DE LA NATURE DU MEURTRE
Nous voici en présence d'un individu trouvé sans vie et l'expert a constaté sur lui les signes indiscu-
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tables de la strangulation manuelle. Il devra rechercher dans ces circonstances s’il a affaire à un homi- : cide, un suicide ou unaccident. Il lui restera donc à interpréter les signes qu'il aura reconnus.
Honicide.— Autantle suicide est fréquent dans la pendaison, autant il cède la place à l’homicide dans la Strangulation manuelle. Le plus souvent, aucun doute n’est possible : toute trace de doigts sur le cou est suspecte. De plus les lésions profondes telles que les fractures du larynx, tout en pouvant se produire sans altération notable de la peau, sont la preuve d'une violence extrême, bien supérieure à celle qui est nécessaire pour fermer les voies respiratoires. Une lutte énergique et prolongée peut précéder la strangulation ; elle laisse des traces visibles ; désordres des vêtements, contusions, écorchures,disséminées un peu partout; toutes ces traces de violence, générales ou locales, ne laissent aucun doute sur les intentions de l’auteur.
Nous avons maintenant à examiner une série d'hypothèses surles circonstances qui ont accomoné le meurtre. Quelles étaient les positions relatives de la victime et du meurtrier ? Quelle a pu être la rapidité dela mort? Y a-t-il quelqu'autre violence?
La disposition et l'étude des empreintes nous renseigneront sur le premier point. Est-ce [a main droite ou la gauche qui a exercé la constriction ? Dans le premier cas, quatre doigts sont imprimés plus ou moins nettement sur le côté gauche du cou, tandis qu’à droite, on ne trouve que l'empreinte du
pouce. Les traces sont ordinairement les mêmes, que la victime ait été saisie par devant ou par derrière. La direction des empreintes d'ongles peut seule fournir quelques indices. Il sera bon d'ailleurs d'appliquer sa propre main sur les empreintes. Une seule main ne suffit pas à un pédéraste pour étrangler sa victime passive; aussi trouverat-on le plus souvent l'empreinte bimanuelle.
Quelle a pu être la rapidité de la mort ? Les expériences faites sur les animaux ne sont pas Cconcluantes. Les choses se passent différemment, en effet, chez l'homme, ainsi que l’a prouvé Tardieu ; il périt plus vite, et cette loi génerale ne subit que des variations peu notables, suivant l’état de la victime. Il peut arriver que celle-ci soit surprise pendant son sommeil et qu'attaquée à l'improviste, paralysée par la terreur, elle n'ait pu résister. De plus, la force de résistance plus ou moins grande de la victime a certainement une influence sur la rapidité de la mort.
L'âge, le sexe jouent un rôle des plus importants. « J'ai vu, dit Tardieu, des femmes succomber en quelques minutes sous une pression peu énergique exercée par une main peu robuste, quine cherchait qu’à arrêter dans la gorge des cris accusateurs. » Aussi n’est il pas rare que l’accusé allègue sa non intention de donner la mort ; la défense personnelle dans une rixe est seule en cause. «On admettra difficilement, dit Tourdres, qu’une pression instantanée ait tué à moins d’un choc violent ayant produit une commotion intense et des désordres graves. »
— 8) — Mais pourquoi pas? Nous avons insisté sur le chapitre traitant des divers mécanismes de la mort sur -le choc laryngé, nous sommes d’avis'que dans un siècle où les neurasthéniques sont si nombreux, de semblables morts peuvent être très fréquentes. Admettons l'hypothèse suivante : un pédéraste actif, enlaçant le cou de son complice passif, ne pourrait-il pas sous l'influence du spasme vénérien, comprimer convulsivement le cou de sa victime ; que celui-ci soit un sujet nerveux très excitable et l’ictus s’en suivra. De même un homme atteint d’un goitre, même peu volumineux, serait plus exposé à une mort foudroyante sous l'influence d'une pression légère. En cons'quence, nous admettons que l’âge, le sexe, la constitution des individus peuvent intervenir pour modifier la rapidité de la mort.
La strangulation manuelle peut être compliquée d'autres violences. Une difficulté résulte de cette appréciation de la complexité des violences, dont on peut trouver la trace sur le cadavre. Les coups, les blessures ont ordinairement précédé la strangulation, qui n’a fait qu'achever la victime; on pourra ainsi calculer approximativement la durée de la lutte. Les fractures du ‘erâne, la suffocation, la compression du thorax sont les plus fréquentes.
A l'étranglement manuel s'ajoute souvent une section horizontale du larynx, faite avec un couteau et se prolongeant par deux incisions latérales. A ce propos, il est souvent nécessaire de faire la distinction entre les genres de violence. L'observation qui suit etque nous empruntons aux Archi-
2 HOÛYE ves d'anthropologie criminelle en fait foi. (Hoffmann.)