‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 23 sur 40 · PARCS · texte numérisé non relu

PARCS

OBSERVATION V.— Enfant nouveau-né trouvé enveloppé dans une chemise et caché dans une poële de la chambre de sa mère (mai 1889). Enfant bien constilué, mais n'ayant pas reçu de soins : pupilles normales. Mousse sanguinolente dans les nurines. Le cou présente des taches noires, couleur suie. Sous le larynx, coloration rougeâtre en fer à cheval, avec peau éraillée. Rien sur la poitrine, ni sur les membres. Sur la conjonctive inférieure gauche, piqueté scarlatin. Lèvres noirâtres et desséchées. A la dissection du cou, ecchymoses, infiltration sanguine, surtout à gauche, sur une surface de 3 centimètres, et dans les gaines aponévrotiques gauches. Sang épanché dans le corps thyroïde. Poumons volumineux ; nombreuses taches de Tardieu. Le cœur contient du sang noirâlre. Rien au crâne, ni au cerveau.

Conclusion. — Enfant mort par asphyxie, résultant d'une compression de la partie gauche et moyenne du cou.

OBSERVATION VI.—Enfant nouveau-né,trouvé dans une cour, le 27 décembre 1887. Cordon sans ligature, coupé irrégulièrement. Paupières conjestionnées : nez rempli de caïllots, érosions à la lèvre supérieure, taches de décubitus.A 3 centimètres de la clavicule gauche, sur le cou, érosion en croissant très prononcée. Sur le côté droit, deux plaies superficielles, épidermiques, de 15 millimètres.

Infiltrations sanguines sous le cuir chevelu en divers points de sa face interne : pas de fracture des os du crâne.

Dans le cou, infiltrations sanguines de la peau et du tissu cellula re, au niveau des érosions, mais s'étendant à toute la région antérieure. Dans le trapéze droit, trois caillots, gros comme une lentille, des hémorrhagies intra-musculaires des muscles hyoïdiens; sur la glande thyroïde, laches sanguines disséminées.

Le poumon a respiré incomplètement ; toute sa surface est couverte d'une véritable pluie de taches de Tardieu. Rate, foie et reins fortement congestionnés.

Conclusions — Enfant ayant succombé par suite des manœuvres qui ont porté sur le cou, à droite en particulier.

Ici se pose un problème que tout médecin expert peut être appelé à résoudre. Peut-on distinguer les ecchymoses résultant des violences produites pendant la vie, de celles qui apparaissent après la mort? Un médecin légiste doit se garder de l'erreur de supposer que lorsqu'un coup à été porté à une personne vivante, ilest nécessaire que l'individu atteint survive assez longtemps pour que l'ecchymose puisse se produire. C'était l'opinion de Casper. Des observations nombreuses (Duchesne, août 1847) montrent qu'une ecchymose peut être le résultat d'une Violence appliquée à un corps récemment privé de vie. Sila marque était bleue ou livide et sans coloration spéciale de ses bords, elle résulterait probablement de coups portés immédiatement avant la mort. Le sang liquide, encore chaud, peut, dans un cas de mort subite par ictus se frayer un passage dans le tissu cellulaire et produire l’aspect extérieur habituel.

Les changements de coloration qui se produisent sur une tache ecchymotique sont dignes d'attention, puisqu'ils peuvent aider l'expert à soupçonner la date de la violence. La coloration suivra les modifications du sang et, de bleue deviendra successivement violette, verte, jaune, pour disparaître ensuite complètement. L’étendue augmentera, mais le centre restera toujours plus foncé. Si on se fie exclusivementaux apparences extérieures, la confusion est donc possible. Si une contusion à été faite quelque temps avant la mort, il v aura du gonflement de la partie et probablement aussi des changements de

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