SORA RE
citent pas d'observations de strangulation involontaire opérée dans ces conditions par des femmes non suspectées.
Ces empreintes subissent des modifications parfois considérables suivant la profession du criminel Ces modifications constituent une excellente marque d'identité. Elles sont d’une grande ressource, pour que la lumière soit faite complètement. Voici, rapidement, les principales : Crevasses profondes chez les buandiers, boulangers, blanchisseurs de tissus, cordonuiers ; les vitriers présentent une disposition spatuliforme des doigts. D’après des observations de M. le professeur Porcet, la main en crochet serait spéciale aux verriers et ne se rencontrerait dans aucune autre profession manuelle. Cette déformation intéresse le médecin-légiste au plus haut point. La flexion porte sur la deuxième phalange, inclinée, presque à angle droit sur la première ; tous les doigts sont fléchis, mais en particulier le petit et l’annulaire. Pour les ongles, il y aura excès de développement chez les dentelières (index gauche) et horlogers (pouce droit). Certaines personnes portent les ongles longs et pointus; d'autres, commeles polisseurs, assez usés ; enfin, citons en passant les onychophages. Les mains, la rainure des ongles sont imprégnées de matières étrangères chez les mineurs, boulangers, terrassiers. A cette occasion, nous ferons remarquer que les mains sont toujours plus ou moins imprégnées de sueur et de substances grasses, dues à la sécrétion sébacée. Nous ne citerons que pour mémoireles modifications
pathologiques (cicatrices, amputations,, déformations) et tératologiques (ectrodactylie, palmage des . doigts), ces derniers sont souvent héréditaires.
Ajoutons, pour terminer, que, d’après Lombroso, chez les meurtriers les mains larges ou courtes seraient prépondérantes, tandis que les longues et étroites se rencontrent davantage chez les voleurs !. Pour être complet, disons que les lésions pouvant résulter d'une action combinée des liens et de la main foñt que l'on rencontre parfois sur les étranglés le sillon parcheminé classique et les excoriations en coups d'ongles.
Ecchymoses sous-cutanées. — Des suffusions sanguines peuvent exister dans le tissu même de la peau, sous certaines écorchures, mais, le plus souvent, elles sont intra-dermiques ou dans le tissu cellulaire où le sang s’est infiltré dans les intervalles des muscles. Nous venons d'étudier les ecchymoses circonscrites, Correspondant aux impressions digitales. D'autrefois elles sont diffuses, profondes et pénétrant entre les muscles hyoïdiens, s'étendent sur le larynx et la trachée, la membrane crico-thy- | roïdienne et derrière ces organes. Ces ecchymoses ne sont pas toujours en rapport avec la lésion extérieure de la peau ; elles peuvent être considérables sous des excoriations légères. Elles sont d’ailleurs un des signes caractéristiques de la strangulation par les mains ; elles semblent plus étendues dans les pressions latérales que dans celles qui s’exercent d'avant en arrière Ne passons pas sous silence un
fait rapporté par Hoffmann ; « Sur le larynx d’un homme étranglé se trouvaient trois empreintes rondes, reliées entre elles par une raie étroite et qui avaient été prises pour des traces de strangulation manuelle ; elles provenaient de trois boutons de col qui s'étaient placés précisément sur le larynx. Leur disposition symétrique, leur siège, leur régularité, tout expliquait cétte erreur intéressante. » Elles ne sont pas toujours bornées à la région du cou, qui répond aux voies aériennes ; on les rencontre sous les mâchoires,le sternum,et même entre les muscles pectoraux; elles sont souvent si étendues que l'expert peut supposer une compression du haut thorax par le genou.
OBSERVATIONS (Résumées)
Communiquées par M. le professeur Lacassagne.
OBSERVATION IV. — Autopsie d’un nouveau-né, paraissant avoir été étranglé avant son dépôt dansune cour du quartier des Carmélites (août 1882). Sexe féminin. Poids : 3 k. 200. Bien conformé. Mort récente, pas de putréfaction. Sur le côté gauche du cou, sillon brunâtre de 5 centimètres d’étendue. A son niveau et au-dessous de lui, dans la région profonde du cou, l'aponévrose qui enveloppe le thyroïde gauche est le siège d'un épanchement sanguin superficiel. Lespoumons surnagent, ils sont couverts de taches de Tardieu,
Conclusion.— Enfant né viable à terme ; mort due à une pression exagérée, portant sur le côté gauche du cou; le doigt à éraillé la peau, et déterminé une hémorrhagie dans lethyroïde, ce qui a amené l’asphyxie.