‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 39 sur 40 · DE L’IDENTITÉ DU MEURTRIER · texte numérisé non relu

DE L’IDENTITÉ DU MEURTRIER

Est-il possible de répondre d’une facon indiscutable sur la question d'identité du meurtrier ? Malgré

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les recherches les plus consciencieuses, les renseignements multiples que les progrès de la science et de la médecine légale peuvent nous procurer aujourd'hui, nous ne croyons pas qu’on puisse donner de réponse nettement affirmative; les vraisemblances seules peuvent être admises. Si cette question peut avoir quelque utilité, c'est avant tout et surtout dans la strangulation manuelle, car, le plus souvent, le meurtrier laisse des traces sur son passage, « De plus, ainsi que le dit si bien Tourdes, l'application d’un lien autour du cou exige plus d'adresse que de force et peut se faire par surprise, de telle sorte qu’en ce cas il serait impossible de se prononcer sur le nombre et la vigueur relative des assassins. » Au contraire, en effet, d’après les empreintes retrouvées sur le cadavre, il est possible au médecin expert d'apprécier la force apportée par le meurtrier fet la résistance déployée par la victime. Le cadre est restreint des hypothèses que l’on peut faire; d'autant plus quil faut en éliminer l'infanticide où la résistance est nulle et la violence criminelle le plus souvent insignifiante ; il en sera de même, si la victime est un vieillard ou un débilité quelconque.

Restreignons-nous donc aux cas où le sujet attaqué a pu résister; les traces de la lutte et, bien plus encore, lastrangulation incomplète neseront pas en faveur d’un meurtrier robuste et décidé, à moins qu'il ne porte sur lui-mêms des traces accusatrices. Une exception est à faire eependant dans des conditions particulières et rares, par exemple pour un

homme qui se livre à la pédérastie et tient ainsi la vie de son complice entre ses mains. Il y a-t-il plusieurs meurtriers? Si vraisemblable que soit cette hypothèse, il est bien extraordinaire qu'elle se réalise. Le plus souvent, la strangulation manuelle étant un procédé de meurtre facile, rapide et nécessitant peu de force, le criminel ne cherche pas des assesseurs qui pourront le compromettre ou le vendre. L'intensité de certaines lésions, telles que les fractures du larynx et du rachis, quelleque soit la violence nécessaire pour les déterminer, n’est. pas une indication de complicité. Une seule main habile, prompte, vigoureuse, déterminera avec facilité une strangulation complète. Quoiqu'il en soit, l’irrégularité, la multiplicité des lésions, la strangulation incomplète concordent plutôt avec l'hypothèse d'un seul meurtrier.

Nous n'avons donc affaire qu'à un seul accusé; un élément des plus importants entre en ligne pour aider l'expert dans ses recherches; les professions, dans leur diversité laissent, dans l'immense majorité des cas, des lésions ou des traces sur celui qui les exerce. Nous avonsinsisté plus hautsuries empreintes variables avec les individus, nous n’y reviendrons pas. Cependanl|, en ce qui concerne les souillures observées sur le cou, pulvérulentes ou colorées, ilne faut pas être trop affirmatif, car leur absence ne prouve rien. Tardieu, qui en a fait l'observation chez un forgeron, pense, à ce sujet, que l'incrustation métallique dans les mains dudit ouvrier, véritable tatouage, peut ne pas se communiquer par le simple

SUD contact. Mais l’objection n'a plus sa valeur, en ce qui concerne les meuniers, boulangers, maçons, broyeurs de céruse, ou encore les bouchers, charcutiers, peintres, etc. En tous cas, le moyen le plus sûr est de recueillir quelques parcelles de ces matières et de les examiner à la loupe ou à l’aide de quelque réactif. Un homme du métier est, le plus souvent, nécessaire, pour répondre convenablement à ces questions.

Avant de clore cet important chapitre, signalons,; avec Tourdes, les modifications que peut faire subir le putréfaction aux signes découverts sur. le cadavre. Comme dans toutes les asphyxies, en effet, sa marche est rapide et débute par les parties supérieures du corps, dans lé décubitus surtout. |

Elle peut produire les lésions que l’on serait tenté d'attribuer à la strangulation et qui, par suite, perdent une partie de leur valeur. Cependant Tardieu signale la persistance tenace, des ecchymoses souspleurales et péricardiques. Il est bien évident que certaines lésions, comme les ruptures musculaires et les fractures osseusés et cartilagineuses, ne disparaissent qu’à la longue. Mais nous faisons surtout porter l’attention sur les empreintes digitales et les ecchymoses,signes, pourainsi dire, pathognomoniques de ce genre de mort violente, etce sontelles, en effet, qui, sous l'influence de la décomposition cadavérique, se modifient le plus vite et le plus profondément. re

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