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sang liquide et foncé. Pas d'ecchymoses sous pleurales, ni sous péricardiques. Les cavités du cœur renferment du sang liquide et des caillots noirs et mous. Valvules saines. L'estomac renferme environ 100 gr. d’un liquide jaune verdâtre très clair, n'exhalant pas d'odeur alcoolique et non mélangé de débris alimentaires. La muqueuse est légèrement congestionnée. Foie volumineux et congestionné ; rate normale, intestins indemnes. Les reins, les organes génilaux sont sains, la vessie est vide.
Le cuir chevelu est intact ; au-dessous de lui, on trouve plusieurs épanchements de sang coagulé disposés de la façon suivante : au sommet de la tête, un péu en avant de l'occipital existe un premier épanchement de 4 cent. de diamètre sur 4 millim. d'épaisseur ; près de la bosse pariétale droite, un autre épanchement de 2 cent. de diamètre ; enfin, à Ja partie antérieure de l’occipital et des deux côtés de la ligne médiane, plusieurs épanchements répartis sur une étendue de 7 cent.; ces derniers épanchements sont situés entre l'os et le périosle. Les os du crâne ne sont pas fraclurés. Aucune allération intracrânienne.
Conclusions. — 1° La femme B... porte sur les diverses parties du corps de nombreuses traces de violences. Sur le cou existent des marques d'ongles, des ecchymoses superficielles et profondes, indiquant une tentative énergique de strangulation. Sur les bras se trouvent les marques de doigts fortement appliqués, comme pour maintenir ou pour entraîner la victime. Sur la parlie supérieure de la tête existent les traces de plusieurs chocs ou coups portés par un corps contondant. Enfin sur Ja face, les bras el les cuisses, on remarque plusieurs ecchymoses produites également par des contusions. 20 Cette flemme vivait encore au moment de sa chute dans l’eäu ; sa mort doit être attribuée, au moins pour une part, à la submersion.
Nous avons supposé jusqu'ici n'avoir affaire qu'à un cadavre. mais l'expert peut avoir à examiner les signes qui caractérisent une tentative d'étranglementetles accidents consécutifs qu'entraine une
strangulation incomplète, restée sans résultat mortel. Des tentatives de ce genre sont des plus fréquentes ; l'instinct commande au coupable d’étouffer les cris de la victime, même si l’idée de meurtre ne se présente pas à lui. Nous ne reviendrons pas sur les signes de la strangulation incomplète, nous contentant de renvoyer le lecteur au chapitre qui traite « des effets immédiats et consécutifs de la strangulation ». Nous remarquerons pourtant que les accidents peuvent avoir, dans la suite, une gravité particulière. L'état syncopal peut persister durant plusieurs heures. Tourdres cite ainsi le cas d’une tentative de strangulation restée incomplète, opérée par un mari sur sa femme. Au réveil, les idées de celle-ciétaient troublées, le souvenir de l’acte peu distinct, et une méprise fut possible. Les accidents, s'ils se prolongent, tiennent à une altération des organes ; à leur suite, la mort peut être prompte, au bout de quelques Jours, de quelques heures. Enfin, si la violence a été accomplie sur une personne affaiblie ou atteinte d’une maladie grave, l'affection peu s'agraver encore et hâter la terminaison funeste. Aussi le médecin est-il souvent appelé comme expert dans des affaires d'intérêt privé.