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C'est pour cette raison, que, frappé de l’indécision, qui paraît exister encore à beaucoup de points de vue, sur la mort par strangulation, nous avons résolu de tàcher d'y remédier, autant qu'il sera en notre pouvoir. Séparer nettement la strangulation manuelle de celle qui emploie les divers liens, la distinguer de la suffocation, seul genre de mort, qui puisse prêter à confusion, et montrer par quels mécanismes bien différents elle peut entrainer la mort, voilà quel est notre but. Est-il légitime et d'une importance suffisamment pratique ? Ce n’est pas le vain désir d'innover qui nous fait écrire, mais la prétention plus légitime de ranger des faits jusqu'ici un peu confondus, dans un cadre mieux approprié et de les présenter daus un ordre plus méthodique. L'histoire de la strangulation n’est pas très difficile à présenter: les faits la retracent d’euxmêmes, et ils sont assez nombreux et variés pour qu'on ait confiance en ces simples données. En présence de cas qui ne sont ni très rares, ni très extraordinaires, quel n’est pas l'embarras du médecin légiste, à qui la justice demande des réponses catégoriques? Plus ur fait sera connu et étudié, moins les erreurs deviendront possibles, nous croyons donc agir utilement en reprenant cette question.
La strangulation manuelle, étudiée jusqu'ici de pair avec la strangulation par liens, mérite d’en être séparée ; elle a, eneffet,une étiologie toute différente; le mécanisme de la mort qu'elle entraîne est, pour certains points, tout à fait spécial ; les lésions cons-
—)—— tatées à l'extérieur nettement distinctes sont, en quelque sorte, caractéristiques; l’autopsie elle-même révéle d'assez notables différences dans les effets constatés sur les organes internes. Enfin, au point de vuejudiciaire,les constatations absolument différentes, amènent des conclusions opposées.
La constriction exercée directement avec les mains, est de beaucoup la plus fréquente; elle constitue le procédé le plus ordinaire de la strangulation homicide, beaucoup plus commune que le suicide, Nous commencerons donc cette étude avec l’idée bien arrêtée de combler une lacune, si légère soit-elle ; d’ailleurs notre ambition est modérée : aux petits ouvrages, il faut de modestes ouvriers. Nousétudierons successivement les différents points intéressants de ce sujet, en nous efforçant d’être aussi complets et explicites qu'il sera en notre faible pouvoir : le lecteur délicat excusera notre inexpérience en faveur de notre bonne volonté.
Notre plan général sera celui-ci :
CHAPITRE Il. — Des causes de la mort par strangulation manuelle et des effets immédiats et consécutifs observés dans ce genre d’asphyxie.
CHAPITRE II. — Des signes de cette mort: leur appréciation, leur valeur.