a montré,depuislongtemps,qu'une action traumatique du nerf laryngé supérieur pouvait déterminer ces phénomènes. Brown-Séquard à repris encore tout récemment ces expériences et a trouvé que,dans ces cas,les effets étaient à peu prés les mêmes, qu'après la piqûre du bulbe rachidien. Voici comment il s'exprime : « Le larynx, et surtout la trachée, probablement aussi la peau, qui les recouvre, sont capables, sous l'influence d’une irritation mécanique, de produire l’inhibition du cœur, du poumon et aussi de toutesles facultés cérébrales, d’où perte incomplète de connaissance et une syncope respiratoire ou cardiaque. Des expériences nombreuses m'ont montré qu'il y a entre ces effets et ceux de la piqûre du bulberachidien une très grande
analogie. Dans les deux cas: 1° perte de connaistance. 2% Diminution et même (assez rarement d'ailleurs) arrêt du cœur et de la respiration. 3° Cessation des échanges entre les tissus et le sang, qui passe rouge des artères dans les veines, contraste frappant avec ce que nous montre l’asphyxie. »