‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 37 sur 40 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Strangulation et suffocation combinées (sur un enfant). Dr Laroche. Annales d'hygiène et de médecine légale. Année 1882.

En 1880, le nommé Cr..., et sa servante la fille A...,demeurant dans :a Dordogne, étaient soupçonnés d'avoir faire mourir un enfant nouveau-né. Cr.…., reconnu atteint de folie, est dirigé sur une maison de santé, où il ne farde pas à succomber. La fille A..., avoue le crime, mais en fait porter tout le poids sur son complice, qui vient de mourir.

L'enfant soumis à l'examen.....

L'état du nez mérite de tixer notre atlenlion. Sa partie osseuse n'offre aucune altération, mais la partie cartilagineuse et musculaire est littéralement aplatie sur la joue gauche qui, elle-même, est plus déprimée que la joue droite. L'orifice des narines est complètement fermé, tellement la pression qui l’a déprimé a été forte. Les lèvres sont bleuâtres, comme dans l’asphyxie.

Au-dessus de la commissure labiale gauche, se dessine une plaie ayant la forme d’un croissant, regardant en bas, et un peu en dedans. Elle intéresse le derme, surtout à sa partie moyenne et externe. Elle offre un pourtour de 1/2 à 2 centimètres. Cette lésion résulte de l'empreinte de l'ongle du pouce d'un adulte.

Au niveau de la région du cou,embrassant toute la partie

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latérale droite, remontant derrière l'angle de la mâchoire inférieure, se dessine une empreinte nette, tranchant, par sa coloration brun-rougeûtre, avec la teinte blanc des téguments voisins. Par sa forme, par ses dimensions, cette empreinte se présente comme dessinée au crayon et a la forme et les dimensions du pouce d’un adulte. On en perd la trace au niveau de la trachée et du larynx, pour retrouver une teinte ecchymotique inégale, tout le long de la région latérale gauche du cou.

Procédant à la dissection de la frégion du cou, je constate, dans le tissu cellulaire et les muscles de la région droite, une extravasation sanguine considérable qui pénètre dans l'intervalle de la'trachée, de l’œsophage et de la colonne vertébrale. A la région latérale gauche du cou, le sang est aussi sorti en grande abondance des vaisseaux ; il existe une corrélation parfaite entre les lésions de la peau, et celle que je constate sur une plus grande étendue au-dessous de la peau. Une compression de Ja plus grande énergie a pu seule les délerminer.

Les organes thoraciques, mis à nu, montrent qu'iln’y a aucun épanchement dans la cavité pleurale, mais permettent de constater, sur un grand nombre de points, des ecchymoses, les uns de la grosseur d’un poids, les autres d’un diamètre infé-

rieur.

A l'ouverture de la boîte crânienne, on trouve les lésions suivantes: Larges suffusions sanguines situées entre les méninges et les circonvolutions cérébrales à droite et à gauche. De la constatation de ces fails le Dr Laroche conclut:

La mort a été déterminée par suffocation et strangulation. Les traces de la suffocation sont : l'aplatissement du nez et de la joue gauche, la plaie circulaire déterminée par l'empreinte de l'ongle au-dessus de la commissure labiale gauche, les ecchymoses sous-pleurales, les deux épanchements sanguins, constatés sur la voûte du crâne, dans le tissu cellulaire séparant le cuir chevelu du périoste; dans les vastes suffusions sanguines constatées entre les méninges et le cerveau.

Les signes laissés par la strangulation sont :

Pour que l’ongle du pouce du meurtrier ait laissé une trace aussi nette et aussi profonde au-dessus de la commissure labiale gauche, il fallait que la phalange supportant l’ongle fût

“fléchie à augle droit ; de cette façon c'est avec la paume de la main que le meurtrier a aplati le nez de sa victime.

Le nez élait aplati, comme collé sur la joue gauche, cette lésion a été déterminée par un violent effort de droite à gauche. Donc le meurtrier, au moment de son crime, était à droite de sa victime.

La plaie en forme de croissant signalée au-dessus de la commissure Jabiale gauche a été produite par l’ongle de la « main gauche » du meurtrier. La paume de cette même main était appliquée à l'entrée des voies respiratoires. En même temps le meurtrier, de sa main droite, dont le pouce est dessiné comme au crayon à la région du cou, comprimait avec la plus grande violence le larynx et la trachée. La gravité et l’étendue des lésions démontrent que la main qui les a déterminées était douée d’une force extraordinaire. |

Ces pressions ont eu lieu peu de temps après la délivrance, car le cordon de l'enfant, n'ayant pas élé ligaturé, cet enfant aurait dû mourir d'hémorrhagie, orle cœur et les gros vaisseaux étaient gorgés de sang.

Après les fatigues et les douleurs d'un accouchement, même naturel, après la délivrance, la main d’une femme est impuissante à produire, dans ce temps aussi court, des désordres aussi multiples et profonds. Un homme vigoureux le peut seul.

OBSERVATION XIIT (résumée).

(Due à l’obligeance de M. le professeur Lacassagne).

La fille F... (mars 1894) prétend avoir accouché debout; l'enfant serait tombé à plat ventre et se serait ainsi étouffé. — Enfant mâle de 2 Kk. 700. — Yeux violacés, conjonctives noirâtres, lèvres desséchées, mais rien au nez. — Vers la partie moyenne du cou, deux raies rougeâtres de 2 cent. delongueur. — En arrière et à droile, sur le trapèze au-dessous de l'oreille, deux excorialions en croissant de 5 mm. Ecchymoses très nettes dans les muscles hyoïdiens et au devant du corps thyroïde. — Ecume blanche et fine sort à la pression de la poitrine, par l’orifice de la narine gauche.

Taches de, Tardieu sur ies coronaires. Dans le cœur, sang

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