‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 40 sur 40 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous sommes arrivés au terme de l'étude que nous avions entreprise; essayons, avantde conclure, de condenser en un court résumé les notions acquises, qui ont fait le fond de ce travail, essayant d'être à la fois aussi brefs que complet. Nous nous sommes inspirés, en écrivant ces pages, des au-

teurs de renom à quila médecine légale est redevable de son importance actuelle, désormais incontestée et surtout des judicieuses leçons de notre maitre M. Laccassagne, dont nous avons adopté sans réserves les idées et les renseignements.

Avec lui, nous reconnaissons l'utilité, la nécessité même d’une définition aussi exacte que concise ; nous essaierons de la donner telle, afin d'être logique avec nous-mêmes. On peut, d’après nous, considérer la strangulation comme: Un genre de mort violente, criminelle ou accidentelle, opérée soit avec la main, soit avec un lien quelconque et

caractérisée par la compression plus ou moins

puissante du larynx et des vaisseaux ou nerfs du

- Cou, amenant consécutivement avec une rapidité va-

riable, la mort par asphyxie, apoplexie ou syncope.

La mort, en effet, peut survenir par divers mécanismes suivant que le poumon, le cerveau, le cœur sont intéressés ensemble ou séparément.

1° Du côté du poumon, l'asphyxie, soit par simple entrave à la pénétration de l’air dans les voies res-

piratoires, soit encore par les complications qui

résultent des lésions de l'appareil vocal, fractures ou luxations.

2% Du côté du cerveau, la congestion ou l’anémie cérebrale (celle-ci prédominante. dans la strangulation manuelle) et la compression de la moelle et dubulbe, à la suite des lésions du rachis.

30 Du côté du cœur, la rupture de l'organe, le plus souvent si celui-ci est atteint d’une altération pathologique quelconque; la compression des nerfs vagues cause de troubles fonctionnels subits et intenses, enfin l’ictus laryngé, consécutif à un choc violent de la dite région et caractérisé par la rapidité foudroyante de la mort, sans lésion matérielle apparente.

Quant aux effets immédiats de ces violences, ils varient suivent que le résultat cherché est complet ou insuffisant pour amener la mort rapide. Eans le premier cas, on peut les ranger en trois groupes répondant à un même nombre de périodes.

a) Période de résistance et suffocation incomplète.

b) Perte de connaissances et convulsions.

c) Asphyxie avec anesthésie complète, une pression rapide, absolue pouvant, du reste, supprimer la première période et produire directement Ja perte de connaissance et l’asphyxie sans convulsions. Dans le second cas, la congestion de la face et des troubles fonctionnels variables prédominent.

Les signes de la mort parstrangulation manuelle. La face peut être aussi bien pâle et anémiée que congestionnée, suivant le degré de compression des vaisseaux. La teinte cyanosée des lèvres et des oreilles, la tuméfaction et projection de la langue, l’hémorrhagie d’origine otique, le plus souvent en debors d’une rupture d’un tympan, et surtout, d’après Tardieu, le piqueté scarlatin du visage, sont des signes de première valeur.

Du côté du cou, les empreintes digitales, les ecchymoses sous-cutanées sont rarement absentes: l'aspect des conjonctives est absolument typique, bien qu’il se rencontre dans d’autres circonstances. Nous n'insisterons pas sur les lésions vasculaires et musculaires, qui ne se rencontrent pas uniquement dans la strangulation manuelle. Les fractures de l'os hyoïde, des cartilages du larynx, des premiers anneaux de la trachée et quelquefois, chez les femmes, de l’apophyse styloïde sont de beaucoup plus fréquentes et dignes d’attention ; pour ce qui est de celles du rachis, elles sont aussi rares

que peu intéressantes ; tout au plus peut-on s'y arrêter, au point de vue de l’infanticide. Telle est, du moins, l'opinion de Tardieu.

Les lésions constatées à l’'autopsie, sur les organes internes sont communes à la plupart des asphyxies:écumesanguinolente des voies aériennes, congestion des poumons, ecchymoses sous -pleu rales, noyaux apoplectiques et emphysème d’une part. Piqueté scarlatin de lestomac, anémie et atrophie de la rate, congestion ou anémie du foie et du cerveau, d'autre part, les organes génitaux ne nous arrêtant pas.

Nous avons suffisamment discuté les questions qui intéressent la partie purement légale et judiciaire de cette question pour éviter d’en faire un résumé forcément insuffisant. Répétons seulement que l’'homicide est de beaucoup la règle, le suicide étant sinon impossible, du moins aussi rare que discutable, malgré de nombreuses tentatives. Il en est de même des causes accidentelles; la simulation, d'autre part, est assez fréquente, mais ne résiste pas à un examen attentif. Enfin les signes extérieurs, constatés sur la victime, permettent d'établir, le plus souvent sans difficulté, l'identité du meurtrier, toutes réserves faites, bien entendu.

Nous avons dit, notre tâche est finie. Nous avons compté sur l’indulgence du lecteur pour excuser les faiblesses de notre coup d'essai, nous n'avons jamais osé croire qu'il pût être un coup de maitre.

En faisant de cette monographie notre thèse inauourale, notre désir, avant toute chose, était de nous instruire ; si nous avons pu rendre concurrement quelque service à la science, nous en serons les premiers satisfaits.

Pour le Doyen :

L’Assesseur,

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